K10

Bon, j'ai pris ur moi et osé réaborder, récemment, deux albums mal-aimés (et il faut reconnaître que même si j'ai un petit peu réhabilité les albums, il y à quand même vraiment de quoi ne pas les aimer, ces deux disques) des Kinks, les deux Preservation de 1973 et 1974. Avec leur album suivant, Soap Opera de 1975 (que, lui, je n'arrive pas à réhabiliter, même légèrement), c'est clairement le nadir de la carrière des Kinks. Enfin, le premier, parce que les années 80 seront très compliquées pour la bande à Ray et Dave Davies, autant le dire, même si je ne sais pas si j'aborderai leurs albums 80's (le double live de 1980 mis à part ; lui, dans deux jours, vous y aurez droit). En 1976, pour leur dernier album sur le label RCA (chez qui ils ont signé en 1971), le groupe sort Schoolboys In Disgrace, album ma foi très très très correct, je peux même dire que je l'aime énormément, tout en sachant pertinemment que ce n'est pas un triomphe. Mais après trois albums aussi ratés, c'est comme une bouffée de Chanel N°5 dans une pièce sans fenêtres et empuantie par la digestion d'un cassoulet. Puis le groupe change de label. Fin de contrat, mise à la porte par un label qui en avait marre de leurs albums (souvent conceptuels) ne se vendant pas ? En tout cas, le groupe signe sur Arista, et en 1977, sort Sleepwalker, petit chef d'oeuvre assez méconnu, presque oublié, qui augure de bien de bonnes choses quant à la suite de leur carrière. 

K11

Le successeur de Sleepwalker (un disque très rock) sort en mai 1978, le groupe l'a enregistré entre juillet 1977 et janvier. Sous une pochette assez curieuse (deux des membres du groupe, un par côté, un des frangins Davies à chaque fois, représenté atrocement étiré, déformé), l'album, leur 17ème studio, s'appelle Misfits et est produit par Ray Davies lui-même. C'est un album qui fut marqué par le départ d'un membre du groupe : le bassiste, John Dalton, a claqué la porte, remplacé par Andy Pyle. Misfits, dont une partie des chansons (Black Messiah, Hay Fever, In A Foreign Land, notamment) datent des sessions de Sleepwalker, est un disque aussi rock (la production est remarquable) que le précédent, et autant le dire, il est pour moi aussi réussi, même s'il m'a sans doute fallu un petit peu de temps pour m'en rendre compte. C'est un disque proche, parfois, de la power-pop du genre Big Star (Trust Your Heart, morceau pharaonique, prodigieux, interprété non pas par Ray Davies mais par son frangin, qui hurle le morceau, parfois, comme un bon vieux Paul Rodgers, et venant des Kinks, c'est aussi étonnant que rafraîchissant), en tout cas, tout comme Sleepwalker, à des années-lumière de la période vaudeville 1972/1975. Et ça aussi, c'est rafraîchissant.

K12

L'album ne se vendra pas des masses en Angleterre, mais nettement mieux aux USA, et sera l'écrin de trois singles (dont Live Life et Black Messiah) vraiment efficaces. Misfits, sous sa pochette (et il faut voir l'illustration de l'insert des paroles, du même genre, presque flippante, voir l'illustration ci-dessus, qui représente la moitié de l'image !) vraiment curieuse et moche, est un excellent cru méconnu. Je ne peux vraiment que vous conseiller de vous pencher dessus, c'est d'autant plus méconnu que la réputation des albums kinksiens datant de la seconde moitié des 70's et des décennies suivantes est vraiment désastreuse. A croire que passé Muswell Hillbillies (1971), le groupe n'a rien fait de bon. Hé bien, Sleepwalker et cet opus successeur prouvent clairement le contraire. Du rock bien nerveux, assez loin des élucubrations précédentes du genre Soap Opera. Vraiment excellent dans son genre !

FACE A

Misfits

Hay Fever

Live Life

A Rock'n'Roll Fantasy

In A Foreign Land

FACE B

Permanent Waves

Black Messiah

Out Of The Wardrobe

Trust Your Heart

Get Up