S1

Quoi ? 12 ans d'existence pour le blog (il n'a pas été crée un 4 avril précisément, hein, mais en 2009) et pas un seul album de Slade n'a été abordé ? Mais il se passe quoi ? How could I be such a fool ? comme se demandaient les Mothers Of Invention en 1966.

Allez, Slade. Groupe fondé en 1966 en Angleterre, d'abord sous le nom de The N'Betweens avant de devenir Ambrose Slade en 1969 et de se renommer en un simple Slade en 1970. Ce groupe, mené par le chanteur Noddy Holder (ses favoris, ses chapeaux, sa voix narquoise, ses yeux globuleux, son église gothique...hum), était un des plus populaires en Angleterre, à l'époque. Dans les notes de pochette de l'album qui nous intéresse aujourd'hui figurent, sur tout un pan de l'intérieur de pochette ouvrante, des tas de citations datées (membres du groupe, presse écrite) dont une de Paul McCartney disant que la popularité écrasante qu'il a connu au sein des Beatles, il la laisse volontiers à Slade, n'ayant pas envie de la revivre avec ses Wings ! Citation à la fois ironique et gentille vis-à-vis de ce groupe que l'on classera dans la catégorie du glam-rock (tendance un peu hard), et que l'on classera aussi dans la sous-catégorie du sous-glam, aux côtés de, notamment, Sweet, Jobriath ou Suzi Quatro. Ce qui est un peu réducteur, certes, mais ce n'est pas vraiment du glam à la Bowie ou Elton John, ici. 

S2

Le premier album, justement appelé Beginnings, est sorti en 1969, le groupe était encore Ambrose Slade. Reprises des Beatles (Martha My Dear), de Steppenwolf (Born To Be Wild, Everybody's Next One), Frank Zappa et ses Mères (I Ain't Got No Heart), Marvin Gaye (If This World Were Mine), Amboy Dukes de Nugent (Journey To The Center Of The Mind) aux côtés de morceaux originaux, un album correct. Play It Loud, le suivant, 1970 (sous le nom de Slade) est correct aussi, puis le groupe sort une compilation, Coz I Luv You (le groupe se fera une spécialité de volontairement mal orthographier ses chansons : Cum On Feel The Noize, Look Wot You Dun..., afin de donner un petit côté roublard, cockney, mal élevé à sa musique déjà peu classieuse) . Puis le groupe sort un live. J'ai envie de dire, seulement deux albums (qui ne seront pas des triomphes en terme de ventes, la concurrence était trop forte) et déjà un live ? Bah oui. Slade Alive !, pochette rouge et ouvrante (avec un dessin rigolo à l'intérieur, voir plus bas), est ceci dit, autant le dire tout de suite, un album simple : 7 titres, pour 39 minutes, un chouïa moins en fait. Je ne vais pas encore une fois revenir sur le coup du live simple (en vinyle, hein), donc vous savez de quoi je veux parler. La production, signée Chas Chandler, est tuante. Ce live de 1972, capté en trois soirs au Command Theatre Studio (live en studio, devant un public) en octobre 1971, sonne super bien, 50 ans plus tard, on ne peut pas en dire autant de tous les lives. 

S3

J'avais acheté ce live en vinyle, en brocante, pour genre 3 euros, il y à un peu moins de 10 ans. En état correct, mais pas exceptionnel (je parle du disque, la pochette, elle, est nickel), et mon ancienne platine le faisait sauter sans arrêt, j'ai été à deux doigts de le racheter, mais j'ai finalement racheté une platine de meilleure qualité (les ION Profile, c'est moyen ; les Marantz, c'est mieux !) il y à quelques années et le disque ne saute plus, ô miracle, de Pâques ce qui m'a évité de le racheter. Bon, en même temps, cet album, on le trouve très facilement sur le Net en occasion, c'est un best-seller. Mais il fait partie des albums que l'on trouve rarement en état impeccable, quasiment mint. Pourquoi ? Parce que ce live est tellement génial qu'il a souvent été passé, et passé, et passé sur la platine, voilà pourquoi ! Il faut dire la vérité, Slade Alive ! est un modèle de live qui bute sa grand-mère en tenue de parachutiste ukrainien à poils frisés. Se finissant sur une reprise démentielle de Born To Be Wild, l'album offre notamment un sublime Darling Be Home Soon (reprise de John B. Sebastian des Lovin' Spoonful), un Hear Me Calling (de Alvin Lee) monstrueux... Ce live, c'est l'éclate rock absolue, pas de subtilité, pas de recherche, juste quatre mecs qui envoient le bois sur scène, devant une petite audience bien réceptive, et parfois, c'est tout ce dont on a besoin. La suite de la carrière (peu de temps après, en 1972, le groupe sort Slayed ? qui cartonnera) sera, pendant les années 70, du même tonneau. Le groupe aura du mal à survivre aux années 70, mais reste culte. Ce live et l'album studio qui suivra en sont les sommets. Mais surtout ce live, en fait, un des meilleurs qui soient, fussent et seront.

FACE A

Hear Me Calling

In Like A Shot From My Gun

Darling Be Home Soon

Know Who You Are

FACE B

Keep On Rocking

Get Down And Get With It

Born To Be Wild