S1

Revoilà Sting, les mecs ! On l'avait laissé, sur le blog, il y à quelques mois (c'était en novembre ; et aussi un tout petit peu en octobre), avec des chroniques d'albms globalement moyens, vire même un peu pire. En octobre, c'était Mercury Falling, assez correct au final (mais comparé à tous les albums qui précédaient, ça marquait quand même une baisse de niveau) ; en novembre, avec les deux suivants, Brand New Day et Sacred Love, le premier est franchement moyen, et le second, absolument raté. Après ce dernier opus (sorti en 2003), Sting sortira trois albums qui vont interloquer ses fans (qui vont, pour beaucoup, se retirer de la course, désespérés) : Songs From The Labyrinth en 2006, disque de musique baroque, médiévale, sorti sur le label Deutsche Grammophon, constitué de musiques signées d'un compositeur britannique du XVIème/XVIIème siècle John Dowland. L'album n'est pas mauvais du tout, je l'avais abordé ici il y à longtemps. Sincèrement, je ne me rappelle plus trop ce qu'en disait autrefois, mais c'est un disque qui sort ultra rarement de son boîtier, bien que franchement courageux et original. Surtout venant d'un artiste qui, certes, a un peu tapé dans le jazz, mais est à la base, un artiste pop/rock. En 2009, le jour de mon anniversaire de plus (le 21 octobre), Sting sort, toujours sur le même label Deutsche Grammophon (dédié au classique), If On A Winter's Night..., album de chansons hivernales et de Noël, à la sauce classique ou jazz. Là aussi, j'ai abordé le disque il y à longtemps. Un disque qui ne me plaît pas du tout, d'ailleurs. Puis, en 2010, il sort (là, en revanche, je ne l'ai pas abordé) Symphonicities, sur le même label, un disque sur lequel il reprend, à la sauce symphonique, certaines de ses chansons (avec The Police ou en solo). 

S2

Trois albums bien à part (suivis d'un Live In Berlin orchestral) qui feront sans doute désespérer certains de ses fans, qui aimeraient bien qu'il revienne à de la chanson tradtionnelle. D'autres fans ont sans doute dû apprécier ces albums originaux, audacieux, vraiment courageux, preuves de l'hétéroclicité de Sting et de son amour pour toutes les sortes de musique (une autre preuve ? Son album de 2018 avec Shaggy, 44/876, pas terrible, ceci dit). C'est en 2013, soit dix ans après le raté Sacred Love, que Sting va revenir à de la chanson. Avec un album qui servira de base pour un spectacle musical scénique monté un an plus tard (mais l'idée du spectacle vient en premier, l'album en est une sorte de bande originale). The Last Ship. Assez court (45 minutes), l'album est produit par Sting et Rob Mathes et a été enregistré notamment avec Dominic Miller (guitares), comparse de Sting depuis The Soul Cages (1991). Le coproducteur, Mathes, joue aussi sur le disque (claviers, guitare acoustique). L'album est un mélange entre jazz, rock celtique, pop et blues, et est plus ou moins conceptuel, sur la fin des chantiers navals situés dans la ville de Wallsend, dans le comté de Tyne, en Angleterre, ville où Sting a grandi, située dans la banlieue de Newcastle. C'est une sorte d'album un peu autobiographique, du moins, on y trouve des bribes de sa vie, mais c'est surtout un album sur la fin d'une certaine époque et une réflexion sur les liens familiaux, l'apprentissage de la vie et le passage du temps. Sa pochette montre Sting assis dans une forme de radoub (pour les constructions de navires). 

S3

Que dire ? Après trois albums expérimentaux/orchestraux, The Last Ship fut, j'imagine, accueilli avec soulagement par certains. Le défi était de faire mieux que Sacred Love sorti 10 ans plus tôt, et de ce point de vue-là, c'est clairement mission accomplie. L'album, pas trop long (cette durée somme toute basique est un des points forts du disque), n'est pas vraiment un retour aux sources de la pop (pour ça, son album suivant, 57th & 9th, sorti en 2016, que je ferai sans doute un jour, fera la farce), mais c'est un disque, je dois dire, aussi varié que plutôt réussi. Pas transcendant, pas génial, certains passages sont un peu ennuyeux, comme The Night The Pugilist Learned How To Dance ou August Winds, mais entre le morceau-titre (qui offre une reprise finale), Dead Man's Boots, So To Speak, on a de belles chansons, parfois narratives, parfois imprégnées de celtique, parfois totalement jazzy... Sting nous embarque (les paroles ne sont pas absentes du livret, et heureusement) dans cette histoire inspirée de la vie réelle, cette version purement audio, et plus courte, de son spectacle scénique (c'est Sting qui l'a écrit, paroles et musique, les textes ont été adaptées par Lorne Campbell). Ce n'est pas un album que je conseillerai pour découvrir Sting, mais si vous aimez cet artiste, vous pouvez y aller ; sans être exceptionnel, c'est du bon niveau, intéressant, et sa durée peu étendue le rend rarement emmerdant. 

The Last Ship

Dead Man's Boots

And Yet

August Winds

Language Of Birds

Practical Arrangement

The Night The Pugilist Learned How To Dance

Ballad Of The Great Eastern

What Have We Got ?

I Love Her But She Loves Someone Else

)So To Speak

The Last Ship (Reprise)