SOC1

Une artiste bien à part, cette Sinéad O'Connor. Que l'on aime ou que l'on déteste, on ne peut pas dire, en tout cas, qu'elle laisse indifférent. En même temps, elle n'a strictement rien fait pour. Déjà, elle est Irlandaise (née vers Dublin, en 1966), et pas Britannique ou Américaine, donc, sa nationalité, déjà, fait qu'on la remarque, non pas que ça soit follement original ou rare d'être irlandais, dans le monde du rock (U2, Van Morrison, Thin Lizzy, pour ne citer qu'eux...), mais bon, ça fait déjà un point. Ensuite, son look : crâne rasé, ce qui est assez atypique pour une femme. Et puis, ses prises de position, ses actes, qui sont assez radicaux (un long texte, dans le livret de son album Am I Not Your Girl ? de 1992, que j'aborderai prochainement, dans lequel elle raconte les abus sexuels dont elle fut victime enfant ; une photo du Pape Jean Paul II déchirée, live, à la TV américaine, en clamant voici l'ennemi à abattre...sa conversion à l'Islam en 2018 et sa nouvelle identité, à la suite de ça, il faut désormais l'appeler Shuhada' Sadaqat, et avant ça, en 2017, elle avait déjà changé pour Magda Davitt)...Si on y rajoute ses déclarations parfois choc sur la religion, et quelques faits divers (elle aurait temporairement disparu il y à un an environ, avant de refaire surface, ce genre...), inutile donc de le dire : Sinéad O'Connor est à part.

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Comme pas mal de monde, j'ai découvert la Sinéad via sa reprise du Nothing Compares 2 U de Prince, sur son deuxième album I Do Not Want What I Haven't Got de 1990, lequel album est absolument magnifique. Cette chanson est superbe (elle passe encore régulièrement à la radio, on peut parler de vrai classique la concernant) , mais l'album en est rempli, de chansons superbes : The Last Day Of  Our Acquaintance, I Am Stretched On Your Grave (qu'elle entonne telle une banshee, à filer des frissons), Feel So Different, Black Boys On Mopeds... Mais on est là pour parler de son premier album, en fait. Lequel sort en 1987 sous une pochette la montrant, déjà skinhead, en train de hurler, un sourire dans le regard, un peu frénétique. Ce premier opus, produit par Sinéad elle-même et Kevin Mooney, s'appelle The Lion And The Cobra. Il n'est pas très long, 42 minutes, mais parfois, il n'y à pas besoin de plus. Si le deuxième album est certainement son meilleur, The Lion And The Cobra (le titre provient de la Bible, Psaume 91:13), qui bénéficie de la participation amicale d'Enya dans l'intro de Never Get Old (elle y prononce, en gaëlique, un extrait du même Psaume 91 dont le titre de l'album est tiré) n'est probablement pas loin derrière.

SOC2

Les 9 morceaux de ce premier album, dont Mandinka et Troy qui sont sortis en singles (I Want Your Hands (On Me) aussi a eu droit à un single) sont toutes de pures meveilles sur lesquelles la voix de O'Connor, qui passe souvent de la douceur à la hargne, fait des étincelles. Les thèmes des chansons sont sans équivoque : sexualité, religion, et notamment le catholicisme, oppression sociale, fierté d'être Irlandaise, anti-brittannisme... Sinéad O'Conner n'est pas vraiment le genre de personne à chanter des roucoulades sur que c'est bon de se promener au frais soleil d'avil dans la campagne. Pas la peine de suivre les paroles des chansons (de toute façon, le livret CD ne les propose pas, du moins, l'ancienne édition de chez Ensign qui, comme souvent chez ce label - Waterboys... -, souffre d'une qualité audio un peu moyenne, la version non remastérisée nécessite qu'on mette le son assez fort pour bien apprécier la musique). Des chansons comme Jerusalem, Just Call Me Joe, sont sublimes, faisant de ce premier opus, très remarqué à l'époque (le look et la personnalité de son auteure n'y étant pas pour rien), une belle réussite, relativement méconnue (elle reste vraiment la chanteuse d'un tube et d'un scandale). A (re)découvrir. 

Jackie

Mandinka

Jerusalem

Just Like U Said It Would B

Never Get Old

Troy

I Want Your (Hands On Me)

Drink Before The War

Just Call Me Joe