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Uriah Heep a sorti son premier album en 1970. Un album, on l'a vu récemment, plutôt réussi dans son genre (du heavy metal un peu progressif - mais pas trop ! - et, pour l'époque, assez bourrin), qui sera à peu près aussi bien réceptionné par la presse rock qu'un sixième volet de Taxi le serait de la part des cinéphiles et de Télérama, mais avec le temps, l'album, sous sa pochette un peu cheloue représentant le chanteur du groupe, David Byron, en momie recouverte de toiles d'araignées (ce n'est pas une momie désséchée, fausse ou vraie, mais bel et bien le chanteur du groupe) est devenu un classique du genre, à ranger à côté des premiers Black Sabbath. En fin d'année 1970, le groupe enregistre son deuxième album, au Lansdowne Studios de Londres, et le sortent en tout début janvier 1971. L'album s'appelle Salisbury, nom d'une ville britannique et d'une plaine, situées dans le comté du Wiltshire. C'est dans la plaine de Salisbury que se trouve Stonehenge, fameux site mégalithique. Cette plaine de Salisbury est aussi un fameux terrain d'entraînement militaire. On ne s'étonnera dès lors plus de trouver, sur la pochette gatefold (imprimée dans le format portrait, au passage) de l'album, un char d'assaut militaire (la pochette de l'édition américaine montre un dessin répugnant d'un homme s'auto-écorchant, visuel en bas d'article). Encore une fois produit par Gerry Bron, Salisbury dure 38 minutes, et ne contient que 6 titres. Dont deux sur la face B, imaginez leur durée (au moins pour un des morceaux).

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Niveau personnel, si on excepte le batteur (Keith Baker) qui remplace Alex Napier, aucun changement de line-up. Baker, cependant, quittera le groupe peu après la sortie de l'album et sera remplacé par Iain Clark, qui vient de quitter, alors, son groupe, Cressida, situé sur le même label que Uriah Heep, Vertigo Records). Salisbury est un album un peu étonnant dont la moitié des titres est signée de Ken Hensley (claviers) seul, l'autre partie étant essentiellement signée Byron/Hesley/Mick Box (guitare). Il en résulte un aspect un peu hétéroclite, comme si on avait deux mini albums en un seul. Aussi curieux que sa pochette, ce deuxième cru de Uriah Heep ne sera pas super bien reçu par la presse rock de l'époque, on ne s'en étonnera pas : après avoir démonté le premier opus, comment encenser le second ? L'inverse, à la rigueur, aurait été compréhensible, mais la presse rock ne va pas, un an après, se mettre à aimer ce qu'elle détestait. Il faut dire, de toute façon, que Salisbury n'est pas un album que l'on aimera au premier abord. La raison en est son morceau-titre, qui achève le disque. C'est une pièce montée orchestrale, co-écrite par Box/Byron/Hensley, mais essentiellement, je pense, une oeuvre de Hensley, et qui a été enregistrée avec un orchestre de 24 instruments arrangés par John Fiddy. Ce morceau dure la bagatelle de 16 minutes, la quasi totalité de la seconde face (l'autre morceau de la face B, High Priestess, un des deux morceaux interprétés par Hensley avec Lady In Black - deux morceaux qu'il a écrit seul - dure un peu moins de 4 minutes), et sans aller jusqu'à dire que c'est mauvais, il faut reconnaître que l'exercice de style orchestral, assez pompeux, ne fonctionne pas totalement.

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L'album offre sinon Lady In Black, Bird Of Prey (qui, sur l'édition ricaine du premier album, sortie tardivement en 1971, est en remplacement de Lucy Blues) et le sublime The Park, trois morceaux qui totalisent un petit quart d'heure sur l'album, moins que le morceau-titre donc, mais en sont clairement les sommets. Lady In Black sera même un hit en Allemagne en...1977, quand il sera réédité. Au final, sinon, Salisbury est un album intéressant mais que l'on ne ressortira pas souvent, son morceau-titre étant un peu trop épuisant. Uriah Heep a essayé de sonner plus progressif que heavy, c'est une tentative intéressante et courageuse, mai en partie ratée, et je ne peux qu'être d'accord avec ceux qui classent Salisbury parmi les moins intéressants de leurs albums. Le suivant, en tout cas, sera amplement supérieur, et j'en parle prochainement, d'ailleurs, de cet album suivant. On notera, pour finir, que comme pour le précédent album, le groupe a inséré, dans l'intérieur de pochette, des notes exlicitant les morceaux, leur genèse, leur enregistrement...C'est assez rare pour être signalé, et plutôt cool de leur part ! 

FACE A

Bird Of Prey

The Park

Time To Live

Lady In Black

FACE B

High Priestess

Salisbury