C1

Ayant réabordé en mars dernier les trois premiers albums de Chicago, je ne pouvais pas m'arrêter en si bon chemin. Et pourtant, si : je referai peut-être un jour une chronique de leur quatrième album (le quadruple live au Carnegie Hall), et peut-être qu'un jour ou l'autre, j'aborderai d'autres de leurs albums, qui marqueront leur entrée sur le blog (parmi eux, probablement le Live In Japan, mais ne vous emballez pas, c'est pas encore Noël), mais pour le moment, n'ayant aucune envie de réaborder les cinquième et sixième opus, ni les suivants, je suis bloqué. Enfin, exception faite de cet album-ci, leur septième (et sixième studio), qui s'appelle, habitude chicagolienne de nommer ainsi leurs albums, Chicago VII. Comme à leur habitude, un titre numérique. Et comme à leur habitude, une pochette qui, recto comme verso, est strictement la même. Ici, on notera qu'elle est vraiment belle (et pour le vinyle d'époque, elle est gaufrée, les illustrations sont en relief ; et le grain de carton est assez original, aussi), avec ces vignettes gravées représentant un train à vapeur, une grande roue, un enclos à bétail ou une vache renversant une lampe à pétrole ainsi qu'une ville en feu en arrière-plan, allusion à la fameuse vache de Mrs. O'Leary qui aurait accidentellement causé l'incendie de Chicago en 1871.

C2

Sorti en 1974, Chicago VII est double, leur premier double album studio depuis Chicago III en 1971 (rappelons que les trois premiers albums du groupe sont, tous, doubles, et que le quatrième, live, est quadruple, comme je l'ai d'ailleurs rappelé plus haut pour ce dernier). Un double bien court, il dure 72 minutes, pour 15 titres, tout tient sur un seul CD sur lequel on a même, je crois, un bonus-track, mais c'est un double quand même. Ca sera leur dernier double album studio, par la même occasion. Si les deux précédents opus du groupe, non réabordés donc, Chicago V et Chicago VI, n'étaient pas particulièrement remarquables (surtout VI, très plan-plan) malgré de bonnes chansons, ce septième opus est sans doute un de leurs meilleurs. C'est aussi un de leurs plus étonnants, qui s'ouvre sur cinq instrumentaux, dont l'intégralité de la première face. Ce n'est que 25 minutes après le début de l'album (autrement dit, après qu'un tiers soit passé) que l'on entend pour la première fois, sur Life Saver, des voix ! Plus aucun instrumental sur l'album ensuite, même si Mongonucleosis ne contient pas beaucoup de paroles. Les instrumentaux sont totalement jazzy, on a l'impression d'écouter un disque de jazz plutôt que de rock (de jazz-rock en fait), et rien que pour ça, je classe ce disque dans le jazz, tant pis si ça en fera peut-être râler certains. Aire (avec son Prelude To Aire avant, l'ensemble atteignant 9 minutes), Devil's Sweet (10 minutes), Italian From New York, autant de pures merveilles qui font de cette ouverture d'album une des plus étonnantes, si ce n'est la plus étonnante, de l'histoire du groupe.

C3

Groupe qui, à l'époque, accueille pour la deuxème fois en son sein (après le précédent opus), encore en invité ici, mais par la suite membre permanent, le percussionniste brésilien Laudir De Oliveira. Il ne pose pas sur la photo de groupe, prise en pleine cambrousse sans doute non loin des studios d'enregistrement (Caribou Ranch Studios de Nederland, Colorado, appartenant à leur producteur James William Guercio, qui joue rapidement un peu de guitare sur deux-trois titres), qui orne l'intérieur de pochette. L'album bénéficie de la participation amicale des Pointer Sisters sur le génial Skinny Boy qui achève le disque, mais aussi des...Beach Boys (en fait, de trois d'entre eux : Mike Love et Brian Wilson ne sont pas présents, le premier sans doute parce qu'il n'a pas voulu, et le second, parce que disons qu'à l'époque, il n'allait vraiment pas bien dans sa tête) sur le tout aussi génial Wishing You Were Here. Autres morceaux sublimes, Byblos (avec un solo de guitare sublime de Terry Kath), (I've Been) Searchin' So Long et Song Of The Evergreens. Mais tout Chicago VII est une réussite, un excellentissime album de jazz-rock, le meilleur du groupe en trois ans, et même si je ne connais pas super bien la suite de la carrière (passé le Chicago XI, je ne connais, en fait, pas du tout), probablement un de leurs derniers grands disques !

FACE A

Prelude To Aire

Aire

Devil's Sweet

FACE B

Italian From New York

Hanky Panky

Life Saver

Happy Man

FACE C

(I've Been) Searchin' To Long

Mongonucleosis

Song Of The Evergreens

Byblos

FACE D

Wishing You Were Here

Call On Me

Woman Don't Want To Love Me

Skinny Boy