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J'ai déjà parlé ici, plusieurs fois, des Stranglers, mais c'est d'un de leurs membres que je vais parler aujourd'hui. Hugh Cornwell. Lequel est connement répertorié, sur le blog, via le tag ''Hugo Cornwell'', erreur regrettable (à pique-nique) de ma part, faite il y à bien longtemps, mais que je ne vais pas réparer parce que ça serait fastidieux de reprendre chacun des articles estampillés Stranglers (une grosse douzaine) afin de faire la modification. On sait de qui on parle, et après tout, personne ne m'a jamais dit, sur le blog, hé, ClashDo c'est Hugh, pas Hugo, merci de modifier, après tout. Bon. Hugh Cornwell, c'est le chanteur principal et guitariste des Stranglers, fameux groupe punk britannique (qui passera progressivement à de la new-wave) dont on a, l'année dernière, déploré le décès d'un membre, le claviériste Dave Greenfield, qui apportait une touche doorsienne et cheloue au son du groupe. Les Stranglers ont fait leur premier album en 1977 : Rattus Norvegicus - IV (oui, malgré qu'il s'agisse de leur premier album, il y à un IV dans le titre ! Non, aucune raison logique et durable a été donnée pour expliquer la présence de ce IV !). Cornwell a démarré sa carrière solo en 1979 avec un disque fait en collaboration avec Robert Williams, qui fut batteur du Magic Band de Captain Beefheart. Pourquoi Cornwell a-t-il lancé sa carrière solo, l'année de sortie du quatrième opus de son groupe, The Raven ? Est-ce que ça allait mal dans les Stranglers ? Non. Mais Cornwell savait que la vague punk était finie, et il craignait sans doute que son groupe ne se retrouve à sec, sur le quai, comme des cons de Sex Pistols, à ne plus vendre de disques parce qu'ils ne correspondraient plus aux attentes du public.

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Pourtant, dès le troisième opus du groupe, Black And White (1978), les sonorités des Stranglers s'étoffent, deviennent plus new-wave que punk. Mais Cornwell avait, sans doute, aussi, envie de se prouver qu'il pouvait faire des disques de son côté, seul (ou presque). Nosferatu, tel est le nom de cet album, est donc sorti en 1979. La pochette montre, au recto, une image tirée du film Nosferatu de Murnau (1922), et au verso, une photo des deux auteurs de l'album, Cornwell et Williams. La sous-pochette propose d'un côté les paroles (imprimées en petits caractères) et de l'autre, sur fond noir, un masque japonais Hannya, et non, c'est pas Chirac. Long de 35 minutes, l'album, dédié à Max Schreck (acteur qui jouait Nosferatu/Dracula dans le film de Murnau, et qui est mort en 1936) et pourrait être pris, au premier abord, comme un album de la bande originale du film, il n'en est évidemment rien. L'album, produit par les deux artistes, bénéficie de la présence, selon les morceaux, de plusieurs invités : Ian Underwood (qui joua avec Zappa au sein des Mothers Of Invention) aux claviers, Ian Dury qui pose des voix de fond (un gueuleur de foire) sur l'avant-dernier titre, les membres de The Clash, non-crédités, parmi les choeurs de Puppets, Mark et Bob Mothersbaugh, de Devo, au chant ou à la guitare sur le dernier titre de la face A. Hugh Cornwell chante sur 8 titres et joue de la guitare, un peu de basse aussi. Williams, batteur, chante sur le premier morceau, tient un peu de claviers ou de basse, aussi. Nosferatu est un album assez particulier, rien que son artwork glauque et chelou donne le ton.

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Ce ne fut hélas pas un succès à sa sortie, loin de là (à noter qu'un morceau, Wired sortira en face B d'une chanson des Stranglers issue de The Raven, Don't Bring Harry), et la carrière solo de Cornwell ne pouvait pas démarrer moins bien. Pourtant, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce curieux album de new-wave un peu expérimentale et teintée de punk est une réussite. L'album fut lancé par un single (qui ne chartera pas du tout), White Room, lequel n'est autre qu'une reprise de la fameuse chanson de Cream. Ici en mode punk arty. C'est étonnant et vraiment efficace, et en tout cas, pas moins réussi que l'original de Cream (1968), autant le dire ! L'album offre aussi Losers In A Lost Land, qui est à tomber par terre, le très punk Wired, l'étonnant instrumental (même s'il y à des voix) Mothra, ou bien encore Puppets, qui achève efficacement l'ensemble.  Le morceau-titre est très bien, furax, il met dans l'ambiance, mais dure moins de 2 minutes, c'est définitivement trop court, il s'achève sèchement, comme une idée mal exploitée. Irate Caterpillar est très bien, mais je suis moins fan de Big Bug et de Rhythmic Itch (le morceau avec les deux Devo). Après, dans l'ensemble, Nosferatu est un des plus atypiques albums que j'ai pu écouter, ce n'est pas expérimental mais c'est vraiment un album curieux, à se demander où l'idée de faire un disque pareil a pu bien venir dans l'esprit de Cornwell et Williams, sans parler de cet artwork bizarre (un masque de démon japonais ? Plusieurs fois la même image en différentes tailles, sur la partie 'paroles des chansons' de la sous-pochette, d'un acrobate ayant passé ses jambes, en araignée, par dessus sa tête ? Une photo du film de 1922 ?) qui range le disque dans la catégorie OVNI musical. Album très méconnu, Nosferatu mérite vraiment la découverte, ou redécouverte. Je suis vraiment ravi de l'avoir en vinyle, celui-là. 

FACE A

Nosferatu

Losers In A Lost Land

White Room

Irate Caterpillar

Rhythmic Itch

FACE B

Wired

Big Bug

 Mothra

Wrong Way Round

Puppets