R1

Après un petit cycle sur Uriah Heep, qui je l'espère vous a plu, place à un autre petit cycle, à peu près aussi long (pas très long, donc ; clairement une petite partie, la première, de leur carrière et discographie), consacré à un autre groupe mythique de la scène hard-rock/heavy : Rush. De nationalité canadienne, ce groupe, un trio, s'est fondé en 1968. Mais leur premier album ne date que de 1974, le groupe a écumé les petites salles, fait des concerts de ci de là, avant de se faire signer sur Mercury Records. Le premier album du groupe date donc de 1974, je l'ai dit, et sous sa pochette blanche et rose représentant le nom du groupe comme surgissant avec fracas, façon comic-book de chez Marvel, comme d'une explosion, il ne porte pas de titre, ou plutôt, est éponyme : Rush. A l'époque, le groupe est un trio, comme ils le seront par la suite, mais pas encore totalement formé. Si le guitariste (Alex Lifeson) et le bassiste et chanteur (Geddy Lee) sont là, le batteur n'est pas encore Neil Peart (décédé en janvier 2020) mais John Rutsey. Lequel, pour des raisons de santé, quittera le groupe de son propre chef, juste après la sortie de l'album (sur lequel il joue bel et bien, sur l'ensemble), et sera remplacé par celui qui, jusqu'à sa mort, sera le batteur du groupe, et un de leurs plus prolifiques paroliers, Peart. 

R2

Ce premier opus éponyme de Rush, produit par le groupe lui-même, et en fait, n'est à la base pas sorti sur Mercury, mais sur Moon Records, petit label fondé par le groupe lui-même. Mercury récupèrera l'album par la suite et le publiera. Long de presque 40 minutes, Rush offre 8 titres qui oscillent fortement entre du hard-rock brut de décoffrage et, déjà, un certain sens pour le rock progressif. Rush n'en est pas encore à faire des suites conceptuelles, ça sera le cas dès le troisième album, et les morceaux de ce premier opus sont dans l'ensemble plus directs, plus simples que les futurs Xanadu ou The Necromancer. Le morceau le plus étendu, ici, Here Again, dure 7,30 minutes, Working Man en dure 7 lui aussi, les autres sont plus sobres en durée. Le chant de Geddy Lee est déjà là, bien posé. Le chant de Geddy Lee... il faut en parler, c'est clair. J'ai eu l'occasion de le dire sur le blog à quelques reprises via des discussions dans des commentaires, mais j'ai un petit problème avec Rush : le timbre de voix, très aigu (quelqu'un qui ne sait pas de qui il s'agit pourrait penser que c'est une femme voulant chanter comme un homme qui est au chant, chez Rush), de Lee, m'a toujours un peu énervé, c'est parfois à la limite du hors-jeu, ce n'est vraiment pas un chanteur qui me plaît des masses, et à cause de ça, tout en trouvant de très très bonnes choses chez Rush, ce groupe ne sera jamais un de mes préférés. Je les écoute assez rarement. 

R3

Neil Peart au centre

Ce premier album, pas leur meilleur, n'est ceci dit pas honteux du tout, les chansons sont dans l'ensemble d'une très bonne tenue (What You're Doing, Finding My Way ou Here Again, par exemple). Quand le groupe sortira, en 1976, son premier live (double), la moitié de ce premier album sera dans la setlist, ce qui en dit long sur ce que le groupe pense de ce premier effort, ils ne l'ont pas renié. La suite de la carrière des Canadiens sera cependant, et ce dès l'album suivant, d'un niveau bien plus soutenu que celui de ce premier opus sympa mais un petit peu secondaire. A écouter ceci dit, si vous aimez ce groupe. 

FACE A

Finding My Way

Need Some Love

Take A Friend

Here Again

FACE B

What You're Doing

In The Mood

Before And After

Working Man