C1

Il est midi, l'heure de manger un peu de crème ! Ouais, je sais, c'était pas terriblement drôle, et surtout franchement pas original, mais bon, hein, vous devriez en avoir l'habitude. Cream, je ne sais pas s'il est nécessaire (de toilette) de revenir dessus. Si vous aimez le rock, si vous aimez le rock psychédélique, si vous aimez le boulot d'Eric Clapton (il se peut bien qu'on en reparle prochainement, de Clappy, déjà qu'on en a parlé récemment...), alors logicamente, vous connaissez Cream. Un groupe majeur fondé en 1966, séparé en 1969, carrière éclair donc, mais il faut voir ce qu'ils ont laissé derrière eux, ces trois cons (car Cream était ce qu'on appelle un power-trio : seulement trois musiciens, mais faisant à eux trois le boucan d'un big band rock, un cauchemar à enregistrer vu la puissance qu'ils généraient, en volume sonore), que je vais nommer, même si ça a déjà été fait ici plein de fois et que tout le monde les connaît : Eric Clapton (guitare, chant sur certains titres) ; Jack Bruce (basse, chant) ; Ginger Baker (batterie, parfois chant). Le premier venait de quitter les Blues Breakers de John Mayall, et les deux autres, la Graham Bond Organization. Le groupe s'est reformé en 2005 pour des concerts au Royal Albert Hall (j'ai assisté à l'un d'entre eux, je suis obligé de me pincer à chaque fois que je revois le DVD live qui immortalise cette reformation scénique pour me dire que oui, putain, j'y étais, pas forcément le jour du tournage, mais j'y étais), et pour une future reformation, c'est dans le cul la balayette : Bruce est mort en 2014 (71 ans), et Baker l'an dernier (80 ans). Clappy en a 75, il tient bon, que ça dure encore pour 75 ans. Minimum.

C2

Le groupe a sorti, attendez que je compte, mais ça va aller vite, quatre albums studio (même si les deux derniers ont aussi des titres live), plus deux albums live. Les deux albums live sont sortis après la séparation. Une fois séparés, Clapton et Baker forment, avec Stevie Winwood de Traffic et Ric Grech de Family, le super groupe Blind Faith, qui tiendra un an et un album. Bruce, lui, se lance en solo et participe au Lifetime de Tony Williams. En 1997 (ça fait un sacré bond dans le temps, hein ?) sort un longbox de 4 CD, dont la couverture reprend celle du deuxième Cream, Disraeli Gears (sorti 30 ans plus tôt) : Those Were The Days (c'est aussi le titre d'une des chansons du troisième opus, Wheels Of Fire). Vous vous rappelez les longbox (on en trouve encore dans le commerce, même si ce format peu pratique a été clairement abandonné), avec ce livret au centre, qui n'était pas prratique à lire parfois ? Ce longbox offre tout simplement l'intégrale du groupe, studio et live, avec des morceaux inédits, des singles, quelques démos. Un fan du groupe, qui possède déjà tout, l'achètera pour l'objet et dans un souci de complétisme, de collectionnite aiguë. Un néophyte, vu le prix très donné des albums de Cream, et vu leur faible nombre, achètera les albums plutôt que ce coffret (le terme ne correspond pas vraiment, mais qu'importe) plus onéreux, mais plus complet. A vous de voir. 

C3

On trouve ici donc tout ce que le groupe a fait. Le premier CD offre tout Fresh Cream et Disraeli Gears, avec des singles d'époque (Wrapping Paper, I Feel Free qui, surtout certaines éditions, est sur Fresh Cream, Lawdy Mama) ; le second offre le disque studio de Wheels Of Fire (cet album de 1968 est en effet un double, avec un disque studio et un disque live), en précisant que Passing The Time est présent ici dans une version alternative et pas dans la version originale (ne me demandez pas pourquoi ; sans doute pour que ce coffret soit quand même très légèrement autre chose qu'une simple intégrale bête et méchante...), les trois titres studio de Goodbye de 1969 (le dernier album, qui offre aussi trois titres live), ainsi que le single Anyone For Tennis et des démos et prises alternatives (We're Going Wrong, SWLABR, ainsi notamment que deux titres que Bruce fera en solo, Weird Of Hemiston et The Clearout). Les CD 3 et 4 sont entièrement live, on y entend les morceaux du disque live de Wheels Of Fire (Toad y est un peu plus long) et des albums Live Cream et Live Cream II. N.S.U. est en version rallongée. On notera que la version live de Politician de Goodbye est absente ici, remplacée par celle de Live Cream II, afin de ne pas avoir de doublon. Au final, la qualité musicale de ces quatre CDs bien remplis (le longbox dure 300 minutes, soit 5 heures, les disques sont remplis jusqu'à la gueule) est parfaite dans l'ensemble. La qualité audio aussi (on notera que pour les morceaux de Live Cream II, ce n'est pas extraordinaire, mais, il me semble, quand même, meilleur que sur l'album initial sorti en 1972). C'est paradoxal mais pourtant bel et bien vrai : tout en étant accessoire pour le fan, Those Were The Days est tout de même essentiel. Déjà, l'objet est joli, et puis, musicalement, c'est tellement génial qu'on ne saurait s'en passer...

CD 1 (In The Studio)

Wrapping Paper/I Feel Free/N.S.U./Sleepy Time Time/Dreaming/Sweet Wine/Spoonful/Cat's Squirrel/Four Until Late/Rollin' And Tumblin'/I'm So Glad/Toad/Lawdy Mama/Strange Brew/Sunshine Of Your Love/World Of Pain/Dance The Night Away/Blue Condition/Tales Of Brave Ulysses/SWLABR/We're Going Wrong/Outside Woman Blues/Take It Back/Mother's Lament

CD 2 (In The Studio)

White Room/Sitting On Top Of The World/Passing The Time/As You Said/Pressed Rat And Warthog/Politician/Those Were The Days/Born Under A Bad Sign/Deserted Cities Of The Heart/Anyone For Tennis (The Savage Seven Theme)/Badge/Doing That Scrapyard Thing/What A Bringdown/The Coffee Song/Lawdy Mama (version 2)/You Make Me Feel (demo)/We're Going Wrong (demo)/Hey Now Princess (demo)/SWLABR (demo)/Weird Of Hemiston (demo)/The Clearout (demo)Falstaff Beer Commercial

CD 3 (Live)

N.S.U./Sleepy Time Time/Rollin' And Tumblin'/Crossroads/Spoonful/Tales Of Brave Ulysses/Sunshine Of Your Love/Sweeet Wine

CD 4 (Live)

White Room/Politician/I'm So Glad/Sitting On Top Of The World/Steppin' Out/Traintime/Toad/Deserted Cities Of The Heart/Sunshine Of Your Love