GG1

Moi qui n'avait pas l'intention de reparler de Gentle Giant de sitôt, quelques semaines, de plus, après avoir reparlé de ce groupe via leur album In'terview de 1976 (un album assez curieux et pas vraiment remarquable, sans être à chier non plus), me voilà à recauser de ce groupe aujourd'hui un peu oublié, et qui n'a jamais fait partie de mes préférés, aussi bien en général (surtout en général !) qu'en terme de rock progressif, genre clivant mais que j'ai toujours énormément aimé. Mais on parle beaucoup d'albums live en ce moment, et le groupe en a sorti un, alors je me suis dit tiens, tente le coup, écoute ce live, et chronique-le, ça fera toujours un album de plus sur le blog, déjà ça de pris. Mais quelque chose, en moi, je ne sais pas comment l'expliquer clairement, sentait que ça serait une déception, ce live. La pochette, moche, l'année de sortie (1977 ; si ce live était sorti quelques années plus tôt, à l'époque de leur chef d'oeuvre Octopus, ça aurait été différent, comme ressenti d'avant écoute, en ce qui me concerne)... Aussi le fait, indéniable, que souvent, les lives de rock progressif sont frustrants. Qualité audio moyenne, ou prestation décevante, ou sortie de l'album à la mauvaise période... tout ceci, ça compte, avant d'écouter un album de ce genre. Préjugés, comme la pub Cofidis le dit, mais j'y peux rien. 

GG2

Playing The Fool (sous-titré The Official Live, le groupe avait, avant ça, sans doute eu lui aussi sa part d'albums live bootlegs et, avec ce sous-titre, voulait insister sur le côté officiel de l'album) est donc sorti en 1977, année punk, année aussi de sortie de leur album The Missing Piece (mais il est sorti après le live). Long de 78 minutes, il offre 9 titres, dont certains sont des assemblages de deux (ou plusieurs) morceaux, et chaque album du groupe, du premier à In'terview (le plus récent au moment de la sortie de l'album) est représenté (même si Acquiring The Taste, le très expérimental deuxième album, ne l'est que via une bribe de son morceau-titre, inséré, curieusement, dans un medley d'extraits du quatrième album, le génial Octopus). Bon, je n'ai jamais été particulièrement fan du Gentil Géant, et dans l'ensemble, ce premier live du groupe (et jusqu'à la sortie en 2014 de Live At The Bicentennial, enregistré en 1976, ça sera leur seul et unique live officiel ; le groupe s'est séparé en 1980 et ne s'est jamais reformé) ne figure vraiment pas parmi les sommets du genre et du live de rock. La qualité audio est très bonne, ce n'est pas ça le problème, c'est juste que, comme pour Jethro Tull (mais Gentle Giant est nettement, mais alors très nettement moins irritant que le Tull, il faut le dire), ce groupe, je n'ai jamais réussi à pleinement m'y faire. Octopus est un grand album, de sa pochette à son contenu, mais le reste, parfois bon tout de même, me passe un peu au-dessus de la tête. 

GG3

Bon, ici, on a quand même du très bon : le medley d'Octopus déjà (un bon quart d'heure sur la face B), Free Hand et son incroyable solo de guitare, l'ouverture Just The Same/Proclamation (11 minutes), So Sincere et Peel The Paint/I Lost My Head. Enregistré en divers endroits (Paris, Düsseldorf, Munich, Bruxelles) entre septembre et octobre 1976 durant la tournée d'In'terview (dont un seul titre, I Lost My Head, est présent ici), Playing The Fool, avec sa pochette assez moche (des vues, nocturnes et diurnes, d'une salle de concerts, d'un guichet d'entrée), est un album live honnête, mais franchement, à moins d'être un fan de ce groupe, je ne vois pas trop en quoi il serait essentiel, et je ne peux donc vraiment le conseiller. A vous de voir. La complexité de la musique du groupe (clairement pas un groupe de progressif commercial) est bien mise en évidence, le groupe, dont le chanteur sonne un peu comme Peter Gabriel, parvient à entremêler des morceaux de parfois deux albums différents (Just The Same et Proclamation ne sont pas issus du même album à la base et sont pourtant mis ensemble) en faisant croire à l'auditeur qu'ils ont été conçus pour aller ensemble. Ils jouent bien, en plus, ce qui ne gâche rien, et tout en étant long, le live n'est pas non plus interminable comme ceux de Jethro Tull ou d'ELP. Mais franchement, il y à mieux dans le genre, quand même. A vous de voir, vraiment (d'écouter, plutôt). 

FACE A

Just The Same/Proclamation

On Reflection

FACE B

Excerpts From Octopus

Funny Ways

FACE C

The Runaway/Experience

So Sincere

FACE D

Free Hand

Sweet Georgia Brown

Peel The Paint/I Lost My Head