ZZ1

Avouez que ça vous manquait, hein ? Ouais, je me suis dit ça aussi : ça fait bézèf, longtemps, très longtemps, long time no see, que ZZ Top n'avait pas été abordé sur le blog. Quoi de mieux qu'un petit cycle (on s'arrêtera à Afterburner, les mecs, soit 9 albums ; après, désolé, je sais que ça fait con de ne pas faire un cycle complet, mais ça ne me dit rien du tout d'écouter les albums suivants, au nombre de six) sur les barbus du Texas ? Le Texas... White Denim, abordé tout à l'heure, en vient aussi, du Texas, d'Austin précisément. ZZ Top, eux, viennent de Houston, ce qui signifie probablement, pour un Texan, qu'il viennent du vrai Texas (alors qu'Austin en est la capitale). Une bataille de clochers dans laquelle je ne rentrerai pas, la dernière fois que j'ai été au Texas remontant, en effet, à quelques siècles avant ma naissance... ZZ Top, trio dont l'ensemble des membres n'a jamais changé, depuis les débuts jusqu'à maintenant, je crois que c'est un cas unique de groupe qui, sans avoir jamais cessé son activité, n'a également jamais changé son personnel, en aucune façon (même les Stones, plus anciens, ont eu du mouvement), ZZ Top, donc, est de retour sur le blog. Et comme je n'avais encore (tu le crois, ça ?) jamais abordé leur premier album, et que j'ai décidé de faire un cycle, c'est avec un inédit que je relance les hostilités. Le groupe a été fondé en 1969 et est constitué de Billy Gibbons (guitare, chant, ancien membre des Moving Sidewalks, groupe local qui a joué en première partie de Jimi Hendrix, avec qui il sympathisera), Joseph "Dusty" Hill (basse, chant) et Frank Beard (batterie). Ils deviendront par la suite (dès la fin des années 70) célèbres pour leur look ahurissant : de belles barbes de plus en plus fournies pour Hill (qui, dès le départ, en arbore une) et Gibbons (glabre, ou peu s'en faut, à la base), mais pas pour le batteur, qui ne s'est pas senti obligé de laisser pousser une barbe, vu qu'il s'appelle Beard (et allez regarder ce que veut dire 'beard' en anglais, vous pigerez l'astuce).

ZZ2

Le groupe démarre en jouant dans de petits clubs, et en 1971, sort son premier album, qu'ils appellent ZZ Top's First Album, manière pour eux de jouer aux Anglais (autrement dit, de se la jouer suffisants, prétentieux, trait de caractère que l'on associe souvent aux rockeurs britons) et de laisser clairement sous-entendre que si l'album s'appelle 'le premier album', c'est qu'il y en aura d'autres. Et en effet. De 1971 à 1974, le groupe en sort un par an, ensuite, c'est un petit peu moins millimétré, mais disons un tous les deux ans en moyenne, pendant une bonne décennie. Ce premier opus, enregistré au Robin Hood Studio de Tyler (Texas) et produit par Bill Ham, leur manager, ne sera pas une vente colossale (sauf sans doute localement) à l'époque, mais croyez-moi si je vous dis qu'il s'agit d'un de leurs meilleurs albums...avec disons les cinq suivants. Bah oui, autant que ça. Durant les 70's, ZZ Top n'a rien loupé. Ensuite, c'est différent, mais on n'en est pas encore là dans le cycle. ZZ Top's First Album, sous sa pochette crème et sobre, est un disque qui respire bon le blues texan, le sexe, le bon temps, la canicule, la poussière et l'alcool. Un morceau comme Backdoor Love Affair, ici en final, sera en live prétexte à de petits marathons de 10 minutes (voir sur Fandango !), ce qui, pour le groupe, équivaut presque aux 33 minutes des versions live 1975 de Dazed And Confused pour Led Zeppelin. Brown Sugar n'est pas une reprise des Stones (le groupe avait déjà écrit son hymne, ceci dit), mais on y parle en partie de la même chose (came ; pour les Stones, ça parle aussi de sexe, mais pour les ZZ, c'est clairement la défonce), et c'est au moins aussi génial, bien que différent, que la chanson homonyme des Cailloux.

ZZ3

Goin' Down To Mexico est un road-movie audio à la Peckinpah (qui adorait le Mexique) et un des premiers classiques du groupe. (Somebody Else Been) Shaking Your Tree est une ouverture fabuleuse pour ce premier album mémorable que pendant des années, je n'ai pas voulu écouter, pensant à tort que, comme parfois avec les premiers albums (Queen, Alice Cooper, Deep Purple...), ça serait décevant. Con que j'étais. Quand j'écoutais ce groupe, quelques années avant d'en rédiger les premières chroniques (et elles dataient de 2009, année de création du blog !), le plus ancien que je connaissais était le troisième opus, Tres Hombres (1973). J'avais mis de côté les deux premier, qui ne me disaient trop rien. Rien que le visuel de pochette du premier album me rebutait, j'étais vraiment con ! Découvert sur le super-tard, premier album du groupe que je découvre depuis belle lurette (Rio Grande Mud, de 1972, je l'ai découvert un peu sur le tard, mais il y à quand même quelques années), ce premier opus m'a surpris, et je me suis, mentalement, filé des coups de pieds au cul pour ne pas avoir sauté le pas plus tôt. Neighbor, Neighbor, Squank, Old Man (rien à voir  avec la future chanson de Neil Young évidemment), Just Go Back To Baby's, autant de chansons qui butent. Production directe, pas de chichis (le son est bon, mais sent la poussière texane ; le groupe a enregistré ce disque entre juin et octobre 1970, mais n'a pas passé des semaines à peaufiner le son au mixage pour lui ajouter des tonnes d'effet, c'est du genre Elle est bonne  ? - Ouais, c'est dans la boîte. - OK, on passe à la suivante !), ce premier album est absolument génial. 37 minutes bien comme il faut. 

FACE A

(Somebody Else Been) Shaking Your Tree

Brown Sugar

Squank

Goin' Down To Mexico

Old Man

FACE B

Neighbor, Neighbor

Certified Blues

Bedroom Thang

Just Go Back From Baby's

Backdoor Love Affair