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Ce cycle Rod Stewart (qui s'arrêtera à son album de 2001, il en a fait d'autres depuis, mais qu'ils aillent se faire foutre, ses albums suivants) est en train de virer au massacre catégorisé. Sincèrement quand je repense à Out Of Order, le précédent opus du cycle, j'ai envie d'éternuer. Rarement un album aura aussi bien porté son titre ("hors d'usage") tellement le Rod, sous production signée en partie d'un ancien Duran Duran (mon Dieu, mais faites quelque chose pour lui, achevez-le, c'est plus possible...), semblait, ici, au bout du rouleau de PQ. Je ne veux plus jamais écouter un pareil truc. Même en fond sonore d'une journée de bricolage, c'est insupportable. Le Rod a sorti ce disque épouvantable en 1988. Il ne refera pas un album studio avant 1991. Dans l'intervalle, il sort un best-of sur lequel aucun titre de Out Of Order n'est présent (bravo la promotion foirée), puis un coffret anthologique. Et en 1991, donc, il sort son seizième album studio, un disque assez long, 54 minutes dans sa version 12 titres que j'aborde ; une version avec deux morceaux supplémentaires, faisant passer le tout à plus d'une heure, existe aussi ; ces morceaux sont une reprise du Downtown Train de Tom Waits et une nouvelle reprise, car il l'avait déjà reprise en 1975, de This Old Heart Of Mine, nouvelle version faite avec Ronald Isley, un des Isley Brothers qui avaient fait la version originale de la chanson en 1965. Ce nouvel album de Rod s'appelle Vagabond Heart.

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L'album est produit par six noms différents. En fait, ça varie selon le morceau, tout simplement, mais citons les producteurs : Rod Stewart lui-même, Bernard Edwards (de Chic, qui avait déjà coproduit le précédent opus), Lenny Waronker, Patrick Leonard, Richard Perry (qui a notamment produit Ringo Starr, Harry Nilsson...) et Trevor Horn. Vous vous en êtes peut-être déjà rendu compte en allant vérifier, mais Vagabond Heart n'est pas dans la catégorie des ratages musicaux, il n'y à même pas le tag. Et ce n'est pas une erreur de ma part. Sincèrement, même s'il n'arrive pas à la cheville des albums de 1970/1977, ce cru 1991 est assez sympathique et loin d'être raté. On est ici en présence d'un album, essentiellement, de rock FM, bien calibré, assez bien produit. Malgré le nombre effarant de producteurs, l'album est assez cohérent, il sonne pareil du début à la fin, et offre aussi bien des chansons calmes (Have I Told You Lately, reprise de Van Morrison, et When A Man's In Love sont même assez soupasses, en fait) et d'autres plus énergiques, comme Rebel Heart, Rhythm Of My Heart ou cette reprise, avec Tina Turner, du It Takes Two de Mickey & Sylvia. 

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L'album offre aussi une reprise, assez bonne, d'une chanson de Robbie Robertson, Broken Arrow (qui n'a évidemment rien à voir avec la chanson de Neil Young portant le même nom). Il offre une série de chansons qui, aucune, ne méritent d'entrer dans le Panthéon du rock, ni parmi les meilleures du chanteur, mais qui, après une série d'albums franchement déplorables, font quand même un peu de bien. Après une telle série de merdes, on commençait à désespérer, concernant Rod, aussi un album tel que Vagabond Heart, malgré qu'il soit au final plutôt moyen (on n'aura pas envie de s'y replonger aussi souvent que pour Never A Dull Moment ou Atlantic Crossing), a quelque chose de miraculeux. En espérant que ce retour en grâce (qui, à sa sortie, fut vécu comme tel par la presse spécialisée, qui reconnaîtra clairement que le Rod revenait en assez bonne forme, s'était sorti les doigts du trou) ne soit pas momentané. On verra pour le suivant, qui sortira en 1995. Le Rod sait désormais se faire attendre, lui qui, autrefois, livrait un album par an...

Rhythm Of My Heart

Rebel Heart

Broken Arrow

It Takes Two

When A Man's In Love

You Are Everything

The Motown Song

Go Out Dancing

No Holding Back

Have I Told You Lately

Moment Of Glory

If Only