91iO4tmOsFLLes Bee Gees... je le sens venir d'ici... voilà une chronique qui, de nouveau, va nous valoir l'arrivée de casse-burnes qui vont nous sortir des trucs du genre « qu'est-ce que ce groupe de disco vient foutre ici ?» et gna gna gna... Déjà les gars, en qualifiant ce groupe de « groupe disco », vous vous prenez un gros carton rouge. Et puis, même si les Bee Gees avaient été uniquement un groupe de disco, j'en aurais parlé quand même. Je suis libre d'aborder ce que je veux, quand je veux et comme je veux. Ce ne sont pas de petits dictateurs du net se sentant pousser des boules derrière leur écran qui vont m'empêcher d'écrire. Avant de virer disco à partir du mitan des années 70, les Bee Gees, jusqu'à 1974, furent un des plus grands groupes de pop. Il n'y a aucun scandale à faire si on les classe, dans ce style, au même niveau que les Beatles et les Kinks. Ces mecs ont sorti tellement d'albums fabuleux et caviardés de chansons absolues qu'automatiquement, il est absolument criminel de ne pas leur rendre ce qu'il faut leur rendre. Toute personne ayant déjà écouté Odessa au moins une fois dans sa vie le sait. En citant cet album, je parle de leur sommet absolu, et d'un des plus grands disques pop des années 60 et pas que. Sans oublier Idea, Trafalgar et Cucumber Castle (pour ne citer qu'eux) qui valent aussi leur pesant de cacahuètes.

Aujourd'hui, j'ai envie de parler d'Horinzontal. Il est le quatrième album du groupe. Il est sorti en 1968, en janvier. Il est aussi le deuxième à avoir connu une sortie à l'échelle mondiale. Les deux premiers albums du groupe n'étaient sortis qu'en Australie. Rappelons que, si ce groupe était britannique, il était basé en Australie, du fait de la présence de deux potes australiens des frères Gibb. Le skeud contient un tube de la mort qui tue sa mère, un tube qui les fera connaître à travers le monde et qui leur ouvrira les portes de grandes tournées, sur le vieux continent et au pays de l'Oncle Sam. Je veux bien évidemment parler de Massachussets. Une pure merveille pop jusqu'aux bouts des ongles qu'il est impossible de ne pas connaître, à moins d'avoir hiberné au fin fond d'une grotte péruvienne ou, par mépris, de n'avoir jamais pris la peine de poser un minimum l'oreille sur le travail du groupe, sous prétexte que l'on a été traumatisé par l'image de Barry Gibb, torse apparent, chantant Too Much Heaven ou How Deep Is Your Love.

4eebb0cd1c83dd97357ee24ceafa6f7bJe vous le dis sincèrement les mecs : je ne sais pas trop ce que je vais pouvoir vous dire au sujet de cet album. Non pas parce que, à l'exception de Massachussets, c'est une daube, mais parce que c'est tout le contraire. Sur 37 minutes, les Bee Gees vous offrent une collection de chansons absolument sublimes. Alors, on pourra éventuellement dire que With The Sun In My Eyes est un peu le morceau secondaire de l'album, mais ça relève beaucoup plus de l'enculage de mouches pur et simple, que de la stricte vérité. Franchement les gars, que peut-on réellement dire lorsque l'on se trouve face à des chansons comme World, And The Sun Will Shine et Birdie Told Me ? La seule chose que vous puissiez faire face à de telles orfèvreries, c'est de faire silence et de les déguster, comme on déguste un Château-Pétrus 1974, pour peu que l'on sache le déguster comme il se doit.

Que peut-on dire face à des Lemons Never Forget, Daytime Girl, The Earnest Of Being George, The Change Is Made et la chanson titre ? Vous ne pouvez que fermer les yeux pour capter la moindre note et applaudir une fois que le rideau est baissé. Allez, je vais faire un effort et vous dire deux ou trois petites choses en plus, pour bien rendre justice à l'album. Pour ce faire, je vais revenir sur deux chansons bien ciblées. D'abord, Harry Braff. Une pop-rock magnifique qui respire l'effluve de l'influence Beatles à plein nez. Il n'est pas difficile d'imaginer McCartney chanter une chanson pareille. En plus, la ligne de basse, sans la plagier, rappelle celle de Taxman. On y distingue aussi une influence Kinks. M'est avis que les frères Gibb ont dû énormément écouté Something Else By The Kinks en ayant un gros coup de cœur pour Harry Rag.

beegees201206wAttendez attendez, ce n'est pas tout. L'album se paie le luxe d'offrir une chanson qui se permet d'éclater toutes les autres, Massachussets comprise : Really And Sincerly... Là, ce n'est même plus du sublime ou du sublime de chez sublime, ça va beaucoup plus loin que ça. Entre ces refrains rythmés par la guitare de Maurice et ces couplets bercés par le mellotron de Maurice, recrachant le son d'un accordéon, c'est juste indescriptible tellement c'est beau. Un diamant au nombre de carats infinis. Je vous le dis tout net : si Odessa est bien la montagne insurpassable de l'oeuvre Bee Geesienne, Horinzontal peut le regarder fièrement dans les yeux et même lui taper sur l'épaule. Si vous ne connaissez pas les Bee Gees d'entre 1966 et 1974, ne perdez plus de temps et allez vous y coller dès à présent. C'est un vrai conseil d'ami.

Face A

World

And The Sun Will Shine

Lemons Never Forget

Really And Sincerly

Birdie Told Me

With The Sun In My Eyes

Face B

Massachussets

Harry Braff

Daytime Girl

The Earnest Of Being George

The Change Is Made

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