CM4

Encore un peu de Curtis Mayfield, il en reste sur l'assiette, vous n'allez pas me laisser ça, quand même ? Bon, autant j'ai été franchement positif avec la précédente chronique concernant Mayfield (un des meilleurs artistes de soul/funk, dont la fin de vie fut des plus difficiles, une accumulation de mauvais sorts), maisil faut dire aussi que ce Curtis/Live ! de 1971 est un excellent live, certes un peu frustrant (certains morceaux emblématiques manquent, comme Move On Up), mais dans l'ensemble, c'est très bon. Mayfield a ensuite sorti, notamment, un excellent Roots en 1971, puis, en 1972, la bande-son du classique Blaxploitation Superfly (indéniablement son meilleur album, malgré que ça soit une bande originale de film, c'est un exemple parfait de bande originale meilleure que le film qu'elle illustre ; et le film n'est pas mauvais pour autant), puis le moins monumental, mais tout de même agréable Back To The World en 1973 (et un live, Curtis In Chicago, la même année). En 1974, Curtis sort deux albums. D'abord Claudine, album fait en fait par Gladys Knigt & The Pips, mais que Mayfield a produit et entièrement écrit et composé. C'est la bande originale du film du même nom, une comédie romantique de Blaxploitation. Et ensuite, et là c'est un album à lui, Sweet Exorcist

CM5

Cet album, j'ai failli le classer dans la soul/funk, et au final, désolé, mais il finit dans les ratages. Je ne vois pas où le placer, ailleurs que dans cette catégorie infâmante, désolé les mecs, mais c'est comme ça. Sweet Exorcist, sorti sur le propre label de Mayfield (Curtom, qu'il a fondé en 1968 alors qu'il était encore dans ses Impressions), se classera N°2 dans le classement, à l'époque, des albums de R&B/Soul, et se classera 39ème au Billboard 200, un score honorable. Honorable, mais difficilement explicable, cet album, très court (32 minutes), étant clairement, à sa sortie, le pire album de Mayfield, une sacrée contre-performance. Curtis fera pire par la suite (mais, en 1975, sortira le formidable There's No Place Like America Today, il faut le préciser), mais au moment de la sortie de Sweet Exorcist, il n'avait pas fait pire. Et on ne peut même pas pas dire 'pire', vu qu'au pire, ses précédents albums étaient d'un très bon niveau. Là, c'est juste édifiant, il suffit d'écouter Kung Fu, qui semble avoir été un petit succès d'estime à sa sortie, et qui semble, aussi, s'inspirer de la vague des films de kung fu de l'époque (Bruce Lee, Sonny Chiba, toussa), pour avoir envie soit de sourire un peu bêtement, connement gêné par tant de nullité, ou bien d'arrêter la musique, directement, de retirer le disque et de foutre un bon vieux Superfly Soundtrack à la place. 

CM6

Sorti sous une des plus horribles, répugnantes, abominables et incompréhensibles pochettes de l'histoire de l'humanité (qui était là pour lui dire, ainsi qu'à l'illustrateur, Bill Ronalds, que ce n'était vraiment pas une super idée de sortir l'album sous une telle pochette ? Personne, j'imagine ; l'album étant sorti sur son propre label, et produit par ses propres soins, Curtis avait le final cut pour tout ; chez Motown, Stax ou Chess, jamais une telle pochette n'aurait été avalisée), cet album n'offre vraiment que peu de bonnes choses. Le morceau-titre et Suffer sont pas mal du tout, et la production est correcte, bien dans les normes soul/funk (ce disque est qualifié comme étant de la soul progressive...) de l'époque. Et il y à la voix de Mayfield, comme toujours parfaite. Mais c'est bien peu à sauver de cet album qui, heureusement, ne dure pas très longtemps. A moins d'être un fan acharné du bonhomme, je ne peux décemment le conseiller. Il paraît qu'il est très difficile de se procurer ce disque en vinyle. Ca tombe bien, ce n'est pas dans mon intention de perdre mon temps à le chercher. Non seulement il m'insupporte musicalement parlant, mais sa pochette répugnante ne donne pas envie de l'avoir en format 30X30...

FACE A

Ain't Got Time

Sweet Exorcist

To Be Invisible

Power To The People

FACE B

Kung Fu

Suffer

Make Me Believe In You