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Deux albums, et déjà, rien de négatif à dire : pas de doute, la carrière de Joni Mitchell démarre bien. Le contraire aurait été étonnant : la canadienne possède vraiment un talent monstre, un génie pourrait-on dire. Oui, on peut le dire. Mélodies sublimes, paroles à tomber (inspirées de sa vie, ou pas), sens des arrangements... Clouds, le deuxième album, sorti en 1970 et en grande partie produit par Paul A. Rothchild (Doors), offrait quelques uns des premiers gros classiques de Joni : Both Sides, Now, I Don't Know Where I Stand, Chelsea Morning. Entre le reste de 1969 et le début de 1970, elle va enregistrer son troisième album, aux studios A&M de Los Angeles, où elle est installée. Cette fois-ci, elle sera seule à la production de ce troisième opus sorti en avril 1970 sous une belle pochette en partie colorée, représentant une Joni subtilement dessinée au crayon et, sous-elle, un dessin bien coloré représentant une maison. Long de 45 minutes pour 12 titres, l'album s'appelle Ladies Of The Canyon (le canyon du titre est Laurel Canyon, un quartier de Los Angeles) et encore une fois, l'album est rempli je ne dirai pas de hits, mais de classiques. C'est un album qui, pour Joni, va la voir atteindre un autre plateau. Clairement, il y à un avant et un après ce troisième opus.

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Après deux disques très sobres (on avait juste Stephen Stills à la basse, parfois, sinon c'était Joni sa guitare, son piano, et c'est tout), Ladies Of The Canyon montre Joni entourée de musiciens. Pas un groupe de rock non plus : on a des cuivristes (Jim Horn au saxophone baryton, Paul Horn à la clarinette et à la flûte), Teresa Adams au violoncelle, Milt Holland aux percussions, et sur le dernier titre, The Circle Game, The Lookout Mountain United Downstairs Choir aux choeurs. Mais ça reste encore sobre, beaucoup de morceaux (Blue Boy, The Priest, Morning Morgantown...) restent dans la veine des chansons des deux précédents opus. Comme je l'ai dit, l'album comporte un petit paquet de classiques : Willy, sublime chanson, parle de Graham Nash, avec qui Joni vivait une belle histoire d'amour à l'époque. The Circle Game est inoubliable. Big Yellow Taxi, qui sera repris ou samplé par plein de gens (et notamment Bob Dylan qui en fera un vrai massacre...). Et Woodstock, offerte à Crosby, Stills, Nash & Young pour leur Déjà-Vu de 1970, audible aussi dans le film Woodstock de Wadleigh, en musique de générique. Joni Mitchell devait participer à Woodstock, ou en tout cas, s'y rendre, elle n'en fera rien, refusant de monter dans l'hélicoptère pour se rendre sur les lieux. Elle a suivi l'évênement par télévision interposée, dans une chambre d'hôtel ou chez elle, et écrira cette chanson magistrale, baignée d'un sublime piano électrique, en commémoration.

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Ladies Of The Canyon offre aussi Rainy Night House, le morceau-titre ou The Arrangement, autant de chansons qui forcent le respect. Les thèmes de l'album (relations amoureuses, dépiction de la génération Woodstock...) sont bien dans l'air de leur temps, mais la production, sobre et sublime, n'a pas pris un seul coup de vieux. Si vous aimez la folk, la bonne folk (et folk-rock), il me semble difficile de passer à côté de Joni Mitchell et de cet album éclatant et délicat. Un essentiel absolu, un des meilleurs albums de cette magistrale artiste !!

FACE A

Morning Morgantown

For Free

Conversation

Ladies Of The Canyon

Willy

The Arrangement

FACE B

Rainy Night House

The Priest

Blue Boy

Big Yellow Taxi

Woodstock

The Circle Game