T1

On continue le petit tour d'horizon (petit, alors : encore un article et c'est fini) de Traffic. Lequel a démarré il y à quelques semaines par un double live sorti en 1973, On The Road, un live vraiment réussi, que j'aime beaucoup, et qui illustre la seconde partie de la carrière du groupe de Stevie Winwood, Dave Mason (alors ne faisant plus partie du groupe) et Jim Capaldi. Traffic, je n'aime vraiment que cette seconde partie, démarrée en 1971 et allant jusqu'en 1974 (après, d'ailleurs, le groupe se sépare ; ils referont un disque en 1994, c'est tout). La première partie du groupe n'est évidemment pas à négliger (Mr. Fantasy, de 1967, est quasi unanimement qualifié de chef d'oeuvre, j'avoue avoir du mal avec au moins la moitié de l'album), mais malgré la voix de Stevie Winwood (clairement un de mes héros musicaux), j'ai vraiment du mal. En 1971, le groupe se reforme totalement avec notamment Ric Grech (basse, violon, ancien membre de Family et du Blind Faith de Winwood et Clapton en 1969), Rebop Kwaku Baah (percussions) et Jim j'ai tué ma mère à coups de marteau Gordon (batterie), autour de Winwood (chant, guitare, claviers), Jim Capaldi (chant, percussions, choeurs) et Chris Wood (saxophone, flûte), tous trois membres d'origine. Le style du groupe va changer, jazzy et progressif. Clairement ce que j'aime (enfin, un des styles que j'aime) dans le rock. 

T2

Le premier album de ce Traffic reformé sortira en 1971 sans que le nom de Traffic ne soit officiellement crédité (on a juste le fameux logo au verso), c'est le live  Welcome To The Canteen proposé ici récemment. Un live que j'aime beaucoup, très réussi. La même année, en novembre (le disque a été enregistré en septembre), Traffic sort le premier album studio de cette nouvelle formation : The Low Spark Of High Heeled Boys. Sous ce titre ronflant ("la faible étincelle des gamins aux hauts talons") se cache un excellent album de rock progressif jazzy, sorti sous une pochette dont deux des angles, supérieur droit et inférieur gauche, sont coupés, volontairement, et dont le visuel, recto comme verso, fait penser à un cube en trois dimensions. Un gimmick de pochette qui sera réutilisé, tel quel, pour l'album suivant, au passage, et qui rend l'album un petit peu original avant même qu'on ne l'écoute. Et l'écouter, il le faut. Seulement 6 titres (3 par face) sur cet album, qui dure 40 minutes et dont deux des morceaux seront sur On The Road : le morceau-titre, ici long de 12 minutes (rallongé de 5 minutes, et occupant une face entière, sur le live) et Light Up Or Leave Me Alone, interprété par Capaldi et long de 5 minutes.

T3

 D'excellents morceaux, surtout The Low Spark Of High Heeled Boys qui, malgré ses 12 minutes, est une pure perfection que l'on écoute avec admiration. Elle sera souvent diffusée à la radio américaines, encore de nos jours, malgré qu'elle ne soit jamais sortie en single, malgré sa durée franchement freinante pour une diffusion en radio. Rock & Roll Stew sera apparemment un petit succès, d'estime et rapide et, interprété par Capaldi (il chante deux titres sur six), c'est une vraie réussite, très rock, efficace. Rainmaker, qui achève le disque, est une splendeur aérienne, jazzy (le final), et en fait, je ne vois aucune mauvaise chanson ici, c'est clairement une réussite dans son genre. L'album marchera plutôt bien (moins d'un an après sa sortie, il sera disque d'or) sans être non plus une vente colossale, et les avis sur l'album, de nos jours, sont très positifs. Mais je ne sais pas trop comment l'album a été reçu à sa sortie, je me doute que pour certains, ça devait sembler un petit peu prétentieux. Toujours est-il que c'est le Traffic qui me plaît, entre cet album-ci et le suivant (et le live qui en est un bon résumé), et concernant le suivant, il sera, évidemment, abordé ici dans quelques jours. 

FACE A

Hidden Treasure

The Low Spark Of High Heeled Boys

Light Up Or Leave Me Alone

FACE B

Rock & Roll Stew

Many A Mile To Freedom

Rainmaker