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Avec cet album, ça devient évident : Joni Mitchell a apparemment décidé de conceptualiser à mort ses pochettes d'albums. Rappelez-vous : 1994, l'album Turbulent Indigo, son premier, depuis 1971, sur le label Reprise Records. Quand je dis 'rappelez-vous : 1994', je ne vous demande pas de vous rappeler quand l'album est sorti, mais juste ma précédente chronique, publiée ici il y à quelques jours, évidemment, au sujet de cet album. La pochette, un autoportrait de Joni, une peinture, la représentait à la manière de Van Gogh sur son fameux autoportrait à l'oreille coupée. D'autres peintures signées de Joni ornaient le livret de l'album. Un album absolument sublime par ailleurs, offrant des chansons admirables comme Sex Kills ou le morceau-titre. Depuis 1979, Mitchell nous offre un album tous les trois ans. 1982, 1985, 1988, 1991, 1994. Réglée comme une horloge suisse, la mémère. Après un disque en 1994, on se serait donc attendus à ce que le successeur, son 16ème studio et 17ème tout court, ne sorte en 1997. Mais non, il sortira en 1998. Entre temps, en 1996, Joni sortira deux compilations, oui, deux. Hits, qui offre ses classiques, et Misses, qui offre des morceaux réussis, qui auraient pu être des classiques, mais qui resteront, au final, méconnus du grand public. 

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L'album suivant, donc, date de 1998 et sa pochette et son livret proposent encore une fois des peintures signées Joni (elle peint très bien, d'ailleurs). L'autoportrait de la pochette, disposé sur la droite avec le titre à sa gauche (comme pour le précédent opus) la représente, tenant un charmant chat dans ses bras, en extérieur, avec un chapeau de paille, très impressionniste. Taming The Tiger ("dresser le tigre"), qu'il s'appelle, ce disque encore une fois étonnamment court par rapport à son époque, seulement 44 minutes. Produit par Joni elle-même (mais, une première depuis Mingus en 1979, elle est seule à produire), l'album a été enregistré avec, notamment, Larry Klein (basse, son ex-mari depuis 1994), Wayne Shorter (saxophone), Brian Blade (batterie)... Pendant longtemps, cet album sera le dernier album de chansons originales de Joni : si elle continuera de sortir des albums par la suite, il faudra attendre 2007, et Shine (son dernier album à ce jour, sans doute son dernier définitif), pour qu'elle n'en ressorte un avec des chansons originales, fait après deux disques de reprises que j'aborderai prochainement. Taming The Tiger est encore une fois un très bon album, même si je dois dire qu'il n'est pas aussi extraordinaire que Turbulent Indigo

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Mais c'est un disque vraiment joli, à l'image de sa pochette accueillante et apaisante, et il se termine sur un instrumental (chose peu fréquente chez Joni), Tiger Bones, qui compte parmi les plus beaux instrumentaux que j'ai pu écouter. Sobre, simple, mais parfaitement agréable, il donne envie de réécouter l'albuum illico. On y trouve d'ailleurs de très belles choses, comme le morceau-titre, Man From Mars, Harlem In Havana ou My Best Of You. On passera en revanche sur le cas d'une des plus mauvaises chansons de Joni, une de ses rares mauvaises chansons par ailleurs, Lead Balloon, qui est irritante au possible et fait un peu tache sur cet album. C'est la seule chanson ratée de cet opus 1998 dans l'ensemble réussi, même s'il m'a quand même pas mal déçu après les précédentes livraisons, bien plus solides. On ne peut quand même pas parler de disque mineur, mais, pour le coup, je pense que Joni a été un peu surprise du succès du précédent opus (qui avait récolté un Grammy Award) et a cédé à un peu de facilité. De sa part, c'est aussi rare que presque choquant. Mais Taming The Tiger est tout de même d'un très bon niveau, rien de grave !

Harlem In Havana

Man From Mars

Love Puts On A New Face

Lead Balloon

No Apologies

Taming The Tiger

The Crazy Cries Of Love

Stay In Touch

Face Lift

My Best Of You

Tiger Bones