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Quand j'ai abordé le cas Mountain en 2015, il y à un album que j'ai oublié de chroniquer : celui-ci. Il faut dire que j'avais acheté un coffret comprenant 5 des albums du groupe, en CD (le genre de coffret à bas prix, avec des pochettes en carton, sans livret, très cheap, mais pratique), mais que celui-ci manquait à l'appel. L'ayant finalement (et comme il n'est pas évident à dénicher, j'ai vraiment eu du bol : je l'ai eu pour 15 euros, en état impeccable) trouvé en vinyle, autant le proposer. Même si j'ai failli refaire un cycle complet sur la Montagne (qui n'aurait pas été complet, en fait, il se serait arrêté à Avalanche, en 1974, qui fut leur dernier opus en 10 ans), mais finalement, je me suis dit que non. Un jour, je les réaborderai, au compte-gouttes, peut-être pas tous, mais au moins Twin Peaks et Flowers Of Evil. Chaque chose en son temps. Aujourd'hui, c'est de Live : The Road Goes Ever On que je vais parler. Comme tous les albums du groupe depuis leur premier (Climbing !) jusqu'à Twin Peaks, il possède une pochette savoureuse, colorée, très fantasy. Iic, on y voit une montagne, noire, abrupte, avec au premier plan une végétation luxuriante et quelque peu irréelle. Au verso, une photo du groupe dans un cadre, avec la suite de la végétation et des rais de couleur. Ce live est sorti en 1972, et est le quatrième album du groupe, il fait suite à Flowers Of Evil, un album qui était, lui, en partie live (la face B, longue de 30 minutes, était live, la face A, plus courte de 10 minutes, est constituée d'enregistrement studio). Au moment de la sortie de ce live, qui s'appelle donc Live : The Road Goes Ever On, le groupe n'existe quasiment plus. Mountain a en effet décidé de faire une pause (le bassiste Felix Pappalardi commence à avoir des soucis d'audition), Leslie West et le batteur Corky Laing ont fondé un autre groupe avec Jack Bruce : West, Bruce And Laing. 

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La Montagne se reforme en 1973, pour des concerts donnant lieu au double live Twin Peaks de 1974, et pour un album studio, Avalanche, sorti en 1974 aussi, avant de s'arrêter quasiment définitivement. Pappalardi meurt en 1983, tué par sa femme, par accident. Le groupe se reforme en 1985 et va sortir quelques albums, très espacés dans le temps, sans aucun intérêt. La mort de Leslie West, en décembre dernier, a définitivement marqué la fin du groupe. on, retour à ce live. Sous son titre tiré de l'oeuvre de Tolkien (un poème tiré de Bilbo Le Hobbit et du Seigneur Des Anneaux), titre indiqué en lettrage elfique sur la pochette par ailleurs (en plus d'être en lettrage classique), ce live est, je dois le dire, franchement décevant. Il suffit de regarder le tracklisting pour savoir pourquoi : il n'est que simple album. Mais ça ne suffit pas : il ne dure que 34 minutes ! En ces temps, alors, de double voire de triple live, sortir un live aussi peu généreux, c'est vraiment dégueulasse. Surtout qu'il n'y à que 4 titres, et l'un d'entre eux, Nantucket Sleighride, long de 17 minutes, occupe la face B à lui seul (sur Twin Peaks, une autre version de ce morceau durera 32 minutes et sera scindée en deux faces entières, un disque entier pour un seul morceau). Un morceau très réussi, riche en soli divers, c'est sans doute un peu too much diront certains, mais si on compare avec la version de Twin Peaks dont je viens de parler, c'est vraiment insignifiant. 

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La face A est constituée de trois morceaux. Long Red est issu du premier album solo de Leslie West, Mountain, sorti en 1969 (et considéré souvent comme le premier album du groupe, rétrospectivement, alors que Mountain n'était pas encore formé, il le sera juste après), Waiting To Take You Away est un morceau inédit en album studio, et Crossroader est à la base un morceau de Flowers Of Evil (de sa face studio). Une chose à dire au sujet de Live : The Road Goes Ever On : il ne s'agit pas d'un live proposant des titres issus d'un seul et même concert, mais d'une compilation. Nantucket Sleighride est tiré d'un concert donné le 14 décembre 1971 à l'Academy Of Music (New York), Crossroader est issu d'un concert donné au Rainbow Theatre de Londres le 29 janvier 1972 (quelques semaines plus tard, le groupe se met en pause), et les deux premiers titres, eux, viennent de la performance donnée par le groupe au Festival de Woodstock, 16 août 1969. La qualité audio est très bonne tout du long, et si on ne sait pas que ce live est un assemblage de trois concerts de trois périodes distinctes (c'était peut-être précisé à l'époque dans les critiques presse ou les interviews, mais en tout cas, rien, sur la pochette, ne le précise), impossible de le deviner au son, très homogène. Musicalement, ce n'est pas raté du tout, c'est du bon hard-rock 70's, bien solide et nerveux (la voix de West !! Hargneuse comme il faut, quand il le faut), un peu caricatural parfois (mais sur Twin Peaks, ça sera encore plus caricatural), à l'image de son époque. C'est vraiment le format, seulement 34 minutes, et le principe (compilation live qui ne veut pas dire son nom) qui est gênant. A la fois accessoire et très appréciable, quoi. Mais c'est quand même plus frustrant que trippant. 

FACE A

Long Red

Waiting To Take You Away

Crossroader

FACE B

Nantucket Sleighride