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Attention, album culte, d'un groupe culte. Mais logiquement, ça devrait vous parler. D'ailleurs, j'étais persuadé d'en avoir déjà parlé ici, de ce groupe, et de cet album en particulier, leur premier, mais non : ceci est bel et bien, aussi étonnant que ça puisse paraître vu que le blog existe depuis 11 ans, le premier article sur les B-52's ici. Aaah, les B-52's, groupe américain originaire d'Athens, Georgie, la même ville que pour R.E.M. et d'autres groupes moins connus qu'eux (Of Montreal, Neutral Milk Hotel...). D'ailleurs, au sujet de R.E.M. : si jamais vous n'aviez encore jamais entendu parler des  B-52's, au moins, vous connaissez R.E.M. et leur chanson (un hit) Shiny Happy People, n'est-ce pas ? Hé bien, la voix féminine sur ce morceau (et sur leur Me In Honey aussi) n'est autre que celle de Kate Pierson, une des deux chanteuses des B-52's (la rouquine, au centre sur la pochette), aussi guitariste, bassiste et claviériste, selon les morceaux. Sinon, ce groupe est constitué aussi de Cindy Wilson (chant, guitare, percussions), Ricky Wilson (guitare, frangin de Cindy, mort en 1985 du SIDA), Fred Schneider (chant, claviers) et Keith Strickland (batterie, percussions). Formé en 1976, ils font à leurs débuts une sorte de rock que l'on pourrait qualifier de mélange entre Hawkwind et les Cramps avec, au chant, deux Yoko Ono période je chante enfermée dans un sac et un Kim Fowley guttural période Outrageous, bref, un truc assez peu commercial. 

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Sorti en 1979 sous une pochette criarde et très old school, très rétro (le nom du groupe vient des coiffures des deux chanteuses, un peu comme des bombardiers B-52), le premier album du groupe est éponyme : The B-52's, donc. En 40 minutes (pour 9 titres), sous production Chris Blackwell (patron du label Island Records sur lequel est sorti le disque en Europe), l'album, qui fut enregistré à Nassau aux Bahamas, offre déjà deux classiques du groupe : Rock Lobster et Planet Claire. Faisant partie des pionniers d'une new-wave alors encore totalement arty (au même titre que Devo), les B-52's livrent un album curieux, difficilement appréciable au premier abord malgré Planet Claire, qui réutilise le thème de Peter Gunn d'Henry Mancini pour le revamper en mode Ed Wood absorbe du LSD au Club 54. Basse virevoltante, choeurs féminins rétro, chant hargneux et presque bestial, paroles délirantes (Planet Claire has pink air, all the trees are red/Noe one ever dies there, no one has a head), on en redemande assez vite. Certains morceaux (52 Girls, Lava, qui est un morceau dantesque au possible) semblent avoir été enregistrés avec deux clones de Yoko Ono. On se foutait de la gueule de Yoko à l'époque, criant que c'était inécoutable, etc, mais on sent bien qu'elle a été une précurseuse, un modèle pour Pierson et Wilson.

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Une chose amusante, ça : tout le monde défonçait Yoko, mais quelques années plus tard portera les B-52's aux nues, louant l'originalité, parfois, des chants féminins. Alors que c'est du Yoko pur jus de fruits pressé main, rien d'autre ! Les temps, ils ont vraiment a-changé. Pour en revenir à l'album, il est, totalement, et jusqu'à son final qui offre une reprise du Downtown de Petula Clark (oui, vous avez bien lu !!), génial. Un morceau comme There's A Moon In The Sky (Called The Moon) fait très Monty Python dans son titre ("il y à une lune dans le ciel, qui s'appelle la Lune"), mais musicalement, bon Dieu de zut... Le groupe, par la suite, aura quelques autres succès (Private Idaho, Love Shack), mais je pense que ce premier opus bien sauvage et original reste leur sommet. C'est, en tout cas, le seul que je possède et, je pense, le seul que je proposerai, personnellement, ici. Dans le genre album essentiel, il se pose là, même s'il vous faudra peut-être quelques écoutes pour pleinement l'apprécier !

FACE A

Planet Claire

52 Girls

Dance This Mess Around

Rock Lobster

FACE B

Lava

There's A Moon In The Sky (Called The Moon)

Hero Worship

6060-842

Downtown