NL1

Nouvelle entrée sur Rock Fever aujourd'hui : Nils Lofgren. Ce nom devrait, logiquement, dire beaucoup à ceux qui écoutent soit Neil Young, soit Bruce Springsteen (voire écoutent les deux). Né à Chicago en 1951, en partie d'origine suédoise (de par son père ; de par sa mère, c'est l'Italie), Lofgren a démarré sa carrière (guitare, chant, essentiellement) en 1965, jeune donc, et a démarré la musique en apprenant l'accordéon avant de virer au son rock. En 1968, Lofgren fait partie d'un groupe local (vers Washington D.C., non loin du Maryland, où il a passé son enfance et adolescence), les Hangmen. Il fait la connaissance, à l'époque, en se produisant au Cellar Door Club de Washington, de Neil Young, son aîné de six ans. Les deux sympathisent, Neil invite même Lofgren et ses deux amis musiciens (George Daly et Bob Berberich) à passer quelques temps dans sa maison de Laurel Canyon, sur les hauteurs de Los Angeles. En 1971, Lofgren joue un peu de piano et de guitare sur l'album After The Gold Rush de Neil Young. Il intègre Crazy Horse, le groupe du Loner, à diverses époques (1970-1971, 1973, et depuis 2018), joue, en 1973, sur l'album Tonight's The Night (qui sort deux ans plus tard). Il a aussi fait partie, dès 1984, en remplacement de "Miami" Steven Van Zandt, du E-Street Band de Bruce Springsteen. Il réintègrera le groupe quand le Boss le reformera, et Van Zandt fera aussi partie de la reformation. Mais Lofgren a aussi et surtout eu une carrière solo, toujours active (dernier album en 2019), carrière solo qui a démarré en 1975. Son style ? Du rock heartland, à la Springsteen/Mellencamp/Seger (mais moins furax que Seger). 

NL2

En 1977, Lofgren sort son quatrième album, Night After Night, qui s'avère être, aussi et surtout, son premier live. Il est double, atteignant la durée de 80 minutes, et a té édité en CD à au moins deux reprises : la première propose le tout sur un seul disque, avec un morceau retiré (Moon Tears) et deux autres (Back It Up et I Came To Dance) raccourcis. Putain, ce que je déteste ce procédé, virer un ou plusieurs morceaux, et/ou en raccourcir certains, pour que tout tienne sur un disque...L'autre édition CD date de 2014 (je n'ai pas de date pour la première), est japonaise, est en vinyl-replica, et reproduit fidèlement l'intégralité des 15 titres, des 80 minutes, de l'album, sur deux CDs. Ouf. Mais elle ne doit pas être facile à trouver. Bah, le vinyle existe, trouvable facilement, pour des prix, souvent, sympathiques (ce live n'est certes pas le plus connu de tous les temps, ni le meilleur d'ailleurs, mais il n'est pas une rareté). Sorti en octobre 1977 sur A&M Records, label  que, je sais que c'est con mais c'est ainsi, je n'ai jamais aimé (leur catalogue n'est pas super emballant, Styx, Joe Jackson, Joan Armatrading, Bryan Adams, Chris De Burgh, Carpenters, Rick Wakeman...OK, il y avait aussi The Police/Sting, Humble Pie, Supertramp et Joe Cocker, mais dans l'ensemble...), produit par David Briggs (producteur et ami du Loner), Night After Night n'a pas été super bien accueilli à sa sortie. Il parait que les fans du Nils furent déçus par ce live jugé un peu trop policé par rapport aux prestations scéniques du bonhomme. Ne connaissant aucun autre album du mec, et ne l'ayant jamais vu en solo sur scène, je ne peux pas juger, mais ce live, dans l'ensemble, est efficace.

NL3

J'ai dit qu'il ne s'agissait pas du meilleur live de tous les temps, et c'est clair, on ne comparera pas, crétinement, ce live avec celui du Allman Brothers Band At Fillmore East ou avec le Made In Japan de Deep Purple. Ce qui n'empêchera pas l'auditeur friand de rock heartland d'apprécier l'écoute, d'autant plus que la qualité audio est excellente. Les chansons sont tirées des trois premiers albums solos de Lofgren, je n'en connais aucun comme je l'ai dit, mais à regarder les tracklistings, celui de ce live tape un peu partout  avec un égal bonheur. On a d'excellents moments, comme Cry Tough, Keith Don't Go (Ode To The Glimmer Twins), une excellente reprise du Goin' Back de Carole King et Gerry Goffin (chanson chantée notamment par les Byrds, Dusty Springfield...), It's Not A Crime, Moon Tears et sutout, la triplette finale, Goin' South, Incidentally...It's Over et I Came To Dance. Entouré notamment de son frangin Tom (guitare, orgue), du batteur David Plashton, du claviériste Reverend Patrick Henderson et du bassiste Wornell "Sonic Prince" Jones, musiciens peu connus (pléonasme) mais très bons, Lofgren livre une prestation des plus sympathiques, correctes, pas du grand art digne de le faire figurer au Panthéon (il est meilleur en sideman qu'en artiste solo ; il chante bien, mais sa voix pourra sembler énervante), mais certainement pas à chier. Bref, c'est sans grande envergure, mais pas honteux. Ca ne me donne pas envie d'écouter ses albums solo, mais je ne regrette pas l'acquisition du vinyle non plus. 

FACE A

Take You To The Movies Tonight

Back It Up

Keith Don't Go (Ode To The Glimmer Twins)

Like Rain

FACE B

Cry Tough

It's Not A Crime

Goin' Back

You're The Weight

FACE C

Beggars Day (Eulogy To Danny Whitten)

Moon Tears

Code Of The Road

FACE D

Rock & Roll Crook

Goin' South

Incidentally...It's Over

I Came To Dance