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C'est Noël ce soir ! Afin de célébrer tout ça, je lance aujourd'hui un cycle consacré aux albums de Joni Mitchell. Pas tous ses albums, mais ceux allant de son premier jusqu'à Mingus en 1979 (j'en profiterai pour réaborder les quatre derniers du cycle, qui avaient déjà été chroniqués ici, en 2012 pour l'un, en 2017/2018 pour les autres). Plus un live, youpi !! Et plus un album plus récent que le reste aussi, je pense, youpi !! le retour. Joni Mitchell, il était temps que 'on parle enfin de ses albums ici (hormis les quatre déjà abordés, évidemment), parce que la dame possède un talent fou, un talent dingue (ce qu'elle serait la première à dire tout haut, car il paraît qu'elle aurait une très, très haute opinion d'elle-même, au point d'en avoir chopé, dans les années 70, une de ces réputations de peau de vache hautaine, snob et méprisante...tout est dans son visage, en même temps, pourrait-on dire, elle est plutôt du genre réfrigérante, sans doute ses lointaines origines scandinaves). Née dans la province du Saskatchewan, au Canada anglophone, Joni s'appelle en réalité Roberta Joan Anderson. Joni, c'est pour Joanie, son petit nom. Et Mitchell ? Bah, parce qu'elle a, en 1965, épousé un chanteur folk du nom de Chuck Mitchell, mariage qui ne durera pas longtemps, mais elle a conservé le nom, parce que Joni Mitchell, ça sonne mieux que Joni Anderson, sans doute. Joni a commencé sa carrière en 1968 avec cet album, sorti à la base sans titre (Joni Mitchell), par erreur de la maison de disques, Reprise, alors que le titre de l'album, Song To A Seagull, est pourtant clairement visible sur la pochette recto, bande de cons chez Reprise, c'est pas possible...

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Long de 38 minutes, ce premier opus est produit par David Crosby (avec qui Joni aura une petite aventure ; elle papillonnera pas mal, d'ailleurs, durant toute sa vie et sa carrière). Elle tient la guitare et le piano, un certain Stephen Stills joue de la basse sur Night In The City, Lee Keefer est crédité comme banshee (??? Sacrée Joni, va...). L'album est découpé en deux parties, une par face du vinyle (rien que pour ce genre de choses que ce format permet par rapport au CD, j'aime le vinyle...), chacune des parties est titrée : I Came To The City pour la face A, Out Of The City And Down To The Seaside pour la face B. 5 titres par face, 10 titres en tout, tous baignent dans une atmosphère chaleureuse et intimiste, production minimaliste et idéale pour ce genre d'album (il a cependant été nécessaire, et ça a coûté cher, de remanier les bandes en studio après coup ; Crosby avait eu en effet l'idée de mettre plein de micros pour bien capter la voix et la guitare de Joni, mais ça a aussi eu comme souci de capter tous les bruits de fond, qu'il a fallu virer en post-production). Song To A Seagull est un sublime premier album, qui offre déjà plusieurs classiques mitchelliens : I Had A King, dans lequel Joni revient sur son mariage, Night In The City, Cactus Tree, le morceau-titre, Marcie...

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Sous sa sublime pochette bien dans l'air de son temps, Song To A Seagull permet déjà de constater le talent dingue de Joni Mitchell pour le songwriting, c'est une des meilleures songwriters de sa génération, et elle ne cessera, durant toute la décennie 70, d'offrir des albums, des chansons mémorables, que vous allez tous découvrir, ou redécouvrir, dans les jours à venir sur le blog. Ce premier opus est une incontestable réussite sur laquelle je ne vois, personnellement, rien à retirer, aucune mauvaise chanson, aucune chanson moyenne. Une chose à se dire, cependant, histoire de bien donner envie d'écouter les suivants : bien que réussi, ce premier album est sans doute le moins époustouflant des albums de Joni Mitchell. Ce n'est que le début de sa carrière, un début remarquable certes, mais ses grandes chansons restent encore à venir. Certaines existaient déjà à l'époque, chantées par d'autres (Chelsea Morning, I Don't Know Where I Stand, toutes deux par Fairport Convention ; Chelsea Morning et Both Sides, Now par Judy Collins ; The Circle Game par Tom Rush...), avant qu'elles ne les enregistre elle-même. Mais ça, ça sera pour le prochain album, en ligne dans quelques jours !

FACE A (I Came To The City)

I Had A King

Michael From Mountains

Night In The City

Marcie

Nathan La Franeer

FACE B (Out Of The City And Down To The Seaside)

Sisotowbell Lane

The Dawntreader

The Pirate Of Penance

Song To A Seagull

Cactus Tree