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On arrive vers la fin du cycle Mark Knopfler, vous vous en rendez bien compte ? Dans deux jours, c'est fini, over, los endos. De même que dans deux jours, ça sera los endos pour novembre, aussi, vu qu'on sera déjà en décembre, putain le tempus il a drôlement fugité, hein ! Trêve de conneries, voici le temps de parler du huitième album studio solo de Knopfler. Comme on l'a vu récemment, le précédent opus de l'ex-Dire Straits, Privateering, était un double album. Pas un double album monstrueusement rempli, hein, vu qu'il ne dure que 90 minutes, moins que le Double Blanc ou Songs In The Key Of Life, mais tout de même, c'est le premier double album studio de la carrière entière du bonhomme, toutes périodes et groupes confondus, et on peut dire que ça marque, ce genre de projet. L'album fut très bien accueilli par la presse à l'époque de sa sortie (2012), mais je suis obligé de le dire, c'est un album qui aurait été amplement supérieur s'il avait été plus court, plus ramassé. On y trouve 20 morceaux, il y en à facile 6 ou 7 en trop, rien de mauvais, mais quand même du remplissage. Knopfler voulait sans doute marquer le coup, l'air de dire impossible de se faire prendre au sérieux si on ne sort pas un double album studio (s'il a pensé ça, il est bien con, vu que ça fait longtemps, longtemps, que tout le monde le prend au sérieux), ou alors il avait tellement de morceaux qu'il n'a pas eu envie de faire le tri, ou alors il a récupéré des morceaux plus anciens, à la Physical Graffiti... Le résultat est le même : pas mauvais pour un sou, Privateering est cependant inégal et longuet.

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L'album suivant, Knopfler le sort en 2015 : Tracker. Belle pochette montrant le zigomuche dans un champ, guitare à ses pieds, semblant se demander dans quelle direction est le studio d'enregistrement ou l'emplacement de sa voiture. Offrant 11 titres, Tracker est bien plus long que le précédent, mais il dure tout de même 60 minutes. Mais après les 90 minutes de Privateering, l'heure de Tracker passe aussi bien qu'un EP. Encore une fois enregistré avec ses musiciens habituels, Richard Bennett, Guy Fletcher, Glenn Worf, Tracker a été fait au British Grove Studio de Knopfler. C'est un disque qui prend son temps, et qui entremêle encore une fois avec un égal bonheur rock, folk, celtique et blues, de Laughs And Jokes And Drinks And Smokes (bravo, le titre à rallonge...) à Wherever I Go, laquelle est, une première depuis James Taylor et Van Morrison sur l'album Sailing To Philadelphia, interprétée en duo avec Ruth Moody, une chanteuse folk canadienne (membre de The Wailin' Jennys). Une très belle chanson, d'ailleurs. Tout comme Beryl, en hommage à l'écrivaine Beryl Bainbridge, ou bien encore River Towns et Lights Of Taormina

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Excellente production signée, comme à son habitude, Mark Knopfler (assisté de Guy Fletcher, son comparse de Dire Straits et seul membre du groupe à collaborer en solo avec Knopfler). Et pour ce qui est des morceaux, aucun n'est ne serait-ce que mauvais, ce qui signifie (il n'est pas un peu chiant, ce cycle, à toujours ou presque dire la même chose, d'album en album ?) que Tracker est encore une fois un excellent cru de la part de Knopfler, que je soupçonne fortement ne pas savoir faire un mauvais disque (à la rigueur, Kill To Get Crimson était franchement inégal, mais même là, ça passait quand même plutôt bien). Des morceaux sublimes comme Skydiver, Broken Bones, font de ce huitième cru solo un de ses plus recommandés. 

Laughs And Jokes And Drinks And Smokes

Basil

River Towns

Skydiver

Mighty Man

Broken Bones

Long Cool Girl

Lights Of Taormina

Silver Eagle

Beryl

Wherever I Go