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Si vous cherchez un album qui soit VRAIMENT à chier, ne cherchez plus : c'est là.

Creedence Clearwater Revival...Un groupe mythique qui, pendant la quasi totalité de sa courte (1968/1972) carrière, aura accompli un exploit : des albums imparables et remplis de hits, trois d'entre eux sortis en une seule et même année (1969), des albums géniaux que l'on réécoute, toujours, avec un bon gros sourire satisfait sur le visage, des jalons du rock à l'américaine, avec la si inimitable voix hargneuse de John Fogerty. J'ai dit plus haut ''pendant la quasi totalité'' de sa carrière, car il y à quand même un album de raté, dans la discographie de CCR : le dernier, Mardi Gras, sorti en 1972. Celui-ci, c'est une merde épouvantable, j'ai la grande peine de vous le dire. Unique album du groupe enregistré après le départ du guitariste rythmique (et frangin de John) Tom Fogerty, c'est aussi le seul album du groupe sur lequel les trois membres restants (Fogerty, le bassiste Stu Cook et le batteur Doug Clifford) chantent. Pour Fogerty, normal, c'est le chanteur du groupe, mais ni Cook ni Clifford n'avaient poussé la chansonnette auparavant. L'album est découpé en trois tiers, chaque membre en chante un. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ruine encore un peu plus le niveau déjà ridiculement bas, souterrain, chtonien même, de l'album. Le groupe se sépare dans la foulée. Et dans la foulée de cette foulée, Clifford va enregistrer son premier album solo.

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Ce premier album, sorti sur le label sur lequel était signé CCR (Fantasy Records) et produit par Clifford lui-même, s'appelle Cosmo, surnom donné à Clifford (voir l'album Cosmo's Factory de CCR, en 1970). Sorti en septembre 1972 sous une pochette bien criarde (ce fond orange...), l'album n'a jamais été réédité officiellement en CD, ni en vinyle, et Clifford lui-même dira en interview (en 2012) ne pas voir de raison pour une réédition de ce disque raté. Ca n'empêchera pas le disque d'être, quand même, finalement réédité, en 2018, par le label Craft Recordings, en vinyle. Une réédition faite par un autre label que celui de l'édition originale, j'imagine qu'il ne s'agit donc pas d'une réédition officielle. Peu importe si elle est officielle ou pas (elle l'est peut-être, finalement : au verso de pochette, voir l'illustration plus haut, la mention 'a division of Concord Music', me le laisse penser, et Concord Music est le groupe sur lequel fait partie Fantasy Records), car ne comptez pas sur moi pour l'acheter, et je vous déconseille fortement de claquer 25 euros (prix de vente en moyenne) pour l'acquérir. Inutile de dire qu'un pressage d'époque, rare, vau encore plus cher, vraiment cher, et compte tenu du niveau stratosphériquement bas de Cosmo, on ne saurait trouver pire manière pour dépenser inutilement son argent. Enregistré avec notamment Stu Cook de CCR (pas à la basse, mais aux guitares !), Donald 'Duck' Dunn de Booker T & The M.G.'s (basse) et Steve Miller (pas le Steve Miller du Steve Miller Band...) au piano, plus des cuivristes en pagaille (trompette, saxophones, trombone), et avec évidemment Clifford à la batterie, Cosmo n'a qu'une seule qualité : il ne dure que 27 minutes, seul le premier titre, Latin Music, dépasse - de très peu ! - les 3 minutes, les 10 autres sont dans les 2 minutes, jamais au-delà de 2:50. 

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Ca va vite, donc. Mais malgré tout, la torture auditive semble épouvantablement longue, interminable, durant l'écoute. Cet album est une merde qui n'aurait jamais dû être chiée, tout simplement, et pour rester poli. Si en 2012 Clifford (qui chante TRES mal ; écoutez sa version du Daydream des Lovin' Spoonful ou du I'm A Man du Spencer Davis Group, et pleurez un bon coup) était très critique vis-à-vis de ce qui reste son unique album solo (Il est hors commerce depuis des années, et je ne vois vraiment pas en quoi il serait utile de le rééditer...un album atroce...les musiciens sont bon, mais je ne suis, de toute évidence, pas un chanteur), il semblera changer quelque peu d'avis six ans plus tard au moment de la réédition (faire ce disque fut une super expérience, un bon souvenir). Echec commercial et critique retentissant à sa sortie (j'imagine ce que John Fogerty, qui brille évidemment par son absence ici - et aucune reprise de CCR sur le disque, heureusement - en a pensé, si tant est qu'il a écouté le disque ; il serait bien capable de ne pas l'avoir écouté, ne serait-ce que par principe, vu la brouille qu'il avait avec Fantasy Records), cet unique album de Clifford est un des pires albums que je connaisse. J'avais commencé cette chronique en me disant que je la ferais dans le genre 'rigolo', mais finalement, non, l'heure est trop grave, c'est trop pourri et honteux pour qu'on rigole à ses dépens. 

FACE A

Latin Music

Regret It (For The Rest Of Your Life)

Guitars, Drums, And Girls

I'm A Man

She's About A Mover

I Just Want To Cry

FACE B

Get Your Raise

Daydream

Take A Train

Death Machine

Swingin' In A Hammock