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Hé oui, une nouvelle chronique concernant Van Der Graaf Generator. J'ai réabordé le cas du remarquable Still Life de 1976 il y à un mois et demi environ, mais là, c'est de l'inédit total. Et préparez-vous à un choc, les mecs, si vous ne connaissez pas encore cet album, parce que c'est de la bon Dieu de putain de bordel de Zeus de caisse de nitroglycérine posée sur une machine à laver en plein essorage, ce truc. Bon, Van Der Graaf Generator (ici crédité sans le Generator, mais c'est bien le même groupe), VDGG pour faire plus long, c'est un groupe de rock progressif britannique, fondé à la fin des années 60 par, notamment, le chanteur, claviériste et guitariste Peter Hammill. Le Generator a fait, jusqu'à 1971, année de leur retrait, des albums pas vraiment accessibles. Rien à voir avec Yes ou Genesis - groupe qui était sur le même label qu'eux, Charisma, d'ailleurs - de la même époque, mais plutôt comme King Crimson, en fait. Des albums comme Pawn Hearts (1971) et sa suite A Plague Of Lighthouse Keepers, par exemple. Hammill, en 1971, se lance en solo, des albums remarquables (The Silent Corner And The Empty Stage, Nadir's Big Chance, bordel à queue de cerise bleue comme une orange de la même longueur...) sur lesquels les membres de VDGG jouent. Le groupe se reforme en 1975 avec Godbluff, puis Still Life. Puis World Record, en 1976, qui n'est pas top, et The Quiet Zone/The Pleasure Dome en 1977, qui est meilleur (Hammill poursuit ses albums solo en même temps). 

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En 1978, le premier live du groupe sort, double (toujours en CD) : Vital. Ce qui est aussi ce que je pense du disque, purement vital à tout amateur de rock extrême.

Extrême, oui. Le groupe n'a jamais fait dans la douceur. Même si Hammill chante parfois doucement (et c'est joli), comme sur My Room (Waiting For Wonderland) ou son propre Wilhelmina, dans l'ensemble, il braille son texte d'une voix hargneuse, et l'accompagnement est à l'avenant. Ici, on a des morceaux aussi bien du groupe que de Hammill en solo, et tous dans des versions purement destroy, avec une qualité sonore excellente et qui rend bien justice à la furie sonore qui devait se propager dans la salle du Marquee Club de Londres, ce 16 janvier 1978, date du concert présent ici (le live aussi est sorti en 1978). Still Life, Pioneers Over C, Nadir's Big Chance, un medley incluant des bribes de The Sleepwalkers avec un extrait de A Plague Of Lighthouse Keepers, Mirror Images... Aucun répit, jamais, nulle part, pendant les 86 minutes (pour seulement 10 titres, 5 par disque !) de ce Vital à la pochette aussi noire que son contenu. 

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Prolongement live logique et parfaitement réussi de la paire Godbluff/Still Life (je sais que le groupe a sorti deux autres albums ensuite, mais ils sont moins marquants, bien que du même genre), qui étaient un peu pour Van Der Graaf Generator ce que Red est pour King Crimson (autrement dit, presque plus du metal que du rock progressif), Vital est un album à ne pas mettre entre toutes les mains, âmes sensibles s'abstenir, c'est du brutal, du raw, du violent, une boisson d'hommes ; pendant presque 90 minutes on est en apnée, plongé dans l'univers saisissant et extrême du groupe de Hammill, qui envoie tout péter en concert. C'est un des lives les plus jusquauboutistes que je connaisse, une vraie dinguerie qui renvoie les autres groupes de progressif cueillir des pâquerettes, les yeux bandés, dans un champ de mines.

C'est monumental, quoi. 

Ship Of Fools

Still Life

Last Frame

FACE B

Mirror Images

Medley : A Plague Of Lighthouse Keepers/The Sleepwalkers

FACE C

Pioneers Over C

Sci-Finance

FACE D

Door

Urban/Killer/Urban

Nadir's Big Chance