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Allez, encore un petit peu de Mellencamp. Après avoir parlé de son troisième album, John Cougar, sorti en 1979 (un disque souvent assez mal considéré, mais que je trouve franchement pas mal du tout, à découvrir, donc), c'est à son septième album que je m'attaque ici, logique, ah ah ah. Sorti en 1983, il s'appelle Uh-Huh, un titre un peu idiot, on est bien d'accord, et une pochette qui, quand on la regarde de loin, semble correcte, mais un rapprochement vous fera vous rendre compte que ce dessin (car c'est un dessin, pas une photo) est vraiment moyennement dessiné. Et ces teintes... Mais on est là pour parler musique, pas art graphique, donc rassurez-vous. Cet album est, dans la série des albums de Mellencamp que je ne connaissais pas encore, le plus récent, je veux dire par là que l'album suivant est Scarecrow (1985), album le plus ancien, chronologiquement parlant, que je connaissait alors du chanteur, et le premier que j'ai abordé ici, en milieu de l'année dernière, suite à de gentilles recommandations de Csamsa, visiteur régulier du blog. Uh-Huh fait suite à deux albums sortis l'un en 1982 (American Fool), l'autre en 1983 (The Kid Inside). Pour ce dernier, il est certes sorti en 1983, mais a en fait été enregistré en 1977 et s'il était sorti en temps et en heure, aurait été le deuxième opus du Cougar. C'est donc un petit peu compliqué : ce disque, Uh-Huh, fait suite à un album enregistré en 1977 ? En fait, il est le successeur d'American Fool, de 1982, mais entre les  deux, un disque inédit est tout de même sorti (et il ne semble pas génial, d'ailleurs, ce cru 1983 enregistré en 1977 ; qu'il soit resté si longtemps dans les tiroirs ne semble pas étonnant...). 

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Au début de sa carrière (deux premiers albums), Mellencamp sortait ses disques sous le nom de Johnny Cougar. A partir de 1979, c'est John Cougar. A partir de Uh-Huh, c'est John Cougar Mellencamp (à partir de 1991, il virera le 'Cougar'). Un peu compliqué là aussi, non ? Bon, Uh-Huh est un disque, je dois le dire, très court : 33 minutes seulement, en vinyle (le format sous lequel je l'ai). Le CD rajoute un dixième morceau, une version acoustique de Pink Houses, mais sinon, on n'a que 9 titres ici. Tous, il faut le dire, franchement réussis, cet album est sans doute un des meilleurs de l'avant-Scarecrow. Mellencamp n'a jamais été très très gentillet avec ses premiers albums, mais je pense qu'à partir de 1982, il n'a pas grand chose de négatif à dire. Surtout qu'il est ici entouré de ses musiciens habituels de l'époque, son E Street Band à lui : Kenny Aronoff, Larry Crane, Mike Wanchic, Toby Myers... Et la production, en partie assurée par ses propres soins (sous le pseudonyme de Little Bastard), est vraiment excellente, aussi bien pour l'époque que pour maintenant : l'album sonne vraiment très bien, même si on sent que ça date des années 80. Pas de synthés en pagaille (pas de synthés du tout, en fait ; pas de claviers du tout, d'ailleurs !!!), mais une certaine couleur dans la sonorité...Ce qui n'est pas désagréable.

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Les morceaux se suivent, sans se ressembler, et si ma préférence va à Pink Houses et Warmer Place To Sleep, il sera cependant bien difficile de dire quel est le meilleur morceau, et quel est le moins bon (si tant est qu'il y en ait un). Cet album est une petite tuerie de rock heartland bien solide, à la Bob Seger (en moins furax), à la Springsteen, du Springsteen de l'époque Darkness On The Edge Of Town/The River, en fait (en 1983, le Boss prépare son carton commercial Born In The U.S.A., qui va le placer hors d'atteinte de la concurrence heartland). Que Mellencamp ne soit pas plus connu que ça en France est une vraie dégueulasserie, tant ce bonhomme est talentueux. Il a sorti des albums vraiment remarquables, même si certains, notamment parmi les plus récents, ne sont pas forcément toujours parfaits. Mais ce sont des album que l'on réécoute avec plaisir, qui ne sont certes pas des triomphes absolus (sauf en 1985/1991, quatre albums à tomber par terre), mais qui sont vraiment attachants, faits avec le coeur, généreux, pas forcément en durée, mais en qualité. Uh-Huh, vous l'aurez compris, est de la trempe des albums certes un peu secondaires (dans le rock, pas dans la discographie du Cougar) mais malgré tout totalement recommandables à quiconque aime le bon vieux rock bien ricain.

Excellent, quoi. 

FACE A

Crumblin' Down

Pink Houses

Authority Song

Warmer Place To Sleep

FACE B

Jackie O

Play Guitar

Serious Business

Lovin' Mother Fo Ya

Golden Gates