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On continue pépèrement notre cycle consacré aux albums solo de Mark Knopfler. Bon, on l''a vu récemment, son précédent opus, Get Lucky, sorti en 2009, est une belle réussite, un de ses meilleurs albums à ce jour (au moment de sa sortie), et sa courte durée, 52 minutes seulement (pour les Ramones, ça serait immense, ce genre de durée ; pour Knopfler, c'est rikiki), le rend d'autant plus réussi, on ne s'y ennuie pas, rien n'est à jeter, ça ne se dilue pas dans le temps, c'est parfait. Je pense de toute façon qu'une bonne cinquantaine de minutes, c'est la durée idéale d'un album, notamment en CD. Mais comme je le disais en final de la chronique, ça ne sera pas le cas de l'album suivant de l'ex-Dire Straits. Cet album suivant, son septième album studio solo, le voici : Privateering. L'album est sorti en 2012 sous une pochette représentant un van bleu dans un décor un peu délabré, un vrai hamp de pneus, avec un chien non loin. La photo semble avoir été prise en noir & blanc effet sépia, hormis le véhicule même. C'est peut-être le cas, le van (camionnette, plutôt) a peut-être été colorisé ultérieurement, et vous savez quoi ? On s'en fout un petit peu. La pochette fait très rustique, très back to the basics, on sent, à voir cette pochette, que l'album ne sera pas de la pop/rock bien produite (à la, justement, Dire Straits). 

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Bon, que j'ai parlé de la durée de cet album (sans la détailler) en fin de chronique précédente signifie forcément que Privateering va assez loin. En effet : cet album, cas unique pour le moment dans la discographie de Knopfler, est double. Il est constitué de 20 titres, 10 par CD, chaque CD dure 45 minutes (le premier fait quelques secondes de plus, et le second, quelques secondes de moins ; au final, c'est presque 90 minutes tout rond, mais pas exactement). Après un disque plus tassé que de coutume, ça donne l'impression que Knopfler a voulu marquer le coup et ne s'est, ici, pas restreint. C'est tout le problème de ce septième album. Produit par ses propres soins dans son propre studio de British Grove dans la banlieue de Londres (entre mars et décembre 2011), sorti aux USA un an après le reste du monde pour des histoires de brouille entre Knopfler et le distributeur de ses albums pour les USA, Privateering est un mélange entre plusieurs genres musicaux, autour du sempiternel roots rock knopflerien. On a ici du celtique, du bluesy, de la folk, et même un peu de jazz/swing. Les morceaux sont dans l'ensemble d'une durée relativement courte (4 minutes en moyenne, le plus long, le morceau-titre, fait 6,20 minute), ce qui fait qu'ils passent assez vite, et comme pour tout album aussi généreux en terme de durée et de nombe de morceaux, on a l'impression, au premier abord, de ne rien retenir. 

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Surtout que si plusieurs morceaux, au final (comme Kingdom Of Gold, Dream Of The Drowned Submariner, Privateering ou Redbud Tree) sont vraiment réussis, Privateering, dans l'ensemble, et malgré les très bonnes critiques qu'il a reçu à l'époque, est un disque vraiment trop long et presque inégal, il aurait été nettement meilleur avec une durée plus restreinte, disons une demi-heure de moins, ce qui aurait fait, déjà, une bonne heure de musique qui aurait été contenue sur un seul disque (je parle du format CD, évidemment). Alors on ne saurait mettre en doute le talent de Knopfler, qui, accompagné de ses musiciens habituels que je ne vais pas reciter encore une fois (prenez n'importe laquelle des précédentes chroniques depuis, disons, Shangri-La, ils sont déjà présents), livre de belles prestations vocales (sa voix n'a jamais changé, toujours aussi belle et efficace) et guitaristiques, et même si l'album est inégal parce que trop long, je ne pense pas qu'il y ait de mauvaises chansons ici, juste des morceaux qui auraient fait, parfois, de bonnes faces B de singles, et qui auraient pu être placées en bonus sur un disque offert avec l'album si la sélection avait été plus drastique. Bref, Mark a sans doute voulu trop en faire, ça partait d'une bonne intention (tout en étant peut-être un peu prétentieux ; c'est son premier double album studio, après tout), mais quand on veut faire un double album, il faut vraiment s'assurer que tout soit compétitif et que ça ne lasse pas l'auditeur. Là, en l'occurrence, parfois, on décroche. Et heureusement que ça ne dure que 90 minutes, parce que les deux disques auraient pu faire une heure chacun, et là, c'était carton rouge direct !

CD 1

Redbud Tree

Haul Away

Don't Forget Your Hat

Privateering

Miss You Blues

Corned Beef City

Go, Love

Hot Or What

Yon Two Crows

Seattle

CD 2

Kingdom Of Gold

Got To Have Something

Radio City Serenade

I Used To Could

Gator Blood

Bluebird

Dream Of The Drowned Submariner

Blood And Water

Today Is Okay

After The Beanstalk