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Et voilà, c'est fini. Le cycle (auquel MaxRSS à contribué indirectement, vu qu'il avait, il y à un an, abordé trois de ces albums) consacré aux albums de Catherine Ribeiro + Alpes, groupe de rock progressivo/expérimental français, cycle assez court parce que seulement constitué de 9 albums (pas ma faute s'ils n'en ont pas fait plus, merde !), et que j'ai réparti sur un album tous les deux jours pour faire un peu durer, s'achève ici. On a parlé récemment du huitième et donc avant-dernier opus de Ribeiro, sorti en 1979, Passions. Un album nettement inférieur, en qualité, aux précédents opus (globalement, tous, remarquables, certains même étant absolument quintessentiels), on sentait une petite baisse de niveau, et les arrangements (clarinette, saxophone, violon) n'étaient pas toujours super adéquats. Mais rien de grave non plus, l'album a beau être, à ce moment, le moins bon, il n'en demeure pas moins loin d'être raté. C'est juste qu'après tant de réussites, d'affilée, on a le droit de se sentir un peu frustré. Il reste donc un album à aborder, un disque sorti en 1980 sous une pochette rose pâle montrant Ribeiro, en trois fois. L'album s'appelle La Déboussole, chouette titre, et dure 38 minutes, pour 8 titres. L'album récoltera le Grand Prix de l'Académie du disque Charles-Cros, récompense partagée avec des albums tels que le premier Peter Gabriel, le Ummagumma de Pink Floyd ou le Alertez Les Bébés ! d'Higelin. 

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Les morceaux sont, hormis le dernier (une nouvelle version, assez dévastatrice, de Paix, initialement un morceau de 1972 issu de l'album du même nom) qui dure quasiment 12 minutes, assez courts. On a encore une fois affaire à des textes férocement engagés, libertaires, provocateurs, mais, musicalement, La Déboussole offre des sonorités bien moins abrasives ou lugubres que les précédents opus. C'est presque funky, presque pop/rock, quasiment plus progressif et absolument plus expérimental. On comprend pourquoi c'est ce disque et pas un autre de Catoche qui a obtenu la récompense citée plus haut. Cet album est nettement, très nettement plus accessible que les autres, c'était déjà le cas de Passions, mais là, un plateau supérieur a été atteint. Et vous voulez que je vous dise  ? Je pense que, définitivement, Passions restera le maillon faible de la discographie alpine. Ce qui veut dire...? Oui, que La Déboussole est meilleur, en effet. Bon, ce n'est tout de même pas un immense album, et il s'agit du second moins bon disque de Ribeiro + Alpes, mais c'est tout de même nettement meilleur, je trouve, que le précédent. Et ce, malgré La Vie En Bref, premier mrceau, dont les arrangements funky font un peu mal aux oreilles (surtout si on les a habituées, ces oreilles, au rock expérimental des précédents opus de Catherine).

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Je me suis dit, en écoutant ce premier morceau, si tout est comme ça, je l'écoute une fois, et puis je le range dans le coffret intégrale et je m'efforce d'oublier son existence (au disque, pas au coffret). Mais heureusement, soit c'est l'oreille qui s'habitue, soit les arrangements sont moins putassiers, mais la suite de l'album est plus appréciable. Tout n'est pas extraordinaire (La Grande Déglingue, La Parole Est A La Victime), mais l'album mérite quelques kudos, surtout qu'il se termine sur cette relecture modernisée (la partie vocale, exténuante à la fin, est plus importante que sur la version originale) de Paix, qui achève l'album, et la discographie du groupe, en totale apothéose. J'ai envie de dire que rien que pour cette deuxième version de Paix, La Déboussole vaut totalement l'écoute. Bref, au final, on peut parler d'une discographie réussie que celle de Catherine Ribeiro + Alpes, avec un pic majeur en 1972/1975. Si vous avez les oreilles aventureuses et la rage au coeur, ça devrait vous parler !

FACE A

La Vie En Bref

Voyage Au Fond De L'Amour

La Grande Déglingue

Ne Pas Partir - Ne Pas Mourir

Dis-Moi Qui Tu Embrasses

FACE B

La Nuit Des Errants

La Parole Est A La Victime

Paix 1980 : 

a) Prélude

b) 1er Mouvement

c) 2ème Mouvement

d) 3ème Mouvement