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Allez, encore un peu de rock qui bute. Le J. Geils Band, quelqu'un ? J'avais abordé ce groupe il y à longtemps via leur live de 1972, Full House, que j'ai réabordé en octobre dernier. Un excellent live de rock bien trippant, un peu boogie, un peu blues, assez énervé, un live qui n'a qu'un défaut, mais de taille : sa durée. 35 minutes. Aïe. Mais je me souviens que, dans les commentaires, à peu près tout le monde était d'accord sur un point : sans être un groupe à ranger aux côtés des Stones ou de Led Zeppelin dans le premier rang du Panthéon du rock, le J. Geils Band (baptisé ainsi parce que le leader était le guitariste, J. Geils, alias John Warren Geils Jr de son vrai nom, mort en 2017) était un honnête, très honnête groupe de rock de deuxième division, le genre à ne pas avoir sorti d'album fédérateur (pas de Sticky Fingers, de Physical Graffiti ou de Who's Next dans leur discographie), mais à avoir, malgré tout, attiré des légions de gens à leurs concerts (et à avoir, quand même, vendu des tas d'albums à l'époque). Parce que si aucun album studio du groupe (enfin, sauf peut-être le premier, éponyme, souvent appelé Wait) n'est entré dans le firmament, leurs prestations lives étaient, elles, du genre à incendier une banquise. La preuve : leurs albums live. Full House de 1972, dans un premier temps. Et celui-ci, sorti en 1976, dans un deuxième temps.

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Sorti sous une pochette des plus sobrissimes (le rouge du mot 'live' est la seule teinte de couleur de l'ensemble de la pochette, extérieure, intérieure, et sous-pochettes photographiques, tout compris), ce live s'appelle Blow Your Face Out ("exploser votre gueule") et croyez-moi, le titre est valable. Conçu pour être joué très fort (dixit le verso de pochette), ce live, double, lui (74 minutes qui tiennent donc sur un seul CD), est une bombe atomique de rock bien tuant, sans aucune prétention, et a été capté au Cobo Hall de Detroit et au Boston Garden de Boston, les 15 et 19 novembre 1975 (dates interverties par rapport aux localisations des shows). C'est, il me semble, la plus grosse vente d'albums du groupe, en tout cas un de leurs plus connus, et c'est, sans être le sommet du live, un des albums live les plus enthousiasmants de sa génération. 17 titres qui, reprises ou morceaux originaux, forment un parfait complément au Full House de 1972, vu que si on met de côté Lookin' For A Love (qui, sur le vinyle original, est titré Intro: de même que d'autres morceaux sont incorrectement crédités), il n'y à aucun morceau en doublon (je veux dire, aucun morceau autre que Lookin' For A Love n'est interprété sur chacun de ces deux albums). Vous pouvez donc sans trop de souci enquiller l'écoute des deux albums et vous offrir presque deux heures de rock bien saignant et jouissif, bien que peu original. Le chanteur, Peter Wolf, ancien animateur radio (son débit de mitraillette en est une belle preuve), est juste génial.

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L'album aligne de vraies merveilles, comme le sensationnel et sublime Chimes de quasiment 9 minutes (morceau le plus long ici), vrai moment de féérie assez étonnant de la part d'un groupe tel que le J. Geils Band, ou bien Musta Got Lost, Start All Over, Give It To Me, Southside Shuffle, et les reprises de Raise Your Hand (de Steve Cropper, chanson que Springsteen reprendra souvent en live) et Where Did Our Love Go. Cette dernière, des Supremes de Diana Ross, est un choix de reprise étonnant, mais cette version par le J Geils Band est excellente, rien à dire. La qualité audio est parfaite pour l'époque (ce live vieillit assez bien, je veux dire). Si je devais choisir entre ce live et Full House, concernant ce groupe, je pense que je choisirais celui-ci au final, en raison de sa durée plus généreuse, mais comme les deux sont complémentaires et qu'ils sont aussi réussis l'un que l'autre, le choix est vraiment subjectif. Fans de rock et de lives, ruez-vous sur ça, si ce n'est déjà fait depuis belle lurette !

FACE A

Southside Shuffle

Back To Get Ya

Shoot Your Shot

Musta Got Lost

FACE B

Where Did Our Love Go

Truck Drivin' Man

Love-Itis

(Intro) Lookin' For A Love

Ain't Nothin' But A Houseparty

FACE C

So Sharp

Detroit Breakdown

Chimes

FACE D

Sno-Cone

Wait

Raise Your Hand

Start All Over

Give It To Me