RS13

Après un Body Wishes calamiteux en 1983, c'est peu dire que je n'avais pas spécialement envie de savoir quel serait le niveau de son successeur. Je ne sais pas trop, mais au fond de moi, je sentais comme une odeur suspecte sortir de la pochette cartonnée (je possède en effet un coffret de 14 CD proposant les albums studio de Rod, de 1975 ) 2001, période Warner, et chaque disque est glissé dans une pochette cartonnée, aucun livret, cheap, mais bon, vu le prix...), une odeur de merde de castor grillée et arrosée de pisse de cerf en rut. Bref, ça ne sentait pas bon du tout, mais, comme je me suis engagé à aborder ces albums sur le blog un à un, il me fallait l'écouter ce successeur de Body Wishes. Sorti en 1984 (déjà, ça s'annonce mal, me direz-vous, et en effet), cet album s'appelle Camouflage, et sa pochette...non, je ne vais pas en parler, de sa pochette, on est à deux jours de Noël, je ne veux pas être vulgaire à cette époque de l'année (mais je sens que, que je le veuille ou non, je serai vulgaire avant la fin de la chronique...je me connais, que voulez-vous). L'album offre 8 titres, ce qui est peu, et autant le dire, c'est un des albums les plus courts de Rod Stewart, il ne dure, en effet, que 37 minutes. Je peux me gourer, mais il me semble que, de tous les albums que j'aborde dans le cycle, c'est le seul à ne pas atteindre 40 minutes. Ce qui n'est pas pour me déplaire.

RS14

Oh bon Dieu, les mecs, je ne sais pas quoi dire. Camouflage est...est...une sombre merde, voilà. Ce treizième album studio de Rod The plus si Mod a été produit par Michael Omartian (qui a bossé pour et avec des gens tels que Michael Bolton, Christopher Cross, Cliff Richard...) et il possède des sonorités tellement écrasantes de pourritude 1984 qu'il en est presque caricatural. Tout est là ou presque : synthés qui sentent à peu près aussi bon qu'un vieux cacos Marque Repère oublié au fin fond d'un frigo débranché, guitares hargneuses et putassières (pourtant, on note, sur trois titres - Infatuation, Bad For You, Can We Still Be Friends, la présence de Jeff Beck qui signe les soli de guitare ; Jeff Beck, l'ancien compère du Jeff Beck Group), batterie qui fait schploummmbaff...Et les morceaux... Sur AllMusic, cet album a été comparé avec le précédent, Body Wishes, et jugé un peu meilleur, en raison de la présence de morceaux plus solides comme Infatuation et Some Guys Have All The Luck. Mais où l'auteur de la chronique (Stephen Thomas Erlewine, tout de même) a-t-il trouvé que ces morceaux, et surtout le second cité, étaient meilleurs que les meilleurs de Body Wishes (autrement dit, que Baby Jane et le morceau-titre) ? 

RS15

Et que dire de cette reprise à vomir des dictionnaires du All Right Now de Free ? De celle du Can We Still Be Friends de Todd Rundgren ? Ou que dire de Trouble, du morceau-titre ? Tout est absolument nul à chier sur cet album heureusement très court, et tellement épouvantable qu'il transforme Body Wishes en chef d'oeuvre en péril. A ce niveau du cycle, alors qu'il me reste six albums à chroniquer, je commence vraiment à me dire que le meilleur de Rod Stewart est comme l'avenir de celui qui, dans le sketch de Pierre Dac, fera demi-tour : dans son dos. Vous n'avez pas pigé la référence ? C'est que vous êtes trop jeunes. Peu importe, en fait ; dans l'absolu, faites-moi confiance, oubliez l'existence de cet album épouvantable !!

FACE A

Infatuation

All Right Now

Some Guys Have All The Luck

Can We Still Be Friends

FACE B 

Bad For You

Heart Is On The Line

Camouflage

Trouble