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Jusqu'à présent, le cycle Joni Mitchell avançait avec un article tous les trois jours. Logiquement, vu que le précédent article a été publié le 22 janvier, j'aurais dû vous en proposer un le 25. Or nous sommes le 24. Allez-y, intentez-moi un procès. Plus sérieusement, j'ai décidé d'accélérer un petit peu pour la seconde partie du cycle (qui ne proposera peut-être pas (encore que ! Avec un con comme moi, tout est possible !) tous les albums, mais une bonne partie tout de même : je pense qu'il n'y aura au final que deux ou trois albums studio qui manqueront, ils seront certainement abordés ultérieurement). Bon, où on en était ? Ah ! oui. 1979. Joni, en cette  année-là, nous offre Mingus, un disque un peu curieux et vraiment attachant, qu'elle a enregistré en 1978 avec Charles Mingus (qui voulait collaborer avec elle) et des guests de haut niveau, des jazzmen tels que Jaco Pastorius ou Wayne Shorter. L'album, qui propose des thèmes de Mingus revus avec des paroles écrites par Joni, est le dernier projet du légendaire contrebassiste (qui était dans un état de santé assez mauvais, à l'époque), qui mourra en début d'année 1979. L'album sort quelques mois plus tard, et lui est dédié, évidemment. C'est le dernier album studio de Joni pour le label Asylum (ensuite, elle fera un live, qui sera son dernier tout court sur Asylum), sur lequel elle était depuis 1972. Elle va passer sur le label Geffen Records, label qui, comme Asylum, fut fondé par David Geffen, un des magnats de l'industrie du disque (et désormais, du cinéma). En fait, c'est presque comme si elle ne changeait pas de label, mais que c'est le label qui changeait de nom ! Ce n'est pas le même label, mais plusieurs artistes autrefois sur Asylum passeront sur Geffen par la suite (Eagles, notamment).

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Le nouvel album de Joni, elle qui avait jusque là l'habitude d'en offrir un par an (sauf en 1973 et 1978) depuis ses débuts, se fera un peu attendre. Ce n'est qu'en 1982 qu'elle va le sortir, et probablement aussi (aucune date n'est indiquée quant à l'enregistrement), l'enregistrer, à Hollywood. De même que certains de ses précédents opus (et notamment Mingus), c'est une peinture qu'elle a elle-même signé qui orne sa pochette. Joni y est représentée nonchalamment adossée à une TV allumée diffusant une image (peinte aussi) de chevaux en plein galop. Au verso, ses chaussures sont balancées au sol. L'album s'appelle Wild Things Run Fast et est produit par ses propres soins, encore une fois. Il est court 36 minutes (11 titres) et est, au total, son onzième album studio (et 13ème tout court). L'album a été enregistré avec  une foule de musiciens de grande renommée ou de grand talent, citons (parfois, ils ne jouent que sur un seul titre), Wayne Shorter, Larry Williams, John Guerin, Larry Carlton, Steve Lukather, Don Alias, Vinnie Coialuta, Victor Feldman, Larry Klein... Niveau choeurs, James Taylor, Lionel Richie. Concernant Larry Klein (basse), c'est la première fois que ce musicien collabore avec Joni. Bientôt, il fera mieux que de collaborer avec elle : les deux se sont en effet mariés en 1982... 

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Que dire au sujet de cet album ? Wild Things Run Fast est un disque qui détonne par rapport aux précédents albums de Joni. Elle qui était passé d'une folk-rock un peu intimiste à du jazz-rock (et, pour Mingus, à du jazz, tout court), vire, ici...à de la pop. Tout simplement. Oui, de la pop ! C'est un fait, Joni, ici, semble s'être totalement lâchée, un peu comme les chevaux sauvages sur la télé de la pochette, un peu comme le titre ("les choses sauvages courent vite"). C'est un disque très commercial, très accessible, et qui, au premier abord, pourra sembler inférieur aux précédents, rapport à ça. Comment, en effet, un disque aussi pop, parfois effréné (le morceau-titre, Underneath The Streetlight, sur lesquels la Canadienne chante avec une joie puérile), pourrait-il être du même acabit que The Hissing Of Summer Lawns ou For The Roses ? Ce n'est évidemment pas le même genre, mais je peux vous garantire que Wild Things Run Fast, pour étonnant qu'il est, n'est vraiment pas un mauvais album. Au contraire, sans être un de ses sommets, c'est un de ses plus appréciables, on l'écoute comme un petit bonbon musical 80's, très très bien produit, et les chansons sont, toutes (Chinese Café/Unchained Melody, Be Cool, Moon At The Window, You Dream Flat Tires...et cette étonnante reprise de (You're So Square) Baby I Don't Care) des réussites. Premier des quatre albums sortis sur Geffen, cet opus de 1982 est donc un très bon cru. Que vaudra le suivant ? Réponse dans quelques jours...

FACE A

Chinese Café/Unchained Melody

Wild Things Run Fast

Ladies' Man

Moon At The Window

Solid Love

FACE B

Be Cool

(You're So Square) Baby I Don't Care

You Dream Flat Tires

Man To Man

Underneath The Streetlight

Love