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J'ai beau vraiment aimer Rainbow, tous les albums du groupe n'ont pas été abordés ici. Précisément, ni Down To Earth (1979), le seul avec le chanteur Graham Bonnet, ni Bent Out Of Shape (1983), ni l'ultime album, sorti en 1995, Stranger In Us All. Autant je ne pense pas que je ferai ces albums, du moins pour le moment (le cru 95, je ne le connais pas, et je n'ai vraiment pas envie de réparer ce retard), autant, parmi les Rainbow manquants, j'ai décidé, aujourd'hui, de m'attaquer à ce qui, pendant 9 ans, sera le dernier opus de l'Arc-en-Ciel : Finyl Vinyl. Dernier opus qui, au moment de sa sortie, en 1986, n'a très certainement pas vraiment marqué les esprits, et concernant le groupe, n'a pas été spécialement défendu : Rainbow s'est séparé, en effet, deux ans plus tôt... C'est l'album le plus étrange, et le plus long (il est double, et dure quasiment 80 minutes) du groupe, leur deuxième double album après le live On Stage de 1977. Le plus étrange, ai-je dit ? Oui. Oui, parce que ce disque au titre révélateur (Finyl Vinyl : "Final vinyl") n'est ni un album live, ni un album studio ; ni un best-of, ni une compilation d'inédits. En fait, j'exagère : c'est presque totalement un live : sur les 14 titres qui se trouvent ici, 11 sont captés en concert(s). Les trois autres titres ne sont pas des morceaux inédits (encore qu'en album, si), mais des raretés, sorties en faces B de singles. Les titres lives sont issus de plusieurs périodes. 

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Aussi, quelque part, Finyl Vinyl (dont la pochette aux imitations d'album photo avec les rivets - imprimés, pas des vrais rivets - sur le côté et une photo de Blackmore, seul, devant une scène vidée après un concert du groupe) est une sorte de compilation, de rétrospective de Rainbow. Mais cette rétrospective fait surtout la part belle à la dernière période du groupe, 1981/1984, avec Joe Lynn Turner au chant. La première période (1974/1978, avec Ronnie James Dio au chant) est représentée via deux titres live sur la dernière face, Man On The Silver Mountain et Long Live Rock'n'Roll, issus d'un concert donné à Atlanta en 1978. La période intermédiaire (1979/1980), avec Graham Bonnet au chant, est représentée via un titre live (Since You Been Gone, capté au Monsters Of Rock Festival de Donington, Angleterre, en 1980) et deux raretés studio : Bad Girl (1979) et l'instrumental Weiss Heim (1980). Le reste, tout le reste, est de la période Joe Lynn Turner. Jealous Lover est la face B d'un single de 1981 et est donc enregistré en studio, la face A propose trois titres captés au Budokan de Tokyo en 1984, tout comme Difficult To Cure (instrumental) sur la face C, Can't Happen Here est issu d'un concert de Uniondale en 1981, Tearin' Out My Heart, Stone Cold et Power, eux, d'un concert de 1982 à San Antonio, Texas. 

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La qualité audio est, pour les titres live, parfois un peu moyenne (disons, plate, sans grand relief), ce qui est assez dommage, et notons que les titres les plus anciens (1978, 1980) ne sont pas concernés, c'est surtout les titres de 1982 et 1984 qui souffrent de cette production (signée Blackmore et Roger Glover, pourtant) un peu basique. Finyl Vinyl n'est pas un mauvais album, mais est à réserver aux fans du groupe, qui regretteront sans doute que la période Dio, la meilleure, ne soit pas mieux représentée. Sans parler de la période Bonnet, certes pas la meilleure, mais tout de même, bien que courte (un seul album, pas génial), elle aurait mérite un titre live en plus, histoire de faire un peu mieux la répartition. A côté, la période Turner (chanteur qui, en 1990, fera rapidement partie d'une formation ratée de Deep Purple), pas géniale aussi, est trop représentée. C'est la plus récente, la dernière, on peut comprendre que Blackmore voulait insister dessus, et après tout, il n'y avait pas eu encore de live de cette période (il n'y en à pas eu de la période Bonnet, d'ailleurs...). Il n'empêche, sans être un ratage, Finyl Vinyl est, malgré sa durée, un peu frustrant. Les titres lives de 1982/84 ne sont pas forcément réussis, on aurait aimé un peu plus de Dio, ainsi que des inédits studio. On notera que l'instrumental Weiss Heim, qui achève le tout, est une pure splendeur, un des meilleurs moments de l'entière carrière du colérique guitariste. 

FACE A

Spotlight Kid

I Surrender

Miss Mistreated

FACE B

Jealous Lover

Can't Happen Here

Tearin' Out My Heart

Since You Been Gone

Bad Girl

FACE C

Difficult To Cure

Stone Cold

Power

FACE D

Man On The Silver Mountain

Long Live Rock'n'Roll

Weiss Heim