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On continue gentiment dans ce petit cycle Mahogany Rush qui ne sera pas très long, mais qui, je l'espère, vous donnera envie d'écouter ce groupe aujourd'hui peu connu, mais toujours actif. On arrive ici au second album à la fois du cycle et du groupe. Petit rappel : en 1972, Mahogany Rush, groupe du guitariste et chanteur canadien Frank Marino, sort son premier album, Maxoom. Sous ce titre chelou (et le morceau-titre, instrumental, l'est tout autant que son titre) et sous une sublime pochette utilisant un tableau de Hans Memling se cache un disque de rock bluesy et progressif, parfois assez heavy, fortement sous influence Jimi Hendrix. Marino est fan du Voodoo Chile, au point de lui dédier Maxoom, et de jouer comme lui, toutes proportions gardées. Marino est un excellentissime guitariste, un des plus méconnus et sous-estimés, à découvir absolument, même s'il n'est pas aussi bon qu'Hendrix, évidemment. Mais il s'amuse à jouer comme Hendrix, à faire des chansons dans le style d'Hendrix et, aussi, à chanter un peu comme Hendrix, même si, sur Maxoom, de ce point de vue-là, ce n'est pas encore totalement assumé. Comme je l'ai dit dans ma chronique précédente, j'ai découvert le groupe avec Strange Universe (le troisième opus, que je réaborde dans la prochaine chronique de ce petit cycle), sur lequel, vocalement, c'est parfois assez bluffant.

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Ca l'est aussi sur le deuxième album du "groupe" (en réalité, Mahogany Rush, essentiellement, c'est Marino), sorti en 1974 : Child Of The Novelty. L'album est sorti sous une sublime pochette très fantasy signée de celui qui fera aussi celle de l'album suivant, Ivan Schwartz. Dragons, châteaux, étranges créatures, bateau, un 2 discrètement marqué vers le centre bas, cette pochette curieuse donne clairement envie d'écouter l'album. Lequel, produit par Marino lui-même (alors âgé de 20 ans !), qui a tout écrit lui-même des 10 titres, offre 38 minutes assez remarquables. D'ailleurs, deux des titres seront en bonne place sur le Live de 1978, qui est excellent (alors qu'aucun titre du premier album, ni du suivant, ne s'y trouvent, hélas) : Talkin' 'Bout A Feelin' et A New Rock And Roll, deux des meilleurs titres d'un album encore plus hendrixien que Maxoom, et comme je l'ai dit, vocalement, Marino s'affirme un peu mieux. Hé, après tout, il n'avait que 18 berges sur Maxoom ! Ici, il n'est pas beaucoup plus âgé, certes, mais il semble avoir pris l'assurance de quelqu'un qui a attendu son tour pendant 10 ans. C'est dingue de se dire que le mec n'a que 20 ans, et qu'il a totalement écrit, composé, et produit ce disque (sur lequel il est accompagné de ses musiciens du premier opus, Jimmy Ayoub à la batterie, Paul Harwood à la basse ; et Phil Bech aux claviers).

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Les morceaux, peu étendus dans l'ensemble (Chains Of (S)pace, immense final, long de 6 minutes, est la seule exception, les autres titres font entre 3 et 4 minutes), sont, tous, de parfaites petites cartouches d'acid rock progressif et heavy, hendrixien à mort. Guit War, Look Outside, Thru' The Milky Way, Plastic Man, autant de chansons qui ne font certes pas partie des plus connues du rock, loin de là (aucun hit chez Mahogany Rush, hélas pour eux), mais qui envoient le bois et seront appréciées des vrais connaisseurs. On peut parler de groupe de seconde division, certes, mais parfois, on prend plus de plaisir à écouter des petits groupes comme Mahogany Rush que des pointures mondialement connues. Je ne peux, donc, que vous conseiller ardemment ça !

FACE A

Look Outside

Thru' The Milky Way

Talkin' 'Bout A Feelin'

Child Of The Novelty

Makin' My Wave

FACE B

A New Rock And Roll

Changing

Plastic Man

Guit War

Chains Of (S)Pace