R-935320-1174824938Les Meteors ? Cela faisait un petit moment que j'avais envie d'en parler. Et cela date de bien avant mon départ du blog au mois de juillet dernier. Je profite de la petite période féconde que je traverse actuellement pour aborder un album de ce groupe qui, pour l'occasion, sera représenté sur le blog pour la première fois. Alors... on a souvent tendance à dire (je m'en suis rendu coupable également) que les Meteors sont le pendant britannique des Cramps. Ce qui, en réalité, n'est pas tout à fait exact. Les Cramps étaient un groupe de punkabilly, un style mélangeant donc le punk et le rockabilly. Là où les Meteors eux, sont un groupe de psychobilly, un style qui mélange le garage-rock (une des origines stylistiques du punk-rock) et le rockabilly. Et, c'est là la différence entre les Cramps et les Meteors : la musique des britanniques sonne plus rockab' que celle des ricains. Elle est aussi moins agressive. Les Meteors, et ils s'en servaient comme slogan (leurs fans aussi, d'ailleurs) avaient pour coutume de dire qu'ils étaient le premier groupe de psychobilly, tout comme ils avaient pour coutume de dire qu'ils en étaient les seuls représentants. L'histoire du psychobilly, aujourd'hui encore, demeure assez floue et ne permet pas d'affirmer ou d'infirmer ces dires mais, on ne pourra jamais enlever aux Meteors le fait qu'ils soient les représentants les plus connus du genre. Et puis, sans déconner, dans les années 80, ça faisait sacrément du bien d'entendre des mecs qui étaient restés plantés dans les années 50 et qui, en matière de rock, n'allaient pas pus loin que Chuck Berry, Eddie Cochran, Gene Vincent ou Elvis Presley.

34822713495_188b3df963Comme vous le voyez, cette chronique, je la mets dans la rubrique punk-rock. Par défaut ? Oui et non. Oui, parce que je ne vois pas dans quelle autre catégorie la mettre et non car, comme on l'a vu, le garage-rock et le punk-rock sont intimement liés. Okay. À mes heures perdues, je sais faire preuve d'un certaine logique et, comme c'est la première fois que les Meteors sont abordés ici, je vais donc causer un moment de leur premier album. Hein que j'suis pas con ? Dîtes-le, siouplaît. In Heaven qu'il s'appelle ce premier disque et, en 1981 qu'il est sorti. Sous une pochette que j'aime beaucoup même si, en réalité, elle ne casse pas trois pattes à un canard. Toujours bien aimé ce livre de poche flottant dans le ciel avec ce mec en première de couverture semblant sortir tout droit d'un roman de Chandler. Un petit côté Humphrey Bogart, un peu faucon maltais, vous voyez ? 15 titres sur le présentoir, pour 37 minutes au compteur, voilà ce qui vous attend. Et si on commençait par le reproche à faire ? La présence d'une intro, portant tout simplement le nom de l'album, d'une petite quarantaine de secondes qui ne sert absolument à rien et qui porte bien mal son nom. Voilà, on en est débarrassé.

Et, à partir de maintenant les amis, ça ne va être que quasiment que du positif. Vraiment. Ce disque va vraiment vous ravir si, dans votre cœur, vous avez une petite voix qui vous dit « putain, c'était quand même le pied le rock dans les années 50 ». En écoutant ce disque, vous allez faire un petit voyage dans le temps et remonter 60-65 ans en arrière. De quoi vous faire regretter de n'être pas nés plus tôt. La véritable entrée en matière de l'album, c'est Shout So Loud, une chanson aussi courte (à peine 1'50 minute) que réjouissante et annonciatrice de bien des plaisirs à venir. Earwigs In My Brain, In The Cards, Attack Of The Zorch Men et The Crazed forment un quatuor de chansons absolument imparables, pour peu que l'on aime le style, évidemment. Mais,ça renifle tellement les années 50 qu'il est difficile de ne pas se laisser séduire. Get Off Of My Cloud ? Oui, il s'agit bien d'une reprise de la fameuse chanson des Rolling Stones, composée par les galets seize ans auparavant. Si le titre n'a pas été modifié, les paroles, elles, l'ont été en partie. Bien sûr, on pourra préférer la version des Stones, mais cette reprise des Meteors est vraiment bonne et faite avec sincérité. Et, de vous à moi, c'est une chanson qui m'a toujours fait rire. Je me suis tout le temps imaginé le Jagg' sur un nuage, bien posé et bien perché, regardant tout le monde du haut de son nuage et qui venait se faire emmerder par un pélo avec une bonne trogne d'enculé. Le Jagg', vénère d'être dérangé dans sa quiétude, vire le visiteur indésirable d'un bon coup de pied au cul en lui gueulant « casse-toi de mon nuage, enfoiré ». Voilà voilà... vive mon imagination...

blitz cMaintenant qu'on arrive au quatrième et dernier paragraphe, autant se montrer un peu négatif, non ? Il y a ici une chanson qui n'assure pas des masses : Death Dance. Pas nulle ou insupportable. Mais juste un peu moyenne. Sur 14 titres (je ne compte pas le fameux In Heaven), il fallait bien un morceau un peu boiteux. Mais le reste assure totalement. Teenagers From Outer Space, Maniac, Into The Darkness, Psycho For Your Love, The Room et Rockabilly Psychosis sont toutes d'excellentes chansons. Le titre de la première citée m'a toujours fait sourire parce que je me dis que, si musicalement parlant, les Meteors sont restés scotchés dans les années 50, ils le sont aussi restés cinématographiquement parlant. La référence au film d'Ed Wood, Plan 9 From Outer Space, est trop évidente pour que ce soit un hasard. Comme je suis un mec à la cool, je vous ai gardé le meilleur pour la fin : Love You To Death. Le groupe a fait coup double. En plus d'être la plus longue (5 minutes pile-poil au compteur), la chanson se paie le luxe d'être la meilleure de l'album. Un petit quelque chose de bluesy dans la voix, qui est vraiment délectable et addictif. Et puis, quel merveilleux titre... T'aimer jusqu'à la mort...

Face A

In Heaven

Shout So Loud

Earwigs In My Brain

In The Cards

Attack Of The Zorch Men

The Crazed

Get Off My Cloud

Love You To Death

Face B

Teenagers From Outer Space

Maniac

Into The Darkness

Death Dance

Psycho For Your Love

The Room

Rockabilly Psychosis