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Encore un week-end québécois qui se profile, tabernak' ! Evidemment, ce n'est pas de Céline Dion ou de Linda Lemay(tre où je le pense) qu'on va parler, mais de celui dont on a parlé, déjà, depuis une quinzaine de jours : Robert Charlebois. Cette fois-ci c'est un album totalement mythique que je vous propose. Sorti en 1968 c'est, pour le moment, l'album le plus ancien dans le cycle Charlebois, cycle assez décousu, car ne respectant pas l'ordre chronologique des albums. Mais bon, ce n'est pas bien grave, tout ça. On avait quitté Robert Chalebois, dimanche dernier, avec Longue Distance, album de 1976 qui, tout en offrant de très bons trucs, n'en demeure pas moins l'albume le moins réussi, et de loin, que j'ai abordé de lui sur le blog. Une baisse de qualité assez flagrante, il faut le reconnaître. Et il restera encore un peu, je pense, l'album le moins réussi de Bobby le Québécois sur le blog, parce que l'album qui nous intéresse aujourd'hui, lui, fait clairement partie des sommets du chanteur. Sorti en 1968 donc, il est en fait, officiellement, un album en duo fait par Charlebois et Louise Forestier, une chanteuse québécoise. Mais tout n'est pas fait pas le duo : si Louise Forestier apparaît sur la face A (sauf le dernier morceau), la B, elle, est totalement de Charlebois en solo. L'album ne porte pas vraiment de titre : officiellement, c'est Robert Charlebois Avec Louise Forestier, mais tout le monde l'appelle du titre de sa plus fameuse chanson, et il a même, en France, été édité par Barclay (au Québec, c'est Gamma Records qui le sort) sous ce titre, qui apparaît tel quel sur la pochette (la même que pour l'édition canadienne, autrement dit celle ci-dessus, mais en France, le titre apparaît tout en haut, en centré) : Lindberg

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C'est ce titre que je vais continuer d'utiliser, c'est plus rapide. Lindberg est un album fantastique, autant être clair tout de suite. Quatrième album studio de Charlebois, il fait suite à trois albums (non, sans blague ?) assez orientés chanson folkeuse à la Félix Leclerc. Ici, le ton est résolument plus rock (Québec Love, sorti en 1969, le successeur, sera exactement dans la même veine), et franchement, et notamment sur sa face B (incroyable Engagement de 7 minutes, dinguerie totale...), assez tarabiscoté, assez allumé. Et entièrement magistral du début à la fin. Bien entendu, Lindberg, chanté en duo, est le morceau le plus connu de l'ensemble (Dolorès, par Charlebois seul, est également très connu), une chanson que Robert n'a eu de cesse d'interpréter aussi bien en concert que lors de certains de ses passages TV. Pour ne rien vous cacher, ce fut avec cette chanson (et non pas avec Je Reviendrai A Montréal, de Longue Distance, pourtant sa plus connue) que j'ai découvert le chanteur, j'étais gamin, il passait à la TV, sans doute chez Drucker ou Foucault, et je voyais ce mec à la chevelure pas possible interpréter cette chanson dont le refrain lancinant m'a bien marqué : alors chuuuuuu partiiiiiii, sur Québec Air/Transport Northern Eastern Western/Pi, Pan American. Maiiiiiis, j'sais puuuuuuuuu où chuuuuuu renduuuuuu. La chanson est sublime dans cette version originale chantée en double bleuglante. La voix de Forestier (qui ne chante rien à elle seule, toujours en contrepoint de Bobby) est parfaite.

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L'album offre aussi La Marche Du Président, remarquable, et les hilarantes Egg Generation et Joe Finger Ledoux. Sans oublier son ouverture California, et sa conclusion, Long Flight 500. Deux morceaux qui, comme Lindberg (parfois orthographié Lindbergh), sont comme autant d'appels au voyage, au déplacement, en avion. Je ne vous ferai pas l'affront de vous dire qui était Lindberg. Vous le savez déjà, et si ce n'est pas le cas, bon Dieu, quand est-ce que ça a débranché dans votre cerveau ? Sous sa pochette des plus étranges, mais bien dans la norme de son époque, Lindberg est une totale réussite de, disons, folk-rock français, parfois assez timbré (Engagement, encore, toujours... CPR Blues, aussi), parfaitement produit, l'album est super agréable même en 2020, et compte vraiment parmi les plus grandes réussites de Robert Charlebois...qui, cependant, avec plusieurs de ses albums suivants (abordés depuis quelques jours ou semaines ici), ne cessera de surprendre, et souvent, de faire au moins aussi bien, si ce n'est mieux, que ce cru 1968 déjà incroyablement réussi. Tout simplement crucial pour un amateur de chanson francophone, de rock francophone. 

FACE A

California

La Marche Du Président

Lindberg

CPR Blues

Joe Finger Ledoux

FACE B

Egg Generation

Engagement

Dolorès

Long Flight 500