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Je pense en avoir fini avec Humble Pie, du moins pour le moment. Alors autant finir en fanfare, avec un double album. Et avec un disque qui, contrairement aux précédents abordés ici récemment (plus un en décembre), est totalement inédit sur le blog. De la Tarte Modeste qui n'a encore jamais été déballée sur Rock Fever, profitez-en ! Bon, récemment, j'ai réabordé Smokin', excellentissime album de 1972, vous vous en souvenez, j'espère ? Un disque qui marquait, pour le groupe, le début d'une nouvelle période, suite au départ du guitariste (et chanteur occasionnel) Peter Frampton, parti se risquer en solo. Steve Marriott (chant, guitare) reste le seul leader du goupe après ça. Smokin' fut un triomphe commercial à l'époque, c'est, je crois, le disque le plus vendu du Pie. Une vraie réussite (30 Days In The Hole, The Fixer), aussi, faire mieux sera sans doute difficile pour le Pie. L'album suivant, le groupe le publie en 1973, et c'est un double album. A ce sujet, le Pie a presque fait aussi fort que Chicago (qui avait, entre 1969 et 1971, sorti trois double albums et un quadruple), vu que cet album est, en l'espace de 18 mois, leur troisième double album (pas d'affilée), après le double live Performance - Rockin' The Fillmore (1971) et une compilation sortie en 1972, Lost And Found. Ce nouvel album est sorti sous une pochette assez, euh...moche ? Pas super jolie en tout cas, même s'il y à pire. Des losanges de différentes couleurs (enfin, de trois couleurs différentes, rose, bleu clair ou noir) avec, dedans, le nom du groupe, reproduit plein de fois, en contraste ; et, en alternance, des losanges avec des photos des membres du groupe en action scénique. Recto comme verso. Le titre de l'album en grosses lettres rouges bordées de jaune : Eat It

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L'album est en pochette ouvrante avec un livret collé au centre de la gatefold, livret proposant des photos, dessins et bribes de paroles des chansons. Voilà. Double album, mais un double album bien court (64 minutes...), Eat It n'est généralement pas aussi bien considéré, dans la discographie de Humble Pie, que le précédent opus. On peut cependant en dire beaucoup de bien, ce que je vais faire, parce que je vais le dire tout de suite, je l'aime beaucoup, ce cru 1973. C'est sans doute le dernier grand album du Pie, qui, ensuite, va progressivement sombrer (bon, Street Rats, en 1975, est pas mal quand même...). C'est un album assez particulier, en cela que chacune de ses quatre faces est presque un mini album à elle seul. Putain, j'adore ce genre d'albums un peu étranges, ce genre de projets un peu fous et chabraques. Ca rend le disque encore plus intéressant que si c'était un vulgaire album homogène de la première à la dernière de ses faces. Ainsi, la face A, longue de 17 minutes, offre du hard-rock classique de chez classique, le Pie reprend les hostilités là où Smokin' les avait laissées (Get Down To It, Drugstore Cowboy), quatre morceaux qui, certes, ne sont pas entrés dans le Panthéon des chansons de hard-rock (Get Down To It a cependant été utilisée dans un des jeux vidéos "GTA", en 2004, en petit honneur), mais envoient le bois. 

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La face B, nettement plus courte (dans les 13 minutes...), offre quatre reprises de morceaux de soul et de rhythm'n'blues, avec l'aide de choristes (les Blackberries : Venetta Fields, Clydie King, Billie Barnum), parmi lesquels I Believe To My Soul de Ray Charles, Black Coffee d'Ike & Tina Turner ou That's How Strong My Love Is. C'est purement excellent, Marriott fait des merveilles en soulman. La face C, la plus courte (11 minutes !!!) est essentiellement constituée de morceaux solo de Marriott, quasi exclusivement acoustique (Summer Song, Say No More) sauf la dernière, Beckton Dumps, du hard-rock dans le style de la face A. Très réussi, et Beckton Dumps est une petite tuerie. Enfin, la dernière face, la plus longue de loin (21 minutes), offre trois morceaux captés live (qualité sonore très bonne, mais qui aurait pu être meilleure encore). Up Our Sleeve, une reprise du Honky Tonk Women des Stones (efficace !), et une version à tomber, de plus de 12 minutes, de (I'm A) Road Runner, ce classique que le Pie avait déjà repris sur Smokin' (et qui, en 1973, est reprise, aussi, par Fleetwood Mac). De quoi achever efficacement ce double album aussi peu connu (de nos jours) que franchement réussi, pas le sommet du groupe, mais un album que tout amateur de rock 70's devrait apprécier. J'aime énormément son côté hétéroclite, ses quatre faces bien différentes (un album qui fonctionne mieux encore en vinyle qu'en CD, où tout est proposé à la suite sur un simple disque, sans pause, sans distinction) !

FACE A

Get Down To It

Good Booze And Bad Women

Is It For Love ?

Drugstore Cowboy

FACE B

Black Coffee

I Believe To My Soul

Shut Up And Don't Interrupt Me

That's How Strong My Love Is

FACE C

Say No More

Oh, Bella (All That's Hers)

Summer Song

Beckton Dumps

FACE D

Up Our Sleeve

Honky Tonk Women

(I'm A) Road Runner