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Et oui, le cycle Joni Mitchell se poursuit encore ! J'en suis le premier surpris, les mecs (emporté dans mon élan...), mais qui va se plaindre ? Bon, on en était où ? Attendez que je rembobine un peu...Ah ! oui, Night Ride Home, sorti en 1991, quatrième album de Joni sur le label Geffen Records (son dernier sur ce label, aussi) et son 15ème album tout court (en comptant le live de 1974). Un excellent album, ce cru 1991, d'ailleurs, rien que Come In From The Cold et Cherokee Louise en font un des plus recommandés. On peut dire que depuis 1982, les albums de la Canadienne, sortis chacun avec un gap de trois ans entre temps, ne sont pas tous extraordinaires (Dog Eat Dog et sa production datée), mais bon, dans l'ensemble, on l'a échappé belle, ça aurait vraiment pu être pire. Après tout, il suffit de comparer les albums de Joni de cette période 1982/1988 avec ceux de, disons, Bob Dylan ou des Stones, ou de Clapton. Non, vraiment, ils ne sont pas mal du tout, et même très bien, ces albums sans doute un peu négligés. Mais Night Ride Home a vraiment marqué un retour en forme olympique. La suite ? Joni change à nouveau de label. En fait, elle revient, dès son album suivant, sorti en 1994, sur le label ayant été son premier, qu'elle avait quitté en 1971 après Blue : Reprise Records. Le label, notamment, de Neil Young son compatriote (sauf pendant une période, la même que pour Joni, où il fut sur Geffen Records lui aussi, et pour lui, ça se passera très mal, cette période des années 80...). 

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Turbulent Indigo, tel est le titre de ce 16ème album tout court, sorti donc en 1994, et produit par Joni et celui qui, la même année, passera du statut de mari à celui d'ex-mari, Larry Klein (ce qui n'empêchera pas qu'ils continueront de collaborer, le divorce s'est apparemment bien passé et ils sont restés en bons termes ; ou alors, ils savent faire la distinction vie privée/boulot). Joni a parfois conçu elle-même les pochettes de ses albums, elle n'est pas que chanteuse et auteure/compositrice, mais aussi peintre. Pour cet album, elle va inaugurer une série de pochettes, graphiquement similaires, organisées comme des galeries de peintures. La pochette de cet album la représente, à la façon du fameux autoportrait dit "à l'oreille tranchée" de Vincent Van Gogh. C'est évidemment elle qui a peint ce tableau, et les autres qui ornent le livret dépliant (offrant évidemment les paroles ; contrairement à Dylan, elle offre systématiquement les paroles dans ses albums), et la même chose pour les albums suivants, même si je ne manquerai sans doute pas de le rappeler par la suite. Turbulent Indigo est un disque court, 43 minutes (durée qui, en 1994, semblera courte, en tout cas : on est en plein dans la mode des CDs bien remplis...), et qui est dans la continuité la plus totale avec les précédents opus, en tout cas, avec le précédent direct. Production léchée, sublime, sobre et classieuse.

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L'album récoltera un Grammy Award du meilleur album pop de l'année, et sera qualifié de meilleur album de Joni depuis les années 70, ce qui en dit long. Force est de constater que Turbulent Indigo est en effet une totale réussite, de Sunny Sunday à The Sire Of Sorrow (Job's Bad Song), pure merveille de 7 minutes qui passent comme si le morceau n'en durait que 3. L'album offre notamment une chanson sur un sujet délicat, The Magdalene Laundries (on y parle de ces fameux couvents de Madeleines, qui hébergeait, et les traitaient comme de la merde, des adolescentes tombées enceintes, un film sera fait sur le sujet par la suite), on y trouve aussi Not To Blame, sur un fait divers survenu au chanteur Jackson Browne, qui fut accusé de violences conjugales, Joni prend clairement sa défense ici (que les deux aient un temps été ensemble n'y est sans doute pas pour rien ; elle sait, après tout, comment Jackson Browne peut être dans la vie de tous les jours et pense donc qu'il est impossible qu'il ait été violent envers sa femme). L'album offre aussi le génial Sex Kills, qui aborde entre autres le SIDA, mais aussi le réchauffement climatique (déjà !) et la société de consommation, est un beau bilan, bien caustique, cynique, sur notre époque, et aurait pu être un tube, il a tout du classique. Tout le disque, sur lequel on trouve notamment Wayne Shorter, Jim Keltner, Larry Klein, Michael Landau et, sur un titre (How Do You Stop), Seal, est une réussite majeure.  Je ne peux donc que, fortement, vous le conseiller. Que vaudra le suivant ? La suite, prochainement...

Sunny Sunday

Sex Kills

How Do You Stop

Turbulent Indigo

Last Chance Lost

The Madgalene Laundries

Not To Blame

Borderline

Yvette In English

The Sire Of Sorrow (Job's Bad Song)