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Encore un petit peu de Kinks inédit ? Ca tombe bien que vous ayez répondu un OUI bien tonitruant, parce que j'avais justement l'intention de vous parler, aujourd'hui, de cet album. On ne va pas se mentir, on se connaît trop bien pour ça : oui, la pochette fait mal aux yeux. Sur un écran d'ordinateur/tablette/smartphone, mais en réel, aussi (ayant le disque en vinyle, je le confirme). Ces teintes roses, c'est juste pas possible... Et en plus, le Ray Davies, sur la pochette, prend une expression un peu ridicule de guitar-hero sur le point de lâcher un pet monumental en plein solo... Bon, on a quitté les Kinks hier, il me semble, non ? Avec Low Budget, album de 1979 que j'ai mis du temps à aimer (mais que j'abordais sur le blog pour la première fois), un disque presque de hard-rock, ce qui, pour les Kinks, groupe de rock britannique à la Beatles/Stones s'étant longuement épanché dans du cocnept-rock un peu vaudevillesque dans les années 70, semble aussi incongru que si AC/DC faisait un album de country traditionnelle. D'ailleurs, dans son propre pays, le groupe de Ray D. ne vendra pas des masses de l'album. Mais aux USA, ce fut un peu mieux. Le groupe, passé sur Arista en 1977, est alors en pleine période 'rock de stade', et ça colle plutôt bien, j'imagine, avec la sensibilité ricaine.

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En 1980, le groupe sort le grand jeu : un live. Pas leur premier (en 1968, il y eut Live At Kelvin Hall), mais leur premier à être double : 77 minutes en tout. Il s'appelle donc One For The Road, ce live, le deuxième du groupe. Leur deuxième...ou leur troisième, en fait. N'oublions pas que le deuxième disque de leur double album de 1972 Everybody' In Show-Biz - Everybody's A Star est live. Aussi bien le live de 1968 que le disque live du double de 1972 sont tellement courts que si on additionne leurs durées, on n'arrive pas à celle de One For The Road ! Lequel a été enregistré essentiellement aux USA, en divers endroits (en 1979 à chaque fois) tels que Providence, Syracuse, Amherst dans le Massachusetts, mais aussi, pour quelques titres, à Zürich, en Suisse. Le son est plutôt très bon, peut-être pas extraordinaire si on compare avec des lives plus récents, mais, pour l'époque, rien à dire, c'est du très bon boulot de mixage. Comme toujours, c'est Ray Davies qui produit ce disque, vendu à l'époque avec un poster double face montrant des photos du groupe sur scène, on croirait voir Aerosmith ou Thin Lizzy, pas les Kinks. C'est un fait, le groupe sonne vraiment hard-rock, ou power-pop, ici. Alors les morceaux les plus récents, comme ceux de Low Budget (il y en à six ici : les six premiers de Low Budget, en fait, dans un tout autre ordre, et dispatchés sur l'ensemble de l'album) ou de Misfits (le morceau-titre de l'album), passent super bien (Pressure, morceau très punk si on peut dire, est ici branlé à une vitesse foudroyante, et dure moins de 2 minutes).

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Mais les morceaux les plus anciens, parfois, souffrent de cette énergie retrouvée qui les défigure un peu ; pas toujours, ceci dit : Stop Your Sobbing (repris à la même époque par celle qui, à l'époque, partage la vie de Davies et avec qui elle aura un enfant, Chrissie Hynde, des Pretenders) est fidèle à l'originale. Where Have All The Good Times Gone et You Really Got Me sont furieux, comme l'étaient les versions d'époque (le groupe sonnait, dans les années 60, si fort en concert qu'ils furent verboten aux USA pendant quelques années !). Mais je trouve que The Hard Way (de Schoolboys In Disgrace), 20th Century Man (de Muswell Hillbillies) et Victoria (de Arthur, trop courte version) ne sont pas extraordinaires dans ces versions live. On notera la présence de Prince Of The Punks, chanson de 1977 sortie en face B de single, et absent de tout album studio du groupe. On notera aussi la présence de David Watts (1967), Lola (1970), All Day And All Of The Night (1964), autant de classiques du groupe. Mais curieusement, rien de Sleepwalker (1977), et, moins étonnant, rien de la désastreuse période 1973/1975. Au final, ce live parfois proche du hard-rock (Attitude !) est un peu bourrin, un peu vulgaire, mais offre de bons moments, et le plaisir d'écouter un aussi généreux live des Kinks, même si ce n'est pas à leur meilleure période, est bien là. 

FACE A

Opening

The Hard Way

Catch Me Now I'm Falling

Where Have All The Good Times Gone

Intro : Lola

Lola

Pressure

FACE B

All Day And All Of The Night

20th Century Man

Misfits

Prince Of The Punks

Stop Your Sobbing

FACE C

Low Budget

Attitude

(Wish I Could Fly Like) Superman

National Health

FACE D

'Till The End Of The Day

Celluloid Heroes

You Really Got Me

Victoria

David Watts