RS1

Quand, il y à quelques mois, j'ai abordé le double Absolutely Live de Rod Stewart, j'ai dit que, peut-être, j'aborderai le reste de sa discographie solo, du moins, ses albums des années 78 à 2001. On m'a dit (Leslie Barsonsec pour ne pas le nommer) que je n'avais pas à m'infliger pareille épreuve. Oui, mais qui d'autre pour le faire ? Alors je me dévoue. Et puis il n'y à sans doute pas que du mauvais dedans (à l'heure où j'écris ces lignes, je n'ai pas encore tout écouté ; à l'heure où c'est publié, en revanche, c'est le cas !). J'avais d'ailleurs, il y à environ un an, abordé quelques albums de Rod The Mod, MaxRSS aussi (il nous avait régalé de ses chroniques de Gasoline Alley, 1970 et Never A Dull Moment, 1972, j'avais abordé pour ma part Smiler de 1974 et la compilation de 1973 Sing It Again Rod, ainsi que les trois premiers albums Warner : Atlantic Crossing, A Night On The Town et Foot Loose & Fancy Free, datant de 1975, 1976 et 1977 respectivement. C'est donc somme toute très logique que la suite de sa discographie soit enfin abordée ici, peu importe si tout n'est pas bon, loin de là, probablement. Le dernier album studio abordé, c'était Foot Loose & Fancy Free, de 1977, album très sympa (mais inférieur en terme de qualité aux remarquables deux précédents opus) qui offrait notamment une reprise discoïde du You Keep Me Hangin' On des Supremes et ensuite de Vanilla Fudge (le batteur de ce dernier groupe, Carmine Appice, joue sur l'album de Rod) et I Was Only Joking. L'album marquait la première tentative, encore un peu discrète, de disco pour Rod, qui va, sur son album suivant, totalement plonger dans ce courant musical alors à la mode. 

RS2

Ce nouvel album, sorti en 1978, son neuvième album studio solo, c'est Blondes Have More Fun, avec son inénarrable pochette montrant Rod, à la chevelure désormais définitivement péroxydée, serrant dans ses bras une jeune femme brune habillée en tenue léopard (au verso, une autre jeune femme, en robe léopard, blonde celle-ci, dans ses bras), sur fond bleu électrique. J'ai envie de dire que la pochette donne le ton et laisse directement penser que l'album sera un sacré massacre. Elle ne donne pas envie, cette pochette, ça fait cheesy, rigolard et nanar. De fait, Blondes Have More Fun (au verso, la mention ''Or do they...?" est une sorte de suite du titre) se taille une réputation à peu près aussi appréciable, dans le monde du rock, que celle de Lorie au sein des fans d'Iron Maiden. L'album sera très controversé à sa sortie, Rod plonge dans la disco, fallait pas, c'est un con, un vendu, un guignol, comptez pas sur moi pour acheter ses albums suivants, etc, ce genre de trucs. Mais il se vendra bien, rapport notamment au gros, gros hit Da Ya Think I'm Sexy ? qui ouvre le bal et qui passe encore régulièrement à la radio. Oui, c'est putassier à mort. Mais qui a dit que ce n'était pas efficace pour ce que c'est ? A savoir un bon gros morceau de bidoche qui fait sourire, certes caricatural, et certes, putain, c'est pas Maggie May, Sailing ou Gasoline Alley. Rod a fait mieux, il fera surtout pire. Et puis, il n'est pas le seul à s'être essayé à la disco : Kiss, Queen, Ringo Starr, les Stones, les Who (le temps d'une chanson, mais tout de même), Wings (pareil, le temps d'une chanson), il y en à d'autres, ont tous essayé. Souvent, c'était affligeant (pas trop pour Wings et le Miss You des Stones, ceci dit).

RS3

 

Rod n'a pas mieux réussi que les autres. Il n'a pas fait pire non plus. Sans aller jusqu'à défendre totalement Blondes Have More Fun, sans aller jusqu'à dire que j'adore cet album (ce n'est pas le cas), je ne le classe pas dans les ratages, parce que sans que ça soit un très bon album (si on compare avec les précédents, c'est vraiment inférieur), ce n'est pas une infâme merde, j'étais persuadé du contraire, mais non, sincèrement, c'est moyen, mais écoutable. Je me doute bien que certains albums suivants qui seront chroniqués dans le cycle (il y en aura 10 autres) seront classés dans l'infâmante catégorie des ratages, mais au moins, celui-là y échappe, sans doute un peu par pitié (parce qu'il faut bien dire que Ain't Love A Bitch, Attractive Female Wanted, et la reprise (la seule de l'album) du morceau des Four Tops Standin' In The Shadows Of Love, c'est pas terrible, surtout que les arrangements ressemblent beaucoup trop au gros hit disco cité plus haut), sans doute aussi parce que le gros hit définitivement cité plus haut est, malgré son côté putassier, vraiment fendard et sympa (plaisir coupable ? Oui ! J'assume ! Et au passage, j'adore Passion aussi, issu de l'album suivant), sans doute aussi parce que le morceau-titre et Scarred And Scared sont très correctes. Long de 43 minutes (les albums de Rod, souvent, sont compétitifs en terme de durée), ce disque produit par Tom Dowd (quatrième fois d'affilée qu'il produit Rod) sera suivi d'un best-of (le second de sa carrière, quasi exclusivement centré sur ses albums de 1975 à 1978, Maggie May de 1971 excepté) en 1979, et le suivant de ses albums studio sera, lui, publié en 1980, j'en reparle prochainement !

FACE A

Da Ya Think I'm Sexy ?

Dirty Weekend

Ain't Love A Bitch

The Best Days Of My Life

Is That The Thanks I Get ?

FACE B

Attractive Female Wanted

Blondes (Have More Fun)

Last Summer

Standin' In The Shadows Of Love

Scarred And Scared