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Avouez que ça vous manquait, hein ? Un bon gros Yes sur le blog. Et puis ce n'est pas une réécriture d'une ancienne chronique que je vous propose (même s'il n'est pas exclu qu'un jour ou l'autre, je refasse la chronique de Tales From Topographic Oceans) mais une toute nouvelle : cet album n'avait, jusqu'à présent, jamais été abordé sur Rock Fever. Un album un peu particulier parce qu'il s'agit d'un live, le deuxième du groupe par ailleurs : YesShows. Ou Yesshows, sans la majuscule centrale que je propose pour faire un peu classe et séparer les deux mots réunis en un seul, et parce que ça m'amuse, et parce que...parce que, voilà tout. Ah, Yes...Dans la catégorie rock progressif, genre musical clivant mais que j'ai toujours énormément aimé (Pink Floyd fut un des premiers groupes de rock, juste après Queen et en fait presque en même temps, que j'ai découverts, et j'ignorais à l'époque que c'était du prog, d'ailleurs, j'ignorais ce qu'était le prog), Yes a toujours été, avec le groupe que je viens de citer, King Crimson et Genesis, un de mes chouchous. Certes, c'est parfois ardu : des albums avec trois, quatre ou cinq morceaux (et notamment un double album avec quatre morceaux de 20 minutes !), avec généralement des concepts tarabiscotés, des paroles super bavardes, des orchestrations chargées, un chant aussi habité qu'une pomme pourrie, mais une voix (Jon Anderson) qui peut énerver...

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C'est peu dire que Yes ne plait pas à tout le monde. Le groupe a eu un immense tube pop/rock/FM (Owner Of A Lonely Heart) en 1983, mais si vous résumez Yes à cette chanson et à l'album qui la renferme (90125), vous allez faire une grosse boulette. Ce n'est pas du tout représentatif. YesShows, lui, est bien représentatif de ce qu'était Yes. Au moment de la sortie de ce double live (qui ne dure que 78, presque 79 minutes ; je dis 'qui ne dure que...', parce qu'avec Yes, on aurait pu s'attendre à un quadruple live), le groupe n'existe quasiment plus (ils se sépareront début 1981...pour finalement se reformer un peu plus d'un an plus tard pour 90125 notamment), et en tout cas, il n'existe plus sous la forme proposée sur ce live. Jon Anderson, le chanteur d'origine, a en effet quitté le groupe en février 1980, ainsi que le claviériste Rick Wakeman (ce dernier, arrivé dans le groupe en 1971, le quittera en 1974 pour revenir en 1977), alors que le groupe préparait Drama. Qui sera finalement enregistré avec deux nouveaux membres, Trevor Rabin et Geoff Downes, anciennement The Buggles. Bref, quand YesShows sort, Drama est déjà sorti, et le personnel présent sur le live n'est pour certains plus le même, YesShows proposant des morceaux issus de concerts de 1976 à 1978. Sous une pochette signée du génial et fidèle Roger Dean, et avec une qualité sonore (c'est le bassiste, Chris Squire, qui produit) excellente, contrairement au précédent live du groupe, YesSongs (1973, triple album ou double CD), dont la qualité sonore est un peu faiblarde. 

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Chose géniale ici : aucun morceau déjà interprété sur YesSongs n'est présent ici, YesShows se concentrant quasi exclusivement (sauf Time And A Word, issu du second album éponyme de 1970) sur la période de l'après YesSongs, pour les albums studio. Le plus récent alors, au moment des concerts, c'est Tormato (1978), album franchement moyen qui sera le dernier avec Andeson et Wakeman pendant des années. Un seul titre de Tormato est ici, Don't Kill The Whale, très mal situé d'ailleurs, en ouverture de la face C, juste avant la première partie de Ritual - Nous Sommes Du Soleil. Ce morceau, long de 21 minutes sur Tales From Topographic Oceans, en dure ici presque 29 et sa durée fait qu'il est découpé en deux parties ; la seconde ouvre la face D. Une version assez pharaonique de cet excellent morceau. Tout aussi pharaonique est cette version, aussi longue que la version studio (album Relayer de 1974, le seul fait avec le claviériste suisse Patrick Moraz qui, d'ailleurs, sur certains titres de YesShows, ceux de 1976, les deux plus longs d'ailleurs, est sur scène ; pour les autres titres, c'est Wakeman), de The Gates Of Delirium, qui occupe toute la face B avec presque 23 minutes de folie. Le reste de l'album est occupé par trois des cinq morceaux de l'album de 1977, Going For The One : le morceau-titre, Parallels et Wonderous Stories. De bons morceaux, issus d'un bon album, lequel est au final le mieux représenté ici (trois de ses cinq morceaux, et pour YesShows, trois titres sur sept, malgré qu'il y ait huit plages audio). Dans l'ensemble, ce deuxième live du groupe est assez réussi. Un peu frustrant, et si on enlève les deux longs morceaux l'intérêt serait considérablement rabaissé, mais ça reste très bon. Après, malgré que sa qualité sonore soit supérieure à celle de YesSongs, curieusement, c'est vers le triple live de 1973 (qui dure un peu plus de deux heures) que j'aurais le plus tendance à revenir...

FACE A

Parallels

Time And A Word

Going For The One

FACE B

The Gates Of Delirium

FACE C

Don't Kill The Whale

Ritual - Nous Sommes  Du Soleil (Part 1)

FACE D

Ritual - Nous Sommes Du Soleil (Part 2)

Wonderous Stories