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Il semblait inévitable qu'après trois album studio, David Crosby & Graham Nash ne sortent, tôt ou tard, un album live. Comme, en plus, ils avaient signé en 1975 un contrat de trois albums avec ABC Records et qu'en 1977, une reformation studio de Crosby, Stills & Nash se profile (elle aura effectivement lieu : l'album CSN, dit "album au bateau", sublime, sort en 1977, quelques mois avant ce live), et que l'album de CSN sortira sur Atlantic, leur label historique, faire un album live serait, pour Crosby et Nash, une manière de mettre fin au contrat : bien que live, c'est un album tout de même, et comme ils avaient signé pour trois disques et qu'ils en avaient déjà fait deux...faites le calcul, c'est pas dur. Donc voici un album au titre incroyablement audacieux : Crosby-Nash Live. Ah oui, vraiment, fallait oser. Cet album offre 9 titres en vinyle, la réédition CD en rajoute deux, que je précise en bas d'article, faisant passer le tout à une petite cinquantaine de minutes. N'ayant pas écouté la version CD mais uniquement la version vinyle (qui dure environ 10 minutes de moins), c'est de la version 9 titres que je vais parler. En même temps, les deux rajouts CD ne doivent sans doute pas être dégueulasses : King Of The Mountain et Bittersweet. La seconde est issue de Wind On The Water, de 1975, et la première est un inédit, une chanson jamais placée sur un album studio. Toutes deux sont signées Crosby. 

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Si on prend la version CD, Crosby a plus de chansons (6 au lieu de 5) que Nash, mais en vinyle, c'est l'inverse, Nash en a toujours 5, mais le Croz', seulement 4. On nest pas dans un concours de quéquettes, et les deux amigos se sont toujours bien entendu, mais tout de même, souvent, les albums du duo ne sont pas des plus démocratiques, Nash en a souvent un peu plus que l'autre. Il a par ailleurs sorti plus d'albums solo que l'autre (même si Crosby s'est rattrapé depuis les années 2000), mais bon, les addictions camesques de Crosby et ses soucis judiciaires lui ont pris beaucoup de temps. Ce live, en partie produit par le duo, est je dois le dire vraiment réussi. On y trouve quelques uns des classiques de chacun des deux zigomars (notons qu'aucun titre de l'unique album solo de Crosby n'est présent ici ; notons aussi que sur le coffret CSNY 1974 de 2014, constitué de 3 CDs assez bien remplis, on ne trouve, aussi, aucun titre de If I Could Only Remember My Name...Croz' en était-il honteux ? Si c'est le cas, c'est idiot, vu le niveau stratosphérique de l'album) : Crosby nous offre The Lee Shore, qu'il interprétait déjà avec CSNY, ainsi que Page 43, Foolish Man et surtout, en final, long de presque 10 minutes de totale majesté (et s'ouvrant sur un court solo de batterie de Russ Kunkel), Déjà Vu, issu du premier opus de CSNY. 

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Nash, lui, offre Immigration Man, I Used To Be A King (de son premier opus solo), Fieldworker, Simple Man et Mama Lion, ce qui n'est vraiment pas rien là non plus. Le duo est entouré de ses musiciens habituels, Kunkel, Craig Doerge, Tim Drummond, Danny ''Kootch'' Kortchmar, David Lindley, que l'on retrouve, en bons enfoirés, un peu partout, dans les années 70, sur les albums de soft-rock et de folk-rock, et on ne s'en plaindra pas. Qualité sonore excellente pour ce live hélas trop court, une quarantaine de minutes, et enregistré en divers endroits (Pittsburgh, Akron, Anaheim, Berkeley, Cenral Park, New York...il y à limite plus d'endroits que de nombre de morceaux, ce qui implique probablement des mixages en studio entre diverses sources), ce qui ne se ressent pas à l'écoute, l'ensemble étant assez homogène. Sans être un géant dans la catégorie 'live', cet album méconnu est vraiment sympathique !

FACE A

Immigration Man

The Lee Shore

I Used To Be A King

King Of The Mountain (CD uniquement)

Page 43

Fieldworker

FACE B

Simple Man

Foolish Man

Bittersweet (CD uniquement)

Mama Lion

Déjà Vu