NY4

Le Loner est décidément un mec épatant : il ne cesse de nous régaler de prodigieux albums live, archivaux la plupart du temps. Beaucoup de groupes ou d'artistes feraient mieux d'en prendre de la graine (les Stones et Dylan, comme on l'a vu récemment ici, ne sont pas concernés par ces reproches). Autant le fait de voir le Loner continuer de sortir, très régulièrement, de nouveaux albums studio qui s'entassent les uns derrière les autres (au point que parfois, on ne sait plus où on en est avec lui ; ah !, c'est son dernier album studio, t'as vu ? - Ah non, il en a sorti deux autres depuis celui-ci. - Mais il est sorti il y à un an !), et qui sont, la plupart du temps, tellement moyens et même chelous qu'au bout d'une écoute, on n'a déjà plus qu'une seule envie : le ranger sur son étagère aux côtés des autres albums de Neil Young et faire comme si on n'en avait jamais entendu parler. Je pense à des albums tels que A Letter Home, Fork In The Road, Storytone, son double live Earth avec The Promise Of The Real, le groupe du fiston de Willie Nelson... Mais quand il sort un live archival, c'est toujours super, alors Neil, franchement, le prochain, c'est quand tu veux. 

NY5

Celui-ci est sorti en 2013 sous une pochette cartonnée digipack (comme à son habitude) un peu foutage de gueule (un simple feuillet de papier standard en guise de livret...), un simple CD, sans DVD accompagnateur (ce qui, chez Neil, confinerait presque à la rareté ; j'exagère un peu, mais il nous a souvent offert un DVD, audiovisuel ou purement audio, en accompagnateur de ses albums, au point d'en être chiant, parce que c'est rarement intéressant, ce qu'il y à dessus). Il a été enregistré en trois soirs (du 30 novembre au 2 décembre 1970) et six concerts, deux par soir, au Cellar Door de Washington D.C. et s'appelle, donc, logiquement, Live At The Cellar Door. Bien que constitué d'un assemblage de six prestations (qui ont sans doute toutes été enregistrées en totalité, mais la sortie d'un coffret intégrale de ces shows est à peu près aussi probable que l'intronisation de Vianney au Rock'n'Roll Hall Of Fame), ce live, à la qualité audio purement exceptionnelle, ne dure que 45 petites minutes. Je ne sais pas combien de temps durait un de ces six shows (deux par soir, je le rappelle) du Loner au Cellar Door, mais il se peut que ça durait un petit peu plus longtemps que ces trois quarts d'heure assez rikikis. Bref, c'est frustrant, vraiment. Mais comme la qualité musicale est remarquable, ce n'est pas un frein pour l'acquisition de cet album, numéroté 02.5 dans sa série des Archives. 

NY6

Seul à la guitare et au piano (plus harmonica) selon les morceaux (au début de Cinnamon Girl, il annonce que c'est la première fois qu'il interprète ce morceau seul au piano, et sauf erreur, ça sera aussi la dernière, du moins à avoir été enregistrée), Neil Young nous offre ici un condensé certes court (et faisant l'impasse sur son premier opus de 1968, et c'est étonnant que le Loner, ici, n'interprète pas Helpless), mais passionnant de son début de carrière, même s'il fait, et c'est logique (promotion oblige, l'album en question étant sorti en septembre 1970, deux mois avant ces concerts), la part assez belle à After The Gold Rush, son troisième opus solo : Tell Me Why, Only Love Can Break Your Heart, After The Gold Rush (les trois premiers titres du live, d'ailleurs), Birds, Don't Let It Bring You Down, presque la moitié de son album studio est ici présente. On a aussi du Buffalo Springfield (I Am A Child, Expecting To Fly, Flying On The Ground Is Wrong en final, avec une longue introduction dans laquelle il explique avoir exigé, contractuellement, de pouvoir au moins jouer sur un Grand Piano Steinway pour au moins un morceau, afin d'apporter un peu d'excentricité), on a Down By The River (version courte au piano) et Cinnamon Girl de son deuxième album studio Everybody Knows This Is Nowhere, et on a trois morceaux, à l'époque, inédits : Old Man (qui, deux ans plus tard, finira sur Harvest) ; Bad Fog Of Loneliness (jamais placé sur album, mais que l'on trouvait déjà sur le Live At Massey Hall 1971 sorti en 2007) ; et See The Sky About To Rain, que le Loner enregistrera en studio quatre ans plus tard pour On The Beach, et déjà bien installée (elle aussi était déjà présente sur le live de 1971 au Massey Hall, au passage). Au final, ce live de 1970, intimiste, est certes trop court, mais il reste vraiment passionnant et super agréable à écouter. Des albums comme ça, on en redemande. Ca tombe bien, dans quelques jours, je vous proposerai celui de 1971 (sorti en 2007), qui est encore meilleur à mon sens !

Tell Me Why

Only Love Can Break Your Heart

After The Gold Rush

Expecting To Fly

Bad Fog Of Loneliness

Old Man

Birds

Don't Let It Bring You Down

See The Sky About To Rain

Cinnamon Girl

I Am A Child

Down By The River

Flying On The Ground Is Wrong