41ylZ3xkBCLLe James Gang ? Mais si, rappelez-vous, on en avait parlé l'année dernière, au mois de décembre, le premier du mois même. Et, aujourd'hui, près d'un an après les faits, m'est venue l'envie (comme une envie de pisser) de vous reparler de ce groupe. Seulement, entre-temps, j'avais oublié un truc super important : le James Gang, évidemment, c'est Rides Again, mais avant et après, ce n'est franchement pas grand chose. Même quand Joe Walsh était là, et il a été membre de 1968 à 1971. Le premier album (Yer's album) est charitablement à oublier. Et les deux années après Rides Again également. Alors, je me suis posé la question suivante « Max, tu as envie de causer à nouveau du James Gang, mais qu'est-ce qui est à sauver après l'album de 1970 ? ». J'ai cherché, j'ai réfléchi et, d'un coup, j'ai eu une révélation : il n'y a qu'un seul album à sauver. Oui, je sais, c'est franchement famélique, mais les faits sont là.

Cet album échappant au purgatoire, c'est celui-là. Il se nomme Miami, il est sorti en 1974 et c'est aussi l'antépénultième du groupe. La pochette ? Très sobre et je l'aime beaucoup. Le lettrage utilisé est exactement le même que celui qui l'avait été pour Rides Again et qui avait été utilisé également, pour l'Electric Mud de Muddy Waters quelques années auparavant, mais ça, ce n'est qu'un détail, même si j'avais envie de revenir dessus, histoire de faire un peu de publicité pour l'album de Waters, qui le mérite amplement même si, à sa sortie, l'album s'était fait défoncer le fion par la critique aux États-Unis, alors qu'en Angleterre, il avait été acclamé.

james_gang_ferris_state_1974_01_1200wBon, maintenant qu'on en est là les amis, il me faut vous préciser une chose : d'accord, Miami est à extraire de la nasse, mais ça ne veut pas dire que c'est un grand album comme pouvait l'être Rides Again. Tout n'est pas viable ici. À commencer par Sleepwalker. Alors, la chanson est sympathique, les couplets acoustiques et les refrains plus musclés sont exécutés avec sérieux, mais on s'emmerde un petit peu quand même. Les quatre minutes de la chanson, on les sent passer. Quant à Head Above The Water, c'est la même chose, mais en pire. Si la chanson recèle deux envolées de guitares réjouissantes, on ne peut pas en dire autant des couplets. On s'y fait chier comme des rats morts. Attendez, ce n'est pas encore tout à fait terminé. L'album y va de son petit instrumental : Miami-Two Step. Alors, d'accord, c'est mignon, ça ne fait pas mal aux oreilles, mais en terme d'intérêt et d'apport, c'est zéro. Le temps d'Assshton Park est très loin... et pourtant, ça n'était que trois ans plus tôt.

Bon, maintenant qu'on a démoli ce qui était à démolir, on peut passer, le regard fier et les bataves en pleine lumière, a ce qui mérite d'être salué et il y a du matériel pour ça. À ce titre, Cruisin' Down The Highway, Do It (The Way You Do It) et son riff qui reste bien en tête et Wildfire constituent un très bon trio d'ouverture, tout en prenant soin de distiller les solos de guitare qui vont bien. Ça reste du rock de seconde division, mais pour qui aime le rock, ça fait la farce. Et ensuite ? Nous avons Spanish Lover (qui rapelle Ashes The Rain And I, même si ça reste de manière assez lointaine), une très jolie ballade acoustique. Laquelle est suivie de Summer Breezes. Ce n'est pas une chanson mémorable, mais elle a suffisamment ce qu'il faut en matière de capital sympathie pour être prise en considération. Il nous reste un morceau à voir, un :Praylude/Red Skies. Six minutes au compteur, pour un morceau scindé en deux parties distinctes. La première étant un passage instrumental, s'étalant sur un peu plus de 2'30 minutes. Baigné par des guitares très discrètes et un piano électrique. La deuxième, et ce, jusqu'à la fin, vire au rock complet. Encore une fois, ça reste l'échelon inférieur, mais ça fait l'affaire. Vous avez compris : chez le James Gang, il n'y a qu'un seul album à avoir impérativement (même si, en vinyle, il est très difficile de dénicher un pressage original, dû à l'embrouille entourant The Bomber A), mais, on peut aussi rajouter ce Miami à la collection, tout en sachant pertinemment que ce n'est pas le genre de disque que l'on sortira de la pochette tous les quatre matins.

Face A

Cruisin' Down The Higway

Do It (The Way Yo Do It)

Wildfire

Sleepwalker

Miami-Two Step

Face B

Praylude/Red Skies

Spanish Lover

Summer Breezes

Head Above The Water