C1

Encore un groupe qui, par le biais de cet album, fait son entrée sur le blog : Colosseum. Un groupe qui, en son temps (et il n'a pas duré très longtemps, de 1968 à 1971, même s 'il se reformera à deux reprises : 1994 à 2015, et 2020, troisième reformation encore active), fera un petit peu parler de lui et dont l'album que j'aborde aujourd'hui est sans doute la plus grosse vente. C'est aussi leur cinquième album, leur premier live (double), et ça sera, aussi, leur dernier album pour une période de 24 ans ! De nationalité britannique, Colosseum était un groupe de jazz-rock progressif, double intitulé (jazz-rock, rock progressif) qui fait qu'il y à peut-être, déjà, je le crains, des gens qui ont sans doute cessé de lire cette chronique, l'air de dire pas pour moi, ça, pas pour moi. Le groupe était constitué, au moment de la sortie de cet album en 1971, de Dave 'Clem' Clempson (guitare, chant), Chris Farlowe (chant principal), Mark Clarke (basse, chant), Dave Greenslade (orgue), Dick Heckstall-Smith (saxophone ténor ou alto) et Jon Hiseman (batterie). Ce live, connement baptisé Live, a été enregistré les 18 et 27 mars 1971 à la Manchester University et au Big Apple Club de Brighton, par ordre de date. 

C2

Je ne sais pas trop comment parler de cet album, sincèrement. Sans doute serait-il plus facile pour moi de commencer par parler de son contenant, sa pochette quoi, ça me fera grapiller un peu de place dans une chronique qui, sinon, risquerait fort d'être très courte. Une pochette assez datée, on le voit, un homme (peut-être un des membres du groupe, sans doute un inconnu) vêtu de jaune et noir, devant un mur de briques blanc, qu'il a recouvert de l'inscription Colosseum Live à la peinture rouge il a toujours le pinceau à la main et le pot de peinture valdingue dans l'air, le bonhomme aussi, photographié en plein saut (au verso, il est de dos et achève d'écrire le titre de l'album). L'intérieur de pochette ouvrante est plus intéressant, avec ces photos des divers membres du groupe (le chanteur, en bas à gauche, avec son gros manteau fourré, fait un peu con-con, mais bon, c'est son problème...). Notons au passage que la pochette du double vinyle original était particulière : un gros feuillet de carton épais, plié en deux, dans lequel étaient placés les deux disques, dans des sous-pochettes de plastique rouge transparent, mais sans ouverture dans la pochette pour y glisser les sous-pochettes. En gros, comme une chemise en carton. Peu pratique, n'est-ce pas ? Peut-être sera-t-il réédité en version plus conventionnelle, mais le pressage original, sorti sur le label Bronze (Uriah Heep, Motörhead), est ainsi fait. Les sous-pochettes en plastique épais rouge sont sympa, mais fragiles ,et c'est pas le top pour conserver un vinyle... Voir photo plus bas. Là, juste en-dessous.

C3

Musicalement ? Un peu moins de 74 minutes de musique (très bien enregistrée, production de Gerry Bron et du groupe, le batteur est par ailleurs crédité séparément) pour seulement 6 titres que vous imaginez assez longs, et en effet, ils le sont. Comme je l'ai dit, c'est une sorte de croisement entre rock progressif (l'orgue de Greenslade est assez omniprésent, voir Walking In The Park, morceau à la base de Graham Bond, ou Skelington, qui occupe toute la face B et dure 15 minutes relativement longuettes) et jazz-rock. On y trouve des reprises et des morceaux orginaux, piochés dans les albums studio du groupe, et le tout s'ouvre sur une reprise du Rope Ladder To The Moon de Jack Bruce, un des meilleurs moments de Live, long de presque 10 minutes. La première chose à dire, c'est la voix du chanteur, Farlowe : il ne chante pas mal du tout, il a un sacré coffre, mais il en fait souvent des quintaux (le final de Skelington, où j'ai la sinistre impression qu'il tente d'imiter un chanteur tyrolien...un sourire moqueur n'est pas à exclure de la palette d'émotions ressentie, alors, par l'auditeur, qu'il écoute le disque pour la première ou la 340ème fois), et il faut s'y faire, à sa manière de chanter. Disons que, des fois, on aimerait que certains morceaux soient instrumentaux (Lost Angeles, 15:45 minutes, face D entière). Aprrès, sur Encore...Stormy Monday Blues, reprise du standard de blues de T-Bone Walker, il envoie. Les musiciens sont talentueux, le guitariste et le batteur, surtout, magnifique solo de guitare sur le dernier titre de l'album. Ce n'est pas un album que j'adore je le ressors franchement rarement de sa pochette, mais je suis content de l'avoir. Après, Tanglewood '63 est bien merdique, je dois le dire, mais c'est le seul moment à chier ici. A réserver aux amateurs de ce genre un peu particulier de musique assez daté. 

FACE A

Rope Ladder To The Moon

Walking In The Park

FACE C

Skelington

FACE C

Tanglewood '63

Encore...Stormy Monday Blues

FACE D

Lost Angeles