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Neil Merryweather, vous connaissez ? Je me doute bien que, dans l'ensemble (pardon s'il y en à qui connaissent et sont en train de s'époumoner à gueuler moi, moi, MOI !!), la réponse est négative. Et c'est bien dommage. Neil Merryweather est né dans le Manitoba (une région du Canada ; oui, il est, donc, canadien) en 1945. Un autre Neil, canadien et rockeur, est aussi né en 1945, un bon mois avant lui, comme si ça ne suffisait pas, et je ne vais pas dire duquel Neil je parle, je pense que vous l'avez tous identifié ; si ce n'est pas le cas, non, c'est pas  Neil Diamond, et je ne peux plus rien pour vous. Merryweather, j'en avais parlé ici l'an dernier, via la chronique de son album Space Rangers, sorti en 1974. Qui était son dixième album en 5 ou 6 ans, le bonhomme, depuis 1969, a fait environ deux albums par an en moyenne. Space Rangers est le genre d'album qui rend fou de joie et de bonheur celui qui le possède. Un album de glam-rock spatiard, interstellaire, sous pochette rendant hommage à la SF des années 50/60, un album renfermant des trucs aussi dingues que Sole Survivor, Step In The Right Direction, Hollywood Blvd. ou les reprises, tuantes, du Sunshine Superman de Donovan ou du Eight Miles High des Byrds, qui plane tellement haut qu'à côté, les 8 miles du titre semblent aussi hauts que les pattes d'un canari. Avec sa moustache de compète, sa voix fluette (mais pas trop !) et sa basse gironde, Merryweather, alors signé sur Mercury Records, livre un album génial qui se vendra cependant (la faute à une campagne de promotion inexistante, Mercury préférait sans doute faire de la publicité pour Rod Stewart, Ohio Players ou Bachman-Turner Overdrive, autre artistes ou groupes qu'ils géraient, que pour lui) aussi bien que des côtes de porc en Arabie Saoudite. C'est pourtant, je persiste et signe, un des albums majeurs de 1974 et du rock des années 70, tout simplement, et merci à Philippe Manoeuvre, via son bouquin Collector, d'en avoir parlé et de me l'avoir, ainsi, fait découvrir.

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L'année suivante, 1975 donc, Neil Merryweather va sortir son onzième opus, sous une pochette qui, designée par le même mec que pour le précédent album (Don Rico pour ne pas le nommer), en reprend le style graphique, la forme en arche, et Merryweather, sur la pochette, est dans la même posture que sur l'insert des paroles qui était glissé dans la pochette de Space Rangers. Le titre aussi fait, encore une fois, très SF : Kryptonite. Difficile à trouver quel que soit le format, comme les autres albums du bonhomme, Kryptonite offre 8 titres, pour 37 minutes (durée approximative, je n'ai que le vinyle), et Manoeuvre en parlait rapidos dans le livre pour dire qu'il renferme une chanson exceptionnelle, The Groove. Je plussoie à mort. Cette chanson est exceptionnelle. J'aurais même envie de dire qu'elle tue sa race en slip de bain Décathlon, mais je pense que vous avez compris l'idée générale. Ce n'est cependant pas la seule bonne chanson de ce Kryptonite qui reprend la sauce de Space Rangers (à noter que les musiciens de Merryweather forment un groupe du nom de Space Rangers), en tout aussi glam spatial, en un peu plus nerveux aussi, un peu hard-rock. Le chant est plus énergique. Kryptonite, trois petites minutes et des couillettes, qui ouvre le disque, ou Give It Everything We Got, font clairement hard-rock. 

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A côté, Always Be You, ou le final Let Us Be The Dawn qui résonne longtemps dans le cerveau une fois le disque fini, sont plus calmes, dans le style des chansons du précédent opus, et ne sont pas moins réussies. C'est un fait, moins connu encore que Space Rangers, cet album 1975 (son suivant, il ne le fera qu'en 1978), qui sera son dernier pour Mercury Records qui ne fera absolument rien pour l'aider, est tout aussi réussi. Un sondage internet le classera même dans le Top 5 des meilleurs albums de rock psychédélique des années 70 no shit. A l'heure actuelle, objet d'un culte sur le Net, Neil Merryweather fait partie des artistes qui, quand ils nous quitteront, ne seront probablement pas cités dans la plus petite nécrologie, sauf peut-être sur Wikipedia, et encore. Je ne peux que vous encourager fortement à écouter ses albums, au moins ses deux de 1974/75, absolument indissociables (rien que la pochette de Kryptonite est explicite quant au fait qu'il est un follow-up de Space Rangers) et tout aussi réussis l'un que l'autre. Le genre de pépite qui donne envie au chanceux acquéreur de garder ça pour lui...tout en lui donnant, aussi, l'idée de le distribuer gratos dans les rues pour le faire découvrir au plus grand nombre. Il ne sera sans doute jamais réhabilité d'un point de vue commercial, ses albums ne seront pas réédités avec deux disques de bonus-tracks, mais si vous connaissez ses albums de 1974/75, au moins, vous pourrez vous dire je suis heureux

FACE A

Kryptonite

Star Rider

Always Be You

Give It Everything We Got

FACE B

The Groove

Real Life Love

You Know Whre I'd Rather Be

Let Us Be The Dawn