71x9imiVwTLC'est fou quand même ça, non ? Comme il peut y avoir des pochettes d'albums qui en disent long...Autant sur l'artiste, que sur le personnage. Prenons le cas de celle de Weekend Warriors. Elle symbolise parfaitement ce qu'est le Nuge en tant qu'artiste : un tueur à la guitare, à tel point que, derrière, on voit l'ampli avec le cœur dans la boîte à gants mais aussi, elle montre que le Nuge est un véritable fou furieux sur scène. Mais, elle montre aussi, et là, ça n'est pas reluisant du tout, une des facettes du bonhomme. Rappelons que Nugent est un fervent défenseur du second amendement de la Constitution américaine qui autorise le port d'armes à feu, sans permis. On parle quand même d'un mec qui trique autant quand il tient une mitraillette dans ses mains que lorsqu'il porte une guitare. On parle aussi d'un mec qui est, et il ne s'en cache pas, un véritable féru de chasse. Qu'il soit petit ou gros, traquer le gibier, ça le branche à mort. Peut-être encore plus que de jouer de la musique. Et là, je me permets de citer csamsa : si Ted Nugent se sert de sa carabine comme il se sert de sa guitare, il ne doit plus rester beaucoup de gibier dans les forêts américaines. Bien vu, très bien vu... même si ses armes de prédilection sont l'arc et la flèche.

Weekend Warriors est le quatrième album de l'enfoiré et, il fait suite à ce qui est considéré (sans aucun doute unanimement) comme étant le summum de sa carrière solo. 1977, Cat Scratch Fever voit le jour. 1978, paraît la furie live qu'est le Double Live Gonzo, sur lequel était joué des morceaux des Amboy Dukes, ainsi que des morceaux de l'éponyme de Nugent, datant de 1975. Mais, aucun de Free-For-All. La tâche était donc difficile pour Nugent puisqu'il lui fallait défourailler un album un minimum solide. Après la doublette infernale précédemment citée, c'était tout, sauf gagné.

fe8dd6cb2a28ba0101e015e7ab6c29b1Tiens, pour réellement lancer les hostilités, j'ai une furieuse envie de commencer par la petite incongruité de l'album. Sur une chanson, c'est le Nuge en personne qui assure la ligne de basse. Auparavant, ça n'était arrivé qu'une fois, carrière solo et avec les Amboy Dukes, confondues. La chanson en question ? Name Your Poison. Qui, au passage, clôture le disque. Ouais, et qu'est-ce qu'elle vaut ? Sincèrement ? C'est une vraie petite tuerie. Dans le pur style nugentien. Bien calibrée, mais chargée de rage jusqu'au bout des ongles. Le solo de gratte est juste à tomber le cul par terre. Et moi, je vous le dis tout net les amis, c'est l'une des meilleures chansons du disque qui, il faut le dire, contient une sacrée chiée de réussites.

Il est maintenant temps de s'attaquer à la triplette d'ouverture. On trouve (pour ouvrir la marche) Need You Bad. Un hard-rock bourrin et speedé. C'est du Nugent pur jus. Pas original, pas intelligent. On a droit à la combo habituelle couplet/refrain, couplet/refrain et solo de guitare. Mais, sans déconner, qu'est-ce que c'est bon par où ça passe. Suit One Woman, petite tuerie en diable avec de forts relents bluesy. Moi qui suis un mordu de blues, je vous laisse deviner ce que je pense de cette chanson. Et on a elle... l'enfoirée... Je parle de I Got The Feelin'. Une petite chanson (de par sa durée) qui déchire à mort. Des solos de guitare qui tranchent bien dans le lard et, pour couronner le tout, on a droit à deux breaks. Un de basse et un de batterie. Bref, 3 minutes toutes rondes absolument parfaites. On en aurait demandé plus.

ted-nugent-20141210105644Et ensuite ? Smokescreen assure bien comme il faut, mais ce n'est pas le titre le plus fort de l'album. Tout comme la chanson titre, d'ailleurs. Good Friends And A Bottle Of Wine est vraiment excellente. Et, il y a le sommet, le vrai, le pur, le dur, le tatoué. J'ai nommé : Venom Soup. Alors oui, le titre est con comme une pine d'ours bossu des massifs pyrénéens, mais la chanson, sacrebleu d'un petit bonhomme en pain d'épices... c'est inattaquable. Sur plus de 5 minutes, on en prend plein la gueule. Ça bombarde sec de tous les côtés. Une chanson tout bonnement géante. Et je n'en dis pas plus sur ce coup là, je ferme ma gueule. Je me contenterai seulement d'un verdict bien tranché. Cette soupe de venin entre direct dans les rangs des meilleures chansons du Nuge en solo, en compagnie de Stranglehold, Free-For-All, Motor City Madhouse, Writing On The Wall, Cat Scratch Fever ou encore Wango Tango.

Mais, il faut bien le dire (malheureusement), l'album n'est pas parfait. Et pour cause, Tight Spot n'est pas extraordinaire. Pas nulle, ni même moyenne, mais mineure. C'est le titre dont on ne se souvient pas, ou alors difficilement. Cela dit, elle a des circonstances atténuantes. Se retrouver derrière Need You Bad, One Woman et I Got The Feelin', c'est typiquement la place de la baisée par excellence. Si l'on peut défendre Tight Spot, il est, en revanche, impossible d'en faire autant avec Cruisin' qui est le ratage de l'album. Rien n'est à sauver de cette chanson. Heureusement, elle n'atteint même pas les 3'30 minutes. Même s'il contient une chanson mineure et une qui est vraiment mauvaise, Weekend Warriors défouraille méchamment. S'il n'atteint pas le niveau de l'éponyme de 1975, il botte le cul facilement à Free-For-All et Cat Scratch Fever. Un très beau dauphin, c'est moi qui vous le dis.

Face A

Need You Bad

One Woman

I Got The Feelin'

Tight Spot

Venom Soup

Face B

Smokescreen

Weekend Warriors

Cruisin'

Good Friends And A Bottle Of Wine

Name Your Poison