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Non, vous ne rêvez pas : en ce jour de la Saint-Valentin, mais ça n'a sinon rien à voir, voilà que Gilbert Bécaud, dont on avait un petit peu parlé ici en fin d'année dernière grâce à des articles de MaxRSS, fait son apparition sur le blog ! Sincèrement, je ne suis pas sûr que d'autres albums de Bécaud seront abordés ici, en tout cas je suis sûr et certain que si c'est le cas, ça ne sera pas de ma main. Peut-être MaxRSS, s'il est toujours vivant et se décide à revenir... Mais ce disque, je tenais à l'aborder. C'est le seul album que je possède de Monsieur 100 000 Volts, et que je possèderai, sans doute, jamais de lui. Comme vous pouvez le constater, sa pochette est des plus sobres : fond blanc, un simple Bécaud écrit en rouge, en grosses lettres de peinture qui dégoulinent un peu, et rien d'autre. Au passage, désolé, very sorry pour la piètre qualité visuelle de cette illustration principale, mais allez trouver, vous, une illustration de la pochette de cet album, qui se trouve ne s'appeler que d'un seul nom : Bécaud. En fait, bécaud, sans majuscule. Il date de 1969 et est, si j'ai bien compté, son treizième album studio depuis son premier en 1953. Ce disque fait sinon suite à un album live à l'Olympia sorti en 1967 et sera suivi d'un autre live à l'Olympia sorti en 1970. Il faut dire que Bécaud était aussi chez lui à l'Olympia que Johnny l'était à Bercy ou au Palais des Sports. 

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Bécaud, ce disque, je tenais à l'avoir, en vinyle (et je l'ai chopé, en état impeccable, pour 1,50 euros, les mecs ; no shit !), parce qu'il contient une chanson absolument insensée, aussi bien pour Bécaud que pour la chanson française, une chanson que j'avais proposé ici en Top Musique en novembre dernier, et qui avait récolté moult commentaires passionnés : L'Un D'Entre Eux Inventa La Mort. Longue de 6 minutes, écrite par Pierre Delanoë (musicalement, tout est signé Bécaud sur l'album, mais les paroles sont soit de Delanoë, soit de Louis Amade, soit de Maurice Vidalin, avec arrangements signés notamment Jean-Claude Vannier ou Raymond Bernard), une chanson cosmique, dont le seul défaut est l'usage assez abusif et presque hors-jeu de choristes. Mais entre la musique assez enivrante et les paroles franchement osées (on y parle notamment de la mort de Dieu...), cette chanson, qui ouvre le disque, et en est le sommet absolu, est une date dans la chanson française. Oui, rien que pour cette chanson, je le voulais, ce disque. Si elle n'était sortie qu'en 45-tours, et pas en album, j'aurais cherché le 45-tours et cet article n'existerait pas. Qui a dit et ça serait tant mieux qu'il se dénonce ? Bon, autant le dire tout de suite : si vous gueulez dans les commentaires parce que j'ai osé parler de Bécaud ici, c'est que vous n'avez rien pigé au concept du blog : parler de musique, sans frontières. Et sincèrement, L'Un D'Entre Eux Inventa La Mort, c'est presque rock. Disons, psychédélico/progressif, un peu. Ecoutez donc son intro !

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Le reste de l'album, qui offre 10 titres en tout, et dure une grosse demi-heure (32 minutes), n'est pas aussi incroyable que cette chanson-mammouth. Mais sincèrement, Bécaud est un très bon album de chanson. Je ne sais pas si c'est son meilleur, un de ses meilleur,s ou un cru honnête mais sans plus, ou un de ses moins bons. Sincèrement, je m'en fous un peu, même, de savoir le niveau de l'album par rapport à la discographie complète de Gilbert Bécaud. L'album ne me semble pas offrir des classiques du genre Et Maintenant, Nathalie, Mes Mains ou Je T'Appartiens. Rien ici, je vous rassure, n'est du niveau éléphantesquement bas de Désirée. Mais on y trouve, sinon, Monsieur Winter Go Home, sur l'arrivée du printemps (arrangements héroïques à base de cuivres), La Fin D'Un Grand Amour...C'Est D'Abord Du Silence, Tu Me R'connais Pas ou bien encore Moi, Je M'En Vais Demain, autant de chansons vraiment réussies, agréables. La voix de Bécaud, tonitruante, éraillée (mais pas encore comme elle le sera à partir des années 80, rapport à l'âge, aux tournées incessantes, aux abus de clopes), fait des étincelles, pas étonnant qu'il ait été surnommé Monsieur 100 000 Volts, il envoyait tout sur scène pour son public (qu'il voulait voir en jouant au piano, et avait donc fait baisser les pieds avant de son piano, afin d'avoir une meilleure vue). Les seuls morceaux moyens de ce disque sont Mon Grand'Père Le Militaire (et sa mélodie martiale) et Badabing, Beng, Bong, le final. Le reste est vraiment pas mal. Bon OK, Les Créatures De Rêve fait un peu con-con, genre chanson à interpréter en intermède entre deux numéros de danseuses au Moulin-Rouge (tout y passe, hurlements de loup texaveryien, choeurs féminins suaves, cuivres...). Mais le reste, vraiment, est pas mal du tout. Et ce premier morceau, vraiment...

FACE A

L'Un D'Entre Eux Inventa La Mort

Tu Me R'connais Pas

Mon Grand'père Le Militaire

Les Enfants Du Dimanche

La Fin D'Un Grand Amour...C'Est D'Abord Du Silence

FACE B

Monsieur Winter Go Home

Moi, Je M'En Vais Demain

Les Créatures De Rêve

Il S'En Va Mon Garçon

Badabing, Beng, Bong