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On va reparler un petit peu de Foghat. Reparler, parce que j'avais déjà abordé un album de ce groupe britannique (mais basé aux USA) il y à quelques années (en 2018 si je ne m'abuse), leur premier en l'occurrence, un album produit par Dave Edmunds et qui ne portait pas de nom, Foghat quoi. Ce premier opus, de 1972, est le genre d'album méconnu qui mériterait fortement de ne pas l'être, tellement il est réussi (on y trouve notamment une reprise savoureuse et bien trippante du standard de blues de Willie Dixon I Just Want To Make Love To You). Foghat, c'était un groupe de rock à tendance un peu boogie/hard/blues, un peu comme Status Quo, s'il fallait les comparer à un autre groupe. Mais autant Status Quo a réussi à se faire connaître mondialement des années 70 aux années 80, Foghat, lui, est un peu resté dans l'ombre. Leurs albums ne se vendaient pas aussi bien qu'ils auraient mérité (plusieurs d'entre eux, aux USA, seront tout de même disques d'or, et l'un d'entre eux sera même disque de platine). Enfn, sauf un album, qui restera leur meilleure vente et sera double disque de platine, excusez du peu. Cet album, c'est leur septième album, et leur premier album live, et il est sorti en 1977. Il s'appelle, connement, très connement, Live. Pourquoi chercher la complication, en même temps ? La musique de ce groupe est si directe, si brut de décoffrage, qu'ils n'allaient pas trouver un titre à rallonge comme celui du double live 1976 du Allman Brothers Band pour nommer leur album (cherchez sur le Net ou sur le blog pour avoir ce titre, riche de huit mots et de deux virgules) !

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Foghat Live, tel qu'il est souvent référencé, est donc le premier live du groupe : après six albums, et cinq ans d'existence, il était temps d'en sortir un. Sous une pochette assez basique, fond noir, un gros live (qui, en vinyle, est en découpé, avec la sous-pochette qui en ressort) avec des photos des membres du groupe qui apparaissent dans les lettres. Basique comme la musique qui, produite par le percussionniste Nick Jameson, est couchée sur les deux faces de ce disque. Deux faces, oui, car il ne s'agit pas d'un double live, mais d'un simple album, long de 38 minutes et presque autant de secondes, pour seulement 6 titres (3 par face). C'est bien le seul défaut de ce live. Un défaut de taille, car j'ai toujours trouvé que quand un live, en vinyle, n'est que simple (surtout un live sorti à partir des années 70), c'est que, quelque part, il a raté son coup. Même si certains lives simples sont géniaux (le Rolling Stones 1970, le Who de la même année, les Lou Reed de 74 et 75, le Blue Öyster Cult de 78, le Time Fades Away de Neil Young...et il y en à d'autres), à chaque fois, il y à cette putain de frustration, c'est trop court, le groupe/chanteur aurait pu en mettre davantage. N'allez pas me dire qu'un concert de Foghat ne durait qu'une quarantaine de minutes. Autant Creedence Clearwater Revival, eux, ne jouaient généralement que 50 ou 60 minutes, pas plus, autant, en moyenne, un concert durait presque deux heures, à l'époque (ou au moins 90 minutes). Aussi, se retrouver avec 38 petites minutes, c'est frustrant. 

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Surtout que ce Live est infernal. C'est la meilleure vente du groupe, de loin, et il fait partie des albums lives les plus estimés par les spécialistes, et croyez-moi, ce n'est pas pour sa belle gueule en pochette. Musicalement, cet album déchire. Mais il déchire vraiment, je ne sais pas comment le dire autrement. On ne s'emmerde pas un instant (certains diront peut-être, en réponse à mon coup de gueule du précédent paragraphe, que s'il avait été double, peut-être que ce live n'aurait pas été aussi passionnant ; on ne le saura jamais...mais en effet, c'est possible), les morceaux, piochés sur une bonne partie des précédents opus, sont tous formidables. Fool For The City, morceau-titre de leur album studio de platine de 1975 (leur cinquième), album sur lequel le final du live, Slow Ride, est aussi issu, est un morceau démentiel, qui a tout du hit mondial absolu. Il l'a peut-être été dans vos rêves, mais dans la réalité, le morceau s'était classé 45ème dans les charts  US en 1975... Le live offre aussi I Just Want To Make Love To You, destructeur au posssible, Honey Hush (qui offre des bribes musicales de Train Kept A-Rollin') qui est une reprise de Big Joe Turner, ou bien encore Home In My Hand. Dans l'ensemble, tout est démentiel ici. Notamment la qualité sonore. La même année, Status Quo sortira un live (baptisé Live !) qui, s'il et double, lui, possède une qualité audio assez rugueuse. Certes, comme la musique du Quo (comme de Foghat) n'est pas du genre précieuse, ça correspond à peu près à leur style, mais ça nique un petit peu le plaisir d'écoute, des fois. Ici, on a un live certes trop court, mais d'un point de vue auditif (point de vue...auditif...oh que c'est amusant...), c'est un rendu admirable. Bref, vous l'avez compris, c'est essentiel. Le groupe lui-même (qui après ce live, ne marchera plus aussi bien dans les charts) ne s'y trompera pas : en 2007, pour les 30 ans du Live, ils sortiront un Live II, capté en 2006, et dont la pochette est reprise sur celle de leur best-seller de 1977. 

FACE A

Fool For The City

Home In My Hand

I Just Want To Make Love To You

FACE B

Road Fever

Honey Hush

Slow Ride