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Bon, là, c'est du costaud, je ne vais pas vous le cacher. On va parler un peu beaucoup des Rolling Stones dans les jours à venir (on en a parlé un peu, récemment, aussi), et essentiellement pour du live. C'est le cas aussi pour cet album un peu particulier. En 1968, les Rolling Stones sortent Beggars' Banquet, excellentissime album très roots, qui fera parler de lui pour des histoires de pochette censurée par  Decca : le groupe voulait une photo de WC cradingues et considérablement tagués - on lit notamment les titres des chansons de l'album au verso, parmi les tags - mais on la leur refusera et on mettra à la place une pochette toute blanche, ce qui fera qu'on accusera les Stones d'avoir, encore une fois, voulu copier leurs 'rivaux' (pas pour eux, les deux groupes étaient potes) Beatles et leur Double Blanc sorti un mois auparavant. Par la suite, en CD, la pochette initiale fut rétablie. Pour lancer leur album, en décembre 1968, les Rolling Stones organisent un spectacle filmé (par Michael Lindsay-Hogg) destiné à être diffusé à la télévision. Mais ce concert filmé ne sera au final jamais diffusé, à la demande du groupe lui-même, qui ne s'expliquera pratiquement jamais de manière claire sur les raisons de cet abandon de diffusion. Je veux bien entendu parler de leur Rock'n'Roll Circus. Ce concert filmé sortira de manière officielle (auparavant, des bootlegs circulaient) en CD et VHS en 1996 sur ABKCO Records (qui gère le catalogue des Stones jusqu'en 1970), l'édition CD possède un beau livret accompagnateur, le tout étant vendu dans un fourreau, un peu comme la première édition CD du...Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles (non, c'est pas pour copier). En 2004, le film est sorti en DVD. 

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Qu'est-ce que ce Rolling Stones' Rock'n'Roll Circus ? Un concert géant (d'une durée approximative d'une heure, le CD fait 59 minutes, et offre 19 titres en incluant les nombreuses présentations, qui sont à chaque fois sur des plages audio à part, mais ne sont pas créditées au verso de pochette du fourreau CD), une sorte de spectacle de cirque musical au cours duquel le groupe fait intervenir de nombreux invités avant d'interpréter eux-mêmes, en final, quelques chansons inédites. Chaque membre du groupe ou presque annonce les invités en Monsieur Loyal (Wyman et Jones, dont ce sera la dernière performance publique, il mourra de noyade accidentelle 7 ou 8 mois plus tard et était déjà bien carbonisé en décembre 1968, ne participent pas aux interventions annonciatrices). Apparaissent dans le spectacle, dans l'ordre, Jethro Tull (avec, à la guitare, Tony Iommi de Black Sabbath !! Comment a-t-il fait pour se retrouver là, je ne veux même pas le savoir) interprétant A Song For Jeffrey, en play-back total, sauf le chant de Ian Anderson ; Les Who, qui interprètent, de manière tellement exceptionnelle qu'ils en auraient volé la vedette aux Stones (d'où l'annulation de la diffusion télévisuelle ? Qui sait...) A Quick One, While He's Away, leur mini opéra-rock qui, par bien des aspects, annonce leur Tommy ; Taj Mahal, bluesman génial, qui interprète Ain't That A Lot Of Love ; Marianne Faithfull, à l'époque petite amie de Jagger, qui interprète, sur une bande enregistrée, Something Better.

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Puis on a The Dirty Mac. Sous ce nom se cache la seule et unique performance, ensemble, de John Lennon, Eric Clapton, Keith Richards et Mitch Mitchell, batteur du Jimi Hendrix Experience. Ce supergroupe d'opérette interprète Yer Blues, des Beatles, issu du Double Blanc sorti moins d'un mois plus tôt. Puis on passe à une sorte de jam session du nom de Whole Lotta Yoko, au cours de laquelle ils sont accompagnés du violoniste israélien Ivry Gitlis, et de Yoko Ono au chant. Laquelle, agenouillée devant les musiciens, est recourverte de tissu noir. Comment dire...Ben, c'est Yoko en 1968. Puis les Stones (introduits par Lennon) achèvent le show avec six morceaux : Jumpin' Jack Flash, plusieurs extraits de Beggars' Banquet (Parachute Woman, No Expectations, Sympathy For The Devil, Salt Of The Earth) mais aussi une version embryonnaire de You Can't Always Get What You Want, qu'ils enregistreront en studio en 1969 pour Let It Bleed. Environ 28 minutes, la moitié du show ou presque, pour cette prestation très réussie, une des raisons (avec celle des Who et, en général, le côté bien cintré de ce projet musical) d'écouter et surtout de regarder The Rolling Stones' Rock'n'Roll Circus, une aventure filmée musicale assez space, pas totalement maîtrisée, mais vraiment sympa et intéressante. On peut parler d'oeuvre culte, pas super aimée des membres du groupe, qui n'en sont pas sortis très satisfaits apparemment, mais qui fait indéniablement partie de leur histoire, et n'est pas à négliger. Un fan des Cailloux se doit, tôt ou tard, de regarder (ou au moins, d'écouter) ça, de même qu'un fan des Beatles regardera leurs films !

Mick Jagger's Introduction Of Rock'n'Roll Circus

Entry Of The Gladiators

Mick Jagger's Introduction Of Jethro Tull

A Song For Jeffrey - Jethro Tull

Keith Richard's Introduction Of The Who

A Quick One, While He's Away - The Who

Over The Waves

Ain't That A Lot Of Love - Taj Mahal

Charlie Watts's Introduction Of Marianne Faithfull

Something Better - Marianne Faithfull

Mick Jagger And John Lennon's Introduction Of The Dirty Mac

Yer Blues - The Dirty Mac

Whole Lotta Yoko - The Dirty Mac, Yoko Ono, Ivri Gitlis

John Lennon's Introduction Of The Rolling Stones/Jumpin' Jack Flash - The Rolling Stones

Parachute Woman

No Expectations

You Can't Always Get What You Want

Sympathy For The Devil

Salt Of The Earth