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Sorti hier, abordé aujourd'hui : ne me dites pas que je ne suis pas réactif, ou je vous file un coup de pied au cul, les mecs. Hier, 18 décembre 2020 (bah oui, vu qu'aujourd'hui, c'est le 19), sortait ce disque, le 18ème album solo studio (ce compte n'inclut pas les albums des Wings et de The Fireman, sinon, c'est le 28ème studio ; et je ne compte pas non plus ses disques de musique classique comme Ecce Cor Meum) de Paul McCartney. Champagne, caviar, petits gâteaux et belles gonzesses sous les tables : Macca ize back !!! Son précédent opus studio, on s'en rappelle, c'était Egypt Station en 2018. Au moment de la sortie de cet album, un régal de pop/rock bien charpentée, je disais, il me semble, dans ma chronique, que si jamais ça devait être le dernier album de Paulo (même s'il est en très bonne forme physique, il ne se fait plus tout jeune, il est né en 1942, je le rappelle), alors il aura achevé sa carrière sur une réussite (New, de 2013, était, déjà, vraiment réussi). Mais il se trouve donc, désormais, que pour réussi, terriblement réussi qu'il est, Egypt Station ne sera pas le dernier album studio de Sir Paul de Liverpool. Il y en aura au moins un autre, celui-ci, McCartney III. J'ai envie de dire que si jamais c'est celui-là le dernier (avec Paul, on ne sait jamais, même s'il a ralenti la livraison depuis des années, il est parfaitement capable d'en offrir un autre dans un an ou deux !), alors c'est d'une logique imparable. Rapport non pas au contenu musical, mais au titre.

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Le premier de ses albums solo, en 1970, s'appelait McCartney, il y jouait absolument de tout (Linda posait des voix de choeur, c'est tout). Puis il fera encore un album solo (avec des musiciens) avant de créer ses Wings, qui dureront toute la décennie. En 1980, il revient en solo, Wings définitivement séparés, et fait... McCartney II, sur lequel il joue, encore une fois, de tout. Un disque vraiment pas terrible, Coming Up excepté, mais c'est une autre histoire. Il ne refera plus, par la suite (sauf Chaos And Creation In The Backyard en 2005, à la rigueur ; Macca en parlera comme d'une sorte de McCartney III ;  mais on a quand même des musiciens dessus), d'album sur lequel il joue de tout. Jusqu'à 2020. En cette année magique qui s'achève prochainement au grand regret général (ironie, douce ironie), Macca a profité du confinement pour écrire, écrire, encore écrire et même, parfois, écrire. Et pour enregistrer, chez lui, jouant d'abord d'un instrument avant d'étoffer la mélodie, ces morceaux. Bref, pour parler vulgairement, il a fait un album, le Paulo, tout seul comme un grand de 78 ans, et nul doute que s'il n'y avait pas eu l'épidémie de Covid-19, McCartney III n'existerait pas. Il aurait sans doute écrit ces morceaux quand même, mais il les aurait enregistré avec des musiciens. Le son aurait peut-être été différent. Ni meilleur, ni pire, juste différent. Mais ce nouvel album à la pochette minimaliste (une face de dé sur le 3, logique) est fait en soli-solo. Notons les deux allusions sur la pochette, aux précédents albums estampillés McCartney : l'intérieur de pochette monte diverses photos, parfois intimistes, de Paul, comme pour celle du premier opus de 70. Et au verso et sur la tranche (CD et vinyle ; en collectionneur beatlesque, j'ai pris les deux ; Slidin' est, sur le vinyle, en fin de face A, interverti avec Deep Deep Feeling en raison de la durée de ce dernier), le cadre bleu est de la même teinte que pour McCartney II

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Je vais être clair, c'est une réussite, ce nouvel album. Enregistré, comme pour les deux autres opus, dans une période difficile (séparation des Beatles ; suite à des soucis judiciaires au Japon et à la séparation des Wings ; ici, donc, le confinement et la situation mondiale préoccuppante), cet album est un régal qui entremêle pop/folk et rock avec bonheur, et offre des morceaux qui, j'en suis sûr, figureront un jour parmi les plus belles réussites du bassiste gaucher : Deep Deep Feeling, Long Tailed Winter Bird, Seize The Day et Winter Bird/When Winter Comes (au délicieux parfum rétro). L'album n'est pas très long, 44 minutes, mais elles passent aussi vite qu'un single des Ramones tellement c'est passionnant. Ce n'est pas aussi rustique que McCartney ni aussi expérimental que McCartney II (et dans un sens, heureusement), mais il est clair que l'on est dans le même style direct, sans fioritures. Find My Bay, Lavatory Lil, The Kiss Of Venus, autant de chansons (et vraiment, Slidin' et Deep Deep Feeling, j'insiste, mais quelles chansons !) qui font de ce nouvel album de Macca, peut-être son dernier, peut-être pas, un de ses meilleurs, vraiment, et un de ses plus attachants. Incontestablement un des albums de l'année 2020. 

FACE A

Long Tailed Winter Bird

Find My Way

Pretty Boys

Women And Wives

Lavatory Lil

Slidin'

FACE B

Deep Deep Feeling

The Kiss Of Venus

Seize The Day

Deep Down

Winter Bird/When Winter Comes