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Ah la la la la la la, je suis bien embêté... Pourquoi ? Parce que me voilà encore une fois, et c'est pas fini, à parler ici d'un album de Rod Stewart que j'ai rangé dans les ratages. Bon Dieu, quand je pense que j'ai réussi à survivre à l'écoute de Body Wishes et Camouflage, et à la rédaction de leurs chroniques, j'en ai encore des frissons. Deux albums vraiment à chier des horloges comtoises. Heureusement que l'album qui suivait, le dernier abordé, Every Beat Of My Heart, sans être une réussite (oh que non, loin de là même), était d'un niveau un petit peu supérieur, suffisamment pour redonner un peu espoir en la bestiole péroxydée. Bon, c'était vraiment pas Byzance, hein, mais on avait quand même deux-trois morceaux qui, en dépit de poncifs et d'une production terriblement datée (pourtant signée Bob Ezrin), on était en 1986 après tout, étaient corrects. Il est maintenant temps de parler du successeur de Every Beat Of My Heart. Il est sorti deux ans plus tard, donc en 1988, ce qui augure de quelques soucis auditifs (production datée, ce genre). Il est coproduit par Rod Stewart, Andy Taylor et Bernard Edwards. Il s'appelle Out Of Order. Sa pochette représente Rod assis à califourchon sur une chaise, tête baissée, bras croisés, comme exténué, en pleine déprime (s'il a lu les chroniques sur ses précédents albums, ça peut s'expliquer).

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On dirait la pochette du Chatterton de Bashung (1994), un peu ! Ou comment parler du Bash' sur une chronique d'un album 80's de Rod... Bon, sinon, au verso, il a l'air d'aller mieux, on lui a remis des piles neuves ou une charmante groupie l'a sucé un peu, je ne sais pas, mais il a le sourire. L'auditeur, lui, est-ce qu'il l'aura, le sourire, en écoutant cet album ? Lequel album dure 51 minutes, son plus long album studio à l'époque (et il y aura plus long encore par la suite).

Sincèrement...Non.

Première chose à dire, outre cette pochette peu réussie (cette couleur et ce lettrage pour son nom...Ca fait Duran Duran...et d'ailleurs, à propos...), c'est la production. Elle est pourrie de chez pourrie, il faut monter le son assez fort, l'album n'ayant probablement pas été remastérisé depuis le traité de Saint-Clair-Sur-Epte et ça s'entend, si on peut dire. Bienvenue en 1988. On a l'impression d'avoir oublié une boule Quiès. Une seule, oui, parce que sinon, on n'entendrait rien, mais on se sentirait mieux. Quand on lit les noms des producteurs, on a certes Roddy, on a Bernard Edwards de Chic, OK... Et Andy Taylor ? Un membre de Duran Duran (tiens, on en parlait pas ici, rapidement, il y à deux-trois lignes ?J'en ai bien peur...). Lequel joue de la guitare sur l'album et a cosigné 5 titres, presque la moitié de l'album (et comme, sur les 11 titres, on a deux reprises, ça fait 9 chansons originales, donc il a en fait signé plus de la moitié de l'album). Les reprises, ah la la... Try A Little Tenderness, popularisée autrefois par Otis Redding ; et Nobody Knows You When You're Down And Out, de Jimmy Cox, autrefois reprise par Derek & The Dominoes/Clapton, notamment. Ici, ces deux chansons immortelles sont violées analement par derrière, matraquées à coups de batte de base-ball cloutées et incendiées à l'essence à briquet alors qu'elles gigotent encore un peu. 

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Le reste de l'album est d'un niveau tel qu'il ferait presque regretter Camouflage, qui était pourtant tellement épouvantable qu'une seule écoute suffit, à vie. Là, c'est franchement presque un peu plus beacoup très trop pire. Rod n'a plus la niaque, il ne convainc plus personne désormais, et les chansons, dans l'ensemble ratées (Forever Young, qui sera un hit mineur, à la rigueur, est sauvable. Mais le reste...et il y à eu 5 singles tirés de cet album...), sont de plus totalement minées par cette production terriblement datée, qui sent bon le moisi. Je ne peux décemment conseiller l'écoute d'un pareil foirage. A noter que l'année suivante sortira un nouveau best-of du chanteur, sur lequel, ô surprise, aucune chanson de l'album ne se trouve, ni aucune des deux précédents (ah si, le morceau-titre du précédent y est bien). Puis sortira un coffret anthologique et une version digest du coffret. L'album studio suivant, que j'aborde prochainement, ça sera en 1991. Sera-t-il meilleur, ou pire ? Ah, on verra bien...

Lost In You

The Wild Horse

Lethal Dose Of Love

Forever Young

My Heart Can't Tell You No

Dynamite

Nobody Knows You When You're Down And Out

Crazy About Her

Try A Little Tenderness

When I Was Your Man

Almost Illegal